IMPERFECTIONS DE LÀ NOTATION CO NTEMPORAINB
Il ne nous appartient pas de faire ici lacritique détaillée denotre système actuel de représentation graphique des sons musicaux. Ne pouvons-nous pas dire cependant que le défaut de notation ternaire, la mul- Sinwile des clés, et les signes accidentels d'altération, constituent auiourd-hui dans l'écriture, si parfaite par ailleurs, trois points défectueux auxquels il ne serait peut-être pas impossible d'apporter une amélioration(i)?
(„ ces .rois princlp.ux défaut de notre noladon actuelle sont-ils toat à fait irrémé- ":rr„'ce ,ni conceme la "--" r;-o^;l^£'i;à:'=.^T„":::°:f^^^^^
de valeurs de note :
o équivalant à fro/5 J , tandis que la • équivaut à de«^ J J - h trois J^, - - J - à deux J^
JN - ktroisj^, J^ - ^deuxj<
et ainsi de suite.
b) Les clés usuelles ne pourraient-elles être totalement unifiées au point de vue de la lecture tout en réservant leur forme actuelle à une simple indication d octave ?
On généraliserait ainsi la lecture de la clé de 50/ deuxième hgne, aujourd'hui la plus répanlue II suffirait pour cela d'employer toujours la clé de fa sur la cinquième ligne, et de placer la clé d'ut, une fois pour toutes, dans le troisième interligne :
té, mi, fa, etc.
fa, etc.
, etc.
c^ La suppression même des accidents est-elle impraticable ? Pourquoi les degrés de notre portée auTu de représenter, suivant les cas, des intervalles de ton ou de dem:.ton, don on LoTfiMa valeur et 'la lecture à l'aide de dièses, de bémols et de bécarres nauraient-ils "oinfune valeur déterminée et immuable : celle du demi-ton tempère, véritable umr^ indivisible de notre système musical à dou^^e degrés égaux ? , ^ ,, ,„„, ,g, intervalles
On obtiendrait de la sorte une figuration unique et constante P^^^^^^^^ '" ^ .';^^'^^,' véritable représentation graphique ^e leur valeur relative, et ce progrès compensera, a^^^^^^^ ment l'inconvénient - si c'en est un -causé par l'extension plus grande sur le papier, dans les accords et arpèges
sol llakJb/ \sift>/ V^'t)/
L'étude de semblables questions ne saurait ici trouver sa place, mais on peut se rendre
LA NOTATION *'
Loin de nous la pensée d'une réforme brutale qui jetterait partout, et sans profit, la perturbation et le désarroi ; l'usage est le seul consécrateur
des réformes.
Le vrai progrès doit être lent : on peut le souhaiter, le provoquer
même s'il y a lieu, mais non l'imposer.
compte par cet aperçu sur . ce qu'on pourrait faire ., que le dernier mot est loin d'être dit en cette matière.
Nous avons cru devoir accueillir ici l'ingénieux exposé ci-dessus, contenant l'indication de possibles réformes, tout en en laissant l'entière responsabilité a son auteur, M. Auguste Serieyx, professeur k la Scola Cantorum. (Note de l'auteur.)
LA CANTILÈNE MONODIQUE
La Cantilène monodique. - Genre primitif: ses deux aspects. - Genre ornemental: a) les antiennes, b) les alléluia et les traits, c) les ornements symboliques. - Genre vovulaire : a) les hymnes, b) les séquences. - Hypothèse du Cycle gregonen. - I expression dans la Cantilène monodique médiévale. -Etats corrélatifs de l'ornement dans lamonodie et dans la graphique médiévales. — Les timbres.
LA CANTILÈNE MONODIQUE
Nous avons donné le nom de rythmo-monodique à la musique de la première époque, parce qu'elle consiste en une mélodie libre, de rythme varié, mais non mesuré, destinée à être chantée seule, sans accompagnement, soit par une voix unique, soit plutôt par une collectivité à l'unisson ou à l'octave.
