‹ Cours de composition musicale (volume 4)Chapitre 64 sur 150 · Réexp. : Thème A, en MH · texte numérisé non relu

Réexp. : Thème A, en MH

— Passage de transition ;

— B (*', b", b"'l conclusif en Ml t,.

Les virtuoses qui se piquent de jouer du piano devraient bien cesser d'ignorer les œuvres de Haydn: il est inexplicable qu'on n'entende jamais dans les concerts cette charmante Sonate en Mii>, aussi brillante que musicale.

Wolfgang Amadeus MOZART, né à Salzbourg où son père était musicien de la chapelle archiépiscopale, fut un enfant prodige. Dès l'âge de six ans, il composait des œuvres, assemblage naïf de formules sans personnalité, mais dénotant déjà des dispositions remarquables chez un si jeune enfant. Il jouait fort bien du clavecin et improvisait même assez correctement: dès l'année 17G2, son père se décida à parcourir l'Europe pour exhiber ses deux petits virtuoses, Wolfgang et sa sœur Marianne. La première étape fut Vienne, où l'archiduchesse Marie-Antoinette, depuis reine de France, encouragea à la cour de l'Empereur les débuts du petit musicien. En lyôS et 1764, la famille Mozart vient à Paris, où W^olfgang fait graver ses premières œuvres : quatre Sonates pour violon. Après un séjour en Angleterre,

11) Nous expliquerons au chapitre suivant, à propos des relatio'is taxâtes, cet enchaînemfnt assez rare au temps de Haydn, et provenant sans doute ds la formule de cadenco dite sixte napolitaine.

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il revient à Salzbourg où il dirige, à douze ans, sa première Messe solennelle.

A treize ans, un voyage en Italie exerce sur son talent une influence dont il ne se débarrassa jamais, et, après diverses péripéties, il obtient, en 1789, le titre de « compositeur de la chambre impériale », avec de très modiques appointements. A partir de ce moment, il réside à Vienne, ne quittant la capitale que pour quelques voyages à l'étranger. C'est à Vienne qu'il mourut, jeune encore, et sa dépouille, abandonnée par ses rares amis, fut jetée à la fosse commune.

On indiquera, dans le Troisième Livre de ce Cours, l'ordre et les titres de ses œuvres dramatiques ; nous nous contenterons ici de mentionner les compositions qu'il écrivit dans la forme Sonate :

1° quarante-deux Sonates pour piano et violon ; les quatre premières, écrites et gravées à Paris en 1764, étaient dédiées à M"^ Victoire de France et à la comtesse de Tessé ; viennent ensuite les six Sonates dédiées à la reine d'Angleterre ; vingt-sept Sonates sont échelonnées entre les années 1770 et 1783; les cinq dernières, qui sont les plus intéressantes, portent les dates de 1784, 85, 87 et 88 ;

2° une Sonate en ré, pour deux pianos ;

3° cinq Sonates pour piano à quatre mains;

4» dix-sept Sonates pour piano à deux mains, ainsi réparties : six Sonates, dédiées au baron Dûrnitz, qui négligea d'en envoyer le paiement (1774); trois Sonates, en ut, la et ré, dites « de Mannheim » (1777); quatre Sonates (1778 a 1784) ; deux Sonates (1788); les deux dernières, en s/t> et ré (1789).

Les Sonates de Mozart ne réalisent pas de progrès notables sur celles de Haydn; la plupart d'entre elles sont même inférieures en intérêt à celles du compositeur de la chapelle Esterhazy. Cependant on y distingue avec plus de netteté et de constance l'usage du développemeiH et du passage de transition àh pont, entre les deux idées : éléments nouveaux qui prendront, chez Beethoven, une importance prépondérante dans la construction de la Sonate (voir ci-après, chap. iv). On peut dire toutefois que les œuvres musicales de l'un comme celles de l'autre sont toujours « coulées dans l'ancien moule » de Ch.-Ph.-Emm. Bach.

Toutes les Sonates de Mozart sont en trois mouvements.

Voici, dans les Sonates pour piano, celles qui méritent d'être mentionnées au point de vue de la forme :

Ce sont d'abord les trois Sonates de Mannheim ( i 777).

La I", en ut, nous montre le peu de cas que les auteurs de ce temps faisaient du thème ou de Vidée mélodique ; ce n'était point encore, à leurs yeux, une entité douée d'une vie particulière, mais seulement une sorte d'émanation mélodique de la tonalité. Ainsi, le second Ihéme de cette

2iS L^ SONATE PRÉ-BEETHOVENIENNE

Sonate est présenté, dans Vexpostiiou, sous une forme assez différente de celle qu'il affectera, lors de la j-ée.xpositiou : Exp. : Thème B à la Z). :

Reexp. : Thème B a la 7"., mais sensiblement modifié :

E M i i La.

La 2* Sonate, en /a, fut écrite pour Rosa Cannabich, fille du capellmeister de Mannheim et alors âgée de treize ans; on prétend que Mozart en fut quelque temps amoureux et voulut peindre, dans i'.4;;dante en fa^ quelque peu fastidieux, le portrait de la blonde enfant.

Le premier mouvement de cette Sonate est ainsi construit : 1. Exi'. : Thème A à la T., sans conclusion :

Ce thème A est enchaîné avec un passage de transition (P), établi dans le même rythme :

Thcmc B, quin'esi, à proprement parler, qu'un trait de piant sans le moindre intérêt mélodique :

2. Partie médiane rythmique; elle ne donne aucune amplification de»

thèmes, mais seulement un travail rythmique sur A et P ;

3. Réexp. : reproduction presque intégrale de la première partie à la 7".

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Le Rondeau ofFre un intérêt spécial en ce qu'il prépare la forme que nous retrouverons plus complète chez Beethoven; voici comment il est construit :

Refrain i : A, en la ;

, ( A, en ut, puis ea UT, amenant de nouveau

Couplet I : l . ■ . .-.

'^ ^ A, en mi, expose comme une seconde idée ;

Refrain 2 : A, en /a ;

Couplet 2 : Phrase nouvelle à deux reprises, en LA ;

Refrain 3 : A, en la;

Couplet 3 : A, en la, en forme de seconde idée, concluant.

3" Sonate, en RÉ. Dans le premier mouvement de cette Sonate, Vexposilion et la réexposition des deux thèmes sont en ordre inverse, l'une par rapport à l'autre :

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