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LES CONTEMPORAINS DE BEETHOVEN

Dév. qui contraste, par ses modulations des plus hétéroclites, avec Vexp. si embarrasséepours'éloignerdesa tonique: en quatre pages, on voit apparaître, sans rime ni raison, les tons de mii>, fa, fa tt, LA, ré, si t>, «£& et fa marqué cette fois-ci par un brusque et impétueux arrêt sur s& dominante... tout à coup, en deux mesures ineffablement naïves, la tonalité principale est ramenée.

Réexp. tout à fait digne de ce qui précède.

2° Adagio en Mi, simple recueil de formules pianistiques.

3° Minuetto en la i> (d'après les indications de la clé); mais le rôle de cette tonalité est ici des plus infimes et n'apparaît guère qu'en fonction de dominante : le début de cette pièce est en fa » et son tiHo est entièrement en MI. Toutefois, ce Menuet vif, dans un style qui fait présager certains Scherzos de Weber, est beaucoup plus intéressant que le reste de l'œuvre.

4° Scherzo. Allegro con spii'ito. Malgré son titre, ce finale est un Rondeau, sans le moindre intérêt musical d'ailleurs, et développé tout à fait maladroitement. Il faut connaître le thème initial avec sa « surprise » à la quatrième mesure, d'une délicieuse trivialité :

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Daniel STEIBELT, Berlinois d'origine, se fixa, après une existence des plus mouvementées, à Saint-Pétersbourg, où il mourut en qualité de chef d'orchestre de l'Opéra français. Ses innombrables œuvres sont d'une très faible valeur : outre plusieurs opéras, il écrivit soixante Sonates pour piano et violon ainsi que des Sonates pour piano seul en très grande quantité : on n'en connaît même pas le nombre total. Ce ne sont, en général, que de véritables « pots-pourris » d'Airs variés, sur des thèmes qui n'ont même pas le mérite d'être populaires. On y retrouve surtout les Romances à la mode : l'op. ^o à lui seul n'en contient pas moins de quatre ; l'op. 62 est fait sur l'air A body met a body, etc. La plus réputée de toutes ces œuvres est une Sonate en Mib, datée de i8o3 et dédiée à M"' Buonaparte.

Johann Baptist CRAMER, né à Mannheim, habita Londres où il fut l'élève de Clementi. Il est surtout célèbre par l'ouvrage intitulé Grosse Pianoforteschule : les quatre-vingt-quatre Études connues des pianistes constituent la V« Partie de cet énorme recueil. Mais Cramer a laissé

aussi cent cinq Sonates pour piano, consistant pour la plupart en suites d'Airs variés sur des thèmes alors en vogue.

Joseph WOELFL (dont le nom est souvent écrit Wolffl) ne doit guère sa notoriété qu'au titre de « rival de Beethoven » qui lui fut décerné par les admirateurs de la virtuosité, sans doute à la suite de bizarres concours d'improvisation, où il se mesura avec l'auteur de la Pathétique. C'est bien là en vérité une question de « mesure », car Woelfl avait reçu de la nature des doigts d'une telle longueur qu'il pouvait compliquer sans effort ses « improvisations » de passages inexécutables pour tout autre : telle est sans doute la raison de ses succès.

La Sonate pour piano qu'il avait intitulée Non plus ultra, ce qui lui valut la réplique de l'éditeur de Dussek que nous avons signalée cidessus (p. 394), passait à cette époque pour le summum de la difficulté (combien dépassé, depuis 1). Certains écarts de doigts, suggérés sans doute à l'auteur par sa véritable difformité physique, sont en etfet des plus dangereux, en mouvement vif :

Allegro a

Le finale de cette Sonate consiste en une série de variations sur le thème de la romance Life lel us c/ierish : comme Steibelt, Cramer et d'autres encore, Woelfl transforme volontiers ses Sonates en « pots-pourris » : on en compte vingt-deux pour piano et violon, trente-six pour piano seul, une pour violoncelle et une pour flûte.

Sur la fin de sa vie, Woelfl, qui était de race Israélite, s'occupa de spéculations diverses : il mourut, complètement oublié, à Londres.

Johann Nepomuk HUMMEL, Hongrois, fut élève d'Albrechtsberger et de Salieri, à Vienne, où il connut Beethoven; en 1804, il succéda à Haydn, en qualité de maître de chapelle du prince Esterhazy, et garda cette fonction, toujours à titre provisoire, jusqu'en 181 1. Après avoir fait de nombreuses tournées comme virtuose, il devint maître de chapelle à Weimar, où il mourut.

Les œuvres de Hummel sont d'un style tout à fait semblable à celui de Beethoven ; leurs dispositions au point de vue de l'exécution sont même meilleures, mais le génie en est totalement absent : les thèmes sont inconsistants; ils débutent souvent d'une façon assez heureuse mélodiquement, mais ils ne tardent pas à se résoudre en simples traits, surtout en traits de piano. Nous avons déjà constaté, chez Dussek et

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