Cette forme, dite monodie, ou cantilène monodique, remonte à la plus haute antiquité. Tout porte à croire que la musique des Grecs était purement monodique et qu'ils ne connaissaient point d'autre forme. Mais on ne peut guère émettre à ce propos que des hypothèses, car les seuls documents qui subsistent sur cette matière sont des critiques ou des appréciations, et non des textes musicaux. On se trouve donc à l'égard de la musique antique dans une situation comparable à celle d'un mdividu du tremième siècle, qui, pour reconstituer l'état actuel de notre art, aurait seulement à sa disposition un certain nombre de chroniques musicales extraites de revues contemporaines, ou quelques traités d'harmonie. Convenons que ce serait insuffisant pour servir de base à un travail sérieux et ne cherchons point à remonter plus haut que les premiers siècles de 1 L- Slise chrétienne, domles chams nous ont été conservés assez fidèlement. Il importe peu de savoir si ces monodies liturgiques sont vraiment de création chrétienne, ce qui nous semble très admissible, ou si elles som seulement, comme le voudrait notamment M. Gevaert, l'éminent direc Cours de composition.
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teurdu Conservatoire de Bruxelles, la reproduction plus ou moins fidèle de mélodies païennes antérieures au christianisme : dans l'un ou l'autre cas, elles constituent les premiers textes musicaux suffisamment authentiques et intelligibles pour qu'il soit possible d'en faire l'analyse et l'examen critique.
Nous commencerons donc l'étude des formes de la première époque par les mélodies liturgiques médiévales. Le principe de tout art n'est-il pas, du reste, d'ordre purement religieux, et la première manifestation musicale ne fut-elle point une prière, un chant sacré ?
Cette cantilène liturgique du moyen âge se présente a nous sous une foule d'aspects différents qu'on peut ramener à trois catégories principales :1e genre primitifs le genre ornemental qx le ^enre populaire.
GENRE primitif: SES DEUX ASPECTS
A) Certains chants, probablement les plus anciens, sont entièrement syllabiques et se rapprochent beaucoup du récitatif ou de la psalmodie. Ils consistent en une note moyenne, ou chorda, infléchie suivant les accents et les cadences, et sont composés seulement de neumes simples (/?M«c/Mm,r/r^a). Rarement, aux cadences, on y rencontre quelqueneume binaire (clipis^podatus). heGloria desfètes simples [L. Gr.^ 2' éd., p. 36*) est un bel exemple du chant de cette espèce, que saint Augustin décrit ainsi:... ita ut pronuntianti vicinior esset quaiJi psallenti (i). (iv* siècle).
chorda
(seul neume binaire , ■ ,
de toute la pièce :) ZZZZZZI^ZZI Glori- a in excelsis De-o... etc. ...Jesu Christe.
Voyez aussi : Credo {ibid. p. 45').
Leçon III du Jeudi Saint (Paroissien de Solesmes, p. 297).
B) Dans d'autres pièces primitives, l'accent prend une plus grande importance expressive. Les neumes binaires y sont plus fréquents, et quelques neumes ternaires s'y rencontrent de temps à autre, pour souligner l'accent. Telles sont notamment les antiennes^ pièces qui remontent aux premiers siècles de l'Église, et qui contiennent souvent un exposé de doctrine, sorte de petit drame mélodique, sublime d'expression vraie et de concision. Nous citerons, comme type de cette espèce, la communion du mercredi après le IV« dimanche de Carême (L. Gr., 2«éd.,p. i3i), dite: antienne àeV aveugle-né.
(1) Comme s'il se rapprochait davantage de la récitation que de la psalmodie.
LA CANTILÈNE MONODIQUE
: ■ ■ I ' Vi ■ I ■ j
-ir
Lutum fe-cit ex sputo Dôminus, et lim-vit ô-culos me- os ; et âbi- 1, et la-vi, et
vi-di, et cré-didi De- o.
Remarquer la gradation des quatre périodes finales, se terminant après une modulation médiane sur une splendide affirmation. Voyez aussi les antiennes :
Nemo te condemnavit^ mulier (de \di femme adultère) [L. Gr.^ 20 éd., p. 124), une sorte de drame sacré en raccourci, consistant en trois actes : 1° question ; 2° réponse ; 3° affirmation, et une exhortation finale; Video cœlos apertos (L. Gr.^ p. 38); Descendit (Par., p. 526) ; Ave Regina cœlorum (Par., p. 84);
Maneant in vobis Fides^ Spes, Caritas (L. Gr., p. 184); Ubi Caritas et Amor (ibid., p. i85).