‹ Cours de composition musicaleChapitre 87 sur 119 · pe'r · texte numérisé non relu

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us, Sic . ut do.lor me

Il est difficile de rencontrer, même dans la musique moderne, un

LE MOTET

effet plus poignant que celui de la lumineuse cadence majeure qui forme le milieu de cette belle phrase.

La deuxième partie du motet est une sorte de court développement des thèmes exposés dans la première, après quoi la pièce se termine par la reprise de la superbe phrase médiane.

Quant aux répons de Vitoria, traités plus longuement que les répons palestriniens, ils ne le cèdent en rien à ceux-ci au point de vue expressif.

Il suffira pour s'en convaincre de jeter les yeux sur le beau triptyque qui retrace Tagonie et la mort du Sauveur.

Voir dans les Seîectissimœ modulationes (Anthol., vol. I, p. 32), la trilogie :

( I . Tanqiiam ad latronem ; (La marche au supplice.

) 2 Tenebrœ factœ sunt ; (La mort.)

( 3. Animam meam dilectam. (La persécution.)

Nous donnerons seulement ici l'analyse du premier de ces répons. Il est constitué en trois phrases très distinctes, basées sur l'harmonie de résonnance inférieure ; voici leur schème mélodique :

irfphrase

2? phrase

3^ phrase

cumgla-di.is et fus.ti - bus, com.pre.hen V^ pér.

cru.ci .fi -gân

La dernière période de la troisième phrase présente une suite de cris plaintifs du plus admirable effet :

LE MOTET

ad cru. ci- fi - gen

Le motet Iste sanctus (AnthoL, vol. I, p. i85) est un curieux exemple de symbolisme. Après une suite de quatre phrases régulièrement exposées, le ténor entonne le cantus Jirmus liturgique sur les paroles ifundatus enim erat super Jirmam petram ; comme si l'auteur avait voulu, par cette disposition, caractériser la ferme assise sur laquelle s'appuie la force du martyr.

Roland de Lassus, flamand, né à Mons, passa la plus grande partie de sa jeunesse en Italie. Il y devint l'un des chefs d'école les plus importants de cette époque où l'art du motet atteignit sa forme la plus parfaite. Dès l'âge de quatorze ans, il passa en Sicile au service du vice-roi Ferdinand de Gonzague, et obtint, jeune encore, la dignité de maître de chapelle à la basilique de Saint-Jean de Latran, à Rome; en i556, le duc Albert V de Bavière l'appela à Munich, où il resta jusqu'à sa

mort.

Lassus fut peut-être le compositeur le plus fécond qui ait existé, car le nombre de ses œuvres connues s'élève à près de deux mille.

Il écrivit environ soixante messes, cent Magnificat imprimés sous le

LE MOTET

titre de Jubïlus beatœ Virginîs, et plus de douze cents motets {Cantiones sacrœ). Ses Psaumes de la pénitence [Psalmi Da.tdts pœmtentiales i584) furent aussi célèbres que les Improperia de Palestrina.

Son style, encore plus ému par moments que celui de Vitoria, confine aux limites de l'expression dramatique. On pourra s'en rendre compte par la lecture de l'un de ses plus beaux motets :

a) Nos qui sumus in hoc mundo (Anthol., vol. II, p. 73), dont nous donnons ci-après l'analyse.

Le texte est une sorte de prose populaire :

Nos qui sumus in hoc mundo,

vitiorum in profundo,

jam passi naufragia ;

Gloriose Nicolae,

ad salutis portum trahe,

ubi pax et gloria (1).

Quant à la musique, elle est bâtie sur le timbre même de la prose populaire :

Glo- ri- o- se Ni- co- la- e,

ce aui donne au motet une grande unité de conception.

La pièce peut se diviser en trois parties. La première, qu. comprend tout le premier tercet, est par cela même coupée en trois phrases , dan l'exposition initiale, le thème populaire revêt un caractère éminemment expressif:

Sup.

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