LES MODERNES ALLEMANDS ET KUSSES
Joseph Joachim Raff. • • ,- 1822 f 1882
Anton Brijckner 1824 f 1896
Anton Rubinstein , . i83o f 1894
JoHANNES Brahms i833 -j- 1897
Alexandre Porphiriewitch Borodine . . . i834 f 1887
Johann Severin Svendsen 1840 f 1911
Pierre Iljitch Tchaïkowsky 1840 -f iSgS
Gustav Mahler 1860 f 191 1
Alexandre CoNSTANTiNowiTCH Glazounow. . i865
Joachim RAFF (2) se signale toujours par l'abondance de ses œuvres, beaucoup plus que par leur intérêt : il n'a pas écrit moins de o«^e Symphonies, dans lesquelles, en dépit de ses hautes prétentions à la nouveauté, on ne trouve véritablement aucune innovation digne d'être remarquée, ni comme forme, ni même comme instrumentation. Seuls les titres de certaines d'entre elles marquent une tendance vers la «musique à programme» : mais cette velléité de Poème Symphonique n'influe pas notablement sur leur construction, demeurée classique :
(i) Par une anomalie dont on ne voit pas bien la raison, la disposition des instrumentsi sur la partition de cette Symphonie, est ainsi modifiée : la ligne supérieure porte la partie de timbales ; viennent ensuite (en descendant) : les trompettes, les cors, les tlùtes, les hautbois, les bassons, les trombones ; puis le quatuor à cordes dans son ordre traditionnel. C'est, à notre connaissance, le seul exemple de cette disposition insolite dans la musique du siècle dernier.
(2) Voir II* liv., 1" partie, p. 414.
•56 LA SYMPHONIE
l'" Symphonie, op. 90, intitulée Patrie {Vaterland) et divisée en cinq
mouvements au lieu de quatre ; II* — en UT, op. 140 ;
ni8 — op. 1 53, intitulée Dani la Forêt {Im Walde), l'une des
plus connues (186S); IV« — en sol, op. 167 ;
V» — en MI, op. 1 77, intitulée Lénor ;
VI® — en ré, op. 189, divisée en ii.v mouvements représentant
allégoriquement l'Histoire de l'Homme, ia vie[gelebt), ses efforts [gesirebt), ses souffrances {gelttten), ses InUes (gestrittei:), sa mort{gestorben), son ensevelissement (umgraben) ; VI1« — un SI\>, o^. 2.o\ ,'\nin\i\ée Dans les Alpes [In der Alpen);
VIII* — en LA, op. 2o5 : Chant de Printemps;
IX* — en mi, op. 208 : L'Été ;
X* — en fa, op. 2i3 : L' Automne ;
XI* — en la, op. 214 : L'Hiver ;
Ces quatre dernières Symphonies forment une sorte de « cycle » des saisons et se complètent mutuellement, bien que pouvant être entendues séparément.
Anton BRUCKNER, Autrichien, fut d'abord enfant de chœur, puis maître de chapelle et organiste dans diverses églises, avant d'arriver à Vienne, où il fut nommé, en 1867, organiste de la chapelle de la Cour et professeur au Conservatoire ; émule et quelque peu rival de Brahms, il subit jusqu'à l'excès l'influence wagnérienne^ pour le plus grand dommage de sa musique essentiellement symphonique. Nous aurons souvent à constater les effets néfastes de cette transposition inconsidérée dans le domaine de la Symphonie de principes d'ordre dramatique, excellents au théâtre. Traiter la Symphonie comme le Drame est une erreur capitale; et l'admiration motivée que nous professons pour les chefsd'œuvre dramatiques de Wagner ôte toute apparence de partialité à la juste critique que nous élevons ici contre l'intrusion de ses errements dans la Symphonie. Possédant à fond la technique du contrepoint et de l'orchestre, Briickner écrivit des ouvrages symphoniques sans grand relief, mais toujours équilibrés, tant qu'il ne connut point Wagner. Depuis lors, il semble avoir voulu aborder le genre dramatique, tout en restant dans le cadre symphonique : le résultat fut que ses œuvres sont demeurées aussi défectueuses en tant que Symphonies que comme Poèmes Symphoniques, n'étant, à dire vrai, ni l'un ni l'autre.
Les Symphonies de Bruckner sont au nombre de huit, parmi lesquelles la plus connue est la VII^, en mi, qui date de i885. Son orchestre est disposé comme celui de Wagner, avec les pupitres d'instruments à vent en trois parties, et l'adjonction d'une basse-tuba aux cuivres, à partir de la Vie Symphonie. Les idées musicales étant généralement peu caractérisées, tout l'effort du compositeur porte sur le développement