‹ Cours de composition musicale (volume 5)Chapitre 49 sur 71 · OUVERTURES FRANÇAISES (1680 A l8o · texte numérisé non relu

OUVERTURES FRANÇAISES (1680 A l8o

Cette époque des Ouvertures françaises , qui comprend presque tout le xvn« siècle, jusqu'à l'avènement des nouvelles formes beethovéniennes fixées dans les trois Ouvertures de Léonore, peut être subdivisée pour plus de clarté en trois périodes, jalonnées respectivement par les noms de LuLLY, Rameau et Gluck.

Période de LULLY {1680 à i-j3o)

LULLY (i633 t 1687) a adopté invariablement pour tous ses Opéras le type composé à' un mouvement d'allure vive encadré par deux mouvements lents. On peut citer, comme spécimen de cette coupe, celle d'Acis et Galathée, Opéra écrit entre 1676 et 1682 : elle débute par une phrase Grave en accords, suivie d'un Allegro à j, puis d'une autre phrase Grave différente de la première, le tout écrit à cinq parties réelles, comme les Madrigaux. Toutefois, l'auteur ne prenait pas toujours la peine d'achever ainsi la réalisation : dans un autre de ses ouvrages, on ne trouve que la basse

(i) Cette Toccata avec sa réalisation ligure dans l'édition de VOrfeo de Monteverdi rerais au jour par nos soins, qui fut publiée en igoî à la Schola Cantotum.

et la partie supérieure, le surplus étant laissé aux « bons soins » du copiste.

Alessandro SCARLATTI \i6bi) ]■ i~2b) est le représentant le plus qualifié de la forme systématiquement inversée de VOiiverlure de Lully, sur laquelle elle est calquée exactement : toutes les Ouvertures de ses Opéras contiennent un Allegro avec reprise (à la place du Grave de Lully), une seconde partie également avec reprise et formée d'un Grave (à la place de V Allegro de Lully) suivi d'un Presto différent de Vj±lle^ro initial (de même que le Grave final diffère du premier chez Lully). C'est donc en réalité la même forme, à l'ordre des mouvements près, mais la musique en est plus faible.

Période de RAMEAU {ij3o à /yy2)

Nous considérons cette période comme close à l'apparition de l'Ouverture d'Iphigéuie en Aulide de Gluck, la première de ses œuvres qui caractérise ce que nous appellerons sa troisième manière, son véritable style français.

RAMEAU ' 1 683 f '765) adopte la forme en deux mouvements au lieu de trois : un Lento et un Allegro; on peut lire un spécimen achevé de ce type dans l'Ouverture de Castor et Pollux (1737); la qualité musicale y est très supérieure à celle des oeuvres de Lully.

J. S. BACH (i685 7. 1750), qui connaissait très certainement les œuvres de ses contemporains français, s'est servi tour à tour de la forme de Lullj' et de celle de Rameau, pour celles de ses pièces de clavecin qu'il intitule Ouvertures, quoiqu'elles ne soient pas destinées à une œuvre dramatique ; son style personnel y ajoute naturellement l'écriture fuguée, dont il n'y a jamais que des ébauches chez Rameau.

Période de GLUCK [1772 à i8i5)

Cette période prend fin au moment où la forme beethovénienne se précise dans l'Ouverture de Léonore, en i8o5, tandis que la forme française tend à disparaître peu à peu.

GLUCK (1714 f 1787) n'est pas l'auteur de plusieurs des Ouvertures qui figurent en tête de ses Opéras : son célèbre Orphée notamment n'a pas d'Ouverture, et celleque l'on trouve dans la partition est extraite de l'Opéra de Philidor Ermelinde, comme nous le verrons au Troisième Livre. Dans toute l'œuvre dramatique de Gluck, il n'y a que cinq Ouvertures qui soient authentiquement de lui : celle à^Armide et celle d'Écho

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