‹ Cours de composition musicale (volume 5)Chapitre 48 sur 71 · OUVERTURES PRIMITIVES ITALIENNES ( I 60O A I · texte numérisé non relu

OUVERTURES PRIMITIVES ITALIENNES ( I 60O A I

On ne doit pas s'attendre à trouver ici des nomenclatures d'auteurs: comme il n'y a guère d'ouvrage musical destiné à la scène qui ne soit précédé d'une Ouverture^ un tel catalogue contiendrait en réalité tous les noms, appartenant à toutes les Ecoles connues, depuis les premiers compositeurs de Madrigaux dramatiques du xvi^ siècle jusqu'à nos contemporains, c'est-à-dire I'Histoire du Dramk musical qui doit faire l'objet principal du Troisième Livre de cet Ouvrage. Notre propos est seulement d'illustrer, par quelques-uns des spécimens les plus représentatifs, chacun des genres dont nous venons de décrire les particularités techniques, en conservant la même classification, malgré tout ce qu'elle a d'approximatif.

Pour ce qui concerne les formes primitives, que nous avons localisées principalement en Italie, les simples transcriptions instrumentales de Madrigaux vocaux ne nous apprendront rien, car elles ne sont pas même spécialisées dans leur destination : elles ont simplement servi d'Ouvertures, comme elles auraient pu servir à autre chose.

Par contre, il est bon de se faire une idée de ce que pouvait déjà contenir cette petite Toccata {Sinfonia, Intrada, etc.) de quelques mesures indiquées par la basse chiffrée, quand cette basse et sa réalisation étaient vraiment l'œuvre de musiciens.

Claudio MONTEVERDI (iSôy f 1643), dont nous nous occuperons au Troisième Livre, ainsi que de tous ceux dont il va être question ci-après,

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a fait précéder son immortel O/^èo, représenté en 1607, d'une Toccata^ contenant une phrase de seize mesures en mouvement vif, puis une autre de huit mesures en mouvement lent, avec répétitions et indications instrumentales très précises (i). C'est déjà tout autre chose qu'une musique quelconque « pour faire taire l'auditoire », comme il y en eut tant d'exemples à cette époque et même depuis. Sans que l'on puisse y découvrir avec certitude une liaison intentionnelle avec la scène qui suit, ce prélude n'y est vraiment pas hors de propos, et témoigne déjà de l'immense effort de l'auteur pour rénover l'art dramatique de son temps.

Luigi ROSSI (1598 f i633), qu'il ne faut pas confondre avec Michel Angelo Rossi, est aussi l'auteur d'un Offeo, qui fut le second Opéra représenté à Paris, en 1617. Cette œuvre est précédée de quelques accords modulants, servant à'Ouverture : on peut juger par simple comparaison combien la Toccata de VOrfeo de Monteverdi est en avance sur ce balbutiement musical.

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