LES MODERNES ALLEMANDS ET RUSSES
orchestral, ce qui est manifestement insuffisant : car, en dépit des plus curieux jeux de timbres, il va de soi que l'intérêt des développements dépend, avant toute chose, de la qualité des idées développées.
Anton RUBINSTEIN ( i ) est l'auteur de six S3a-nphonies, dont la forme est tout à fait classique, à part quelques tentatives de rénovation peu réussies ; leur disposition orchestrale n'offre aucune particularité notable :
If» Symphonie en FA, op. 40 ;
H'' — op. 42, dite L'Océan, la seule qui soit un peu connue :
sa particularité consiste dans la multiplicité des mouvements qui STnt au nombre de sept ; IIF» — op. 56 ;
IV" - op. 95, dite dramatique ;
V" — op. 107, dite funèbre ;
VI" — en la, op. i ir.
Johannes BRAHMS (2) a laissé quatre Symphonies de forme classique qui, malgré leurs qualités, apportent une vérification déplorable à ce que nous venons de constater à propos de Schumann et de sa méconnaissance des principes beethovéniens quant à l'ordre tonal. Les développements de Brahms, remplis de détails charmants en eux-mêmes, sont presque toujours fastidieux dans leur ensemble, en raison d'un désordre des modulations qui peut assez bien être comparé à ces « fautes de perspective » qui gâtent d'excellents tableaux. L'orchestre de Brahms a les mêmes défauts, souvent aggravés, que celui de Schumann : il procède par doublures intégrales entre les différents timbres, ce qui le rend pâteux et lourd.
If" Symphonie, en ut, op. 68;
l|e — en RÉ, op. 73 ;
lll« — en FA, op. 90 ;
IV* — en mi, op. 98.
Alexandre BORODINE, Russe, fut médecin militaire et professeur à l'Académie chirurgicale de Saint-Pétersbourg : ami de Balakirew et de Liszt, il mourut prématurément, laissant un petit nombre d'œuvres, dans lesquelles on voit la marque d'une personnalité intéressante et cultivée. On a de lui deux Symphonies de forme classique. Tune en M/b, l'autre en 5/.
Johann SVENDSEN, Norvégien, étudia, malheureusement pour lui,
(i) Voir II» liv., 1" partie, p. 4i5.
(2) Voir II" liv., I" partie, p. 415.
i58 LA SYMPHONIE
au Conservatoire de Leipzig, tout comme son compatriote Grieg : l'un et l'autre illustrent pleinement le jugement que nous avons formulé sur cette institution, à propos de son fondateur Mendelssohn (i). Violoniste virtuose, Svendsen est l'auteur de deux Symphonies, l'une, en BÉ, op. 4, l'autre^ en s/b, op. i5.
Pierre TCHAÏKOWSKY, que les Russes revendiquent comme une de leurs gloires nationales, est, par la forme de son art aussi Allemand que les précédents, bien que sa formation musicale ait été faite entièrement en Russie, sous la direction de Rubinstein. D'abord licencié en droit, puis fonctionnaire du ministère des finances, il embrassa tardivement la carrière musicale. Des sept Symphonies que les catalogues lui attribuent, on connaît à peu près exclusivement celle en si, dite Pathétique, op. 74^ remarquable surtout par sa longueur.
Gustav MAHLER, originaire de Bohème, fit la plus grande partie de sa carrière comme chef d'orchestre, d'abord à Hall, puis à Laibach, à Olmtitz, à Cassel, à Prague, à Buda-Pesth, et enfin à l'Opéra de Vienne où il resta pendant plus de vingt ans. Il a laissé ;/e!(/'Symphonies :
l'^ Symphonie en BÉ (1 S91) ;
II« — en u<(iSq5), avec chœur et alto solo ;
m» — en re ( i8u(i), avec chœur de femmes et d'enfants, et alto
solo ;
IV« — en SOL (iqoi), avec soprano solo ;
V« — en ré ( 1904) ;
Vl« — en la (1900) ;
VI l« — en m! ( 1908) ;
VII!« — in itiJb (1910), avec soli et trois chœurs ;