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NATURE DES DIVERS TERRAINS

Parmi les moyens d'étudier la nature et la résistance des terrains, il faut sondages et expépienœt compter en première ligne les sondages que l'on exécute soit à Tair libre, en la résisuZ^ du soi. creusant des fouilles en dehors des eaux courantes, soit par des sondes artésiennes en pleine rivière ; mais en ce qui concerne ces dernières, il faut avoir soin de ne pas se laisseï tromper par l'apparence des échantillons ramenés par les cuillères des sondes, attendu que le terrain pulvérisé par les trépans et détrempé par les eaux forme presque toujours une pâte dont on ne peut appré^ cier que très difficilement la vraie nature. Pour arriver à des renseignements très précis, on est donc souvent obligé de recourir à des fouilles exécutées sur les rives. Ainsi pour le grand pont de Marmande, sur la Garonne, où le terrain, au-dessous du gravier, est formé par de puissantes couches de marne calcaire compacte, on n'a pu constater la résistance de cette marne qu'en faisant pratiquer sur la rive une fouille blindée jusqu'à la profondeur qui a pu être atteinte avec des épuisements ordinaires ; puis en établissant à l'intérieur un cuvelage en bois étanche que l'on a fait descendre, par des déblais intérieurs et à l'aide d'épuisements très énergiques, jusqu'à ce qu'il fût encastré en partie dans le bftnc de marne, on a constaté alors que cette marne était complètement incompressible et pouvait par conséquent supporter en toute sécurité les maçonneries de fondation du pont ; on a eu soin ensuite de comparer exactement les produits de cette fouille avec les résultats donnés par les sondes artésiennes pour les piles en rivière. M. l'Ingénieur Séjourné, dans le mémoire qu'il a publié dans les Annales de i 882 au sujet de cet important travail, fait remarquer avec raison que Ton aurait pu arriver plus promptement et peutêtre plus économiquement au même résultat, en faisant descendre un tube en tôle au moyen de l'air comprimé. L'exécution des fondations des piles, pratiquée directement à Fair comprimé, a permis de constater plus tard que le sol de fondation des piles en rivière était bien exactement de môme nature que celui reconiju sur les rives et que, par conséquent, les fondations se trouvaient établies dans d'excellentes conditions de sécurité,

Pour apprécier la résistance du sol inférieur, on a fréquemment recours à des battages de pieux d'essai et on doit avoir soin de les retirer pour s'assurer s'ils n'ont pas été brisés dans la descente, ainsi que pour examiner, d'après

rétat dans lequel se trouve la pointe du sabot, quel peut être le degré de dureté du terrain sur lequel cette pointe s'est arrêtée. Mais il ne suffit pas de constater la dureté, il importe de s'assurer également si le banc, à la rencontre duquel les pieux se sont arrêtés, présente une épaisseur suffisante pour que Ton n'ait pas à craindre sa rupture sous la charge du pont ; dans ce but, toutes les fois que cette charge est un peu forte, il est nécessaire de pratiquer quelques sondes artésiennes.

Lorsque le terrain qui constitue le fond du lit, se relève sur les rives de manière à pouvoir y être rendu apparent et que l'on a quelques doutes sur sa résistance à la pression, on peut apprécier directement cette résistance au moyen d'un chargement. Une expérience de cette nature a été faite en 1845, au sujet du pont à construire sur la Creuse à Port-de-Pile, pour le chemin de fer de Tours à Bordeaur. Le fond du lit, au-dessous d'une couche de gravier, est formé par un massif très épais d'argile noire compacte, et conmae cette argile est apparente sur la rive, on a pratiqué dans le talus un redan horizontal sur lequel on a fait reposer un poteau en chêne de 0".60 d'équarrissage, supportant une plate-forme de 3 mètres de côté consolidée par des contre-fiches (i). Après l'avoir solidement amarrée avec des haubans pour éviter tout déversement, on a placé sur la plateforme des pièces de fonte en quantité suffisante pour que Tappareil et son chargement pesassent 28,800 kilogrammes, ce qui, pour une section à la base de 3,600 centimètres superficiels, donnait une charge de 8 kilogrammes par centimètre carré, double de celle que devait supporter la fondation. Le tassement, observé pendant une épreuve de plus d'un mois, n'a été que de 0".025, ce qui était de nature à rassurer tout à fait sur la résistance du terrain sous la charge qu'il devait éprouver par suite de la construction, et en effet il n'y a pas eu le moindre tassement dans les fondations de l'ouvrage.

Mais quand on pratique de les emalbbs expériences, il faut s'assurer avec le plus grand soin que les résultats obtenus ne sont pas dus à quelque circons-

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