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TEMPS DE FAIRE LES BOUTURES

ILest impossible, ou du moins très-difficile d’indiquer avec précision l’époque la plus conve- . nable à la réussite des boutures. Elle varie toutes les années de plusieurs jours, de plusieurs semaines et même quelquefois d’un mois, en raison des circonstances atmosphériques. De plus, elle dépend de l’état de santé ou de malaise dans lequel se trouvent les végétaux, et surtout de celui de leurs glandes corticales. Comme ils sont de diverse nature, qu'ils ont des facultés et des habitudes très-différentes, la même époque ne peut convenir à toutes les espèces. Enfin, ce qui ajoute encore aux difficultés, c’est que souvent , sur le même arbre, il se rencontre, dans le même temps, des parties dans des états différens. On ne peut donc assigner d'époque fixe pour opérer les boutures; mais l'état dans lequel se trouvent les végétaux offre quelques données qui peuvent mettre sur la voie pour choisir le moment le plus favorable.

En général, les boutures de végétaux ligneux de pleine terre, dont les boutons ou gemma sont écailleux, et qui perdent leurs feuilles pendant l'hiver, s’opèrent avec plus de succès, quelques Jours avantles premiersmouvemens de la sève que dans toute autre saison. Il n’y a cependant pas

d'inconvénient à prévenir cette époque de plusieurs semaines et même d’un mois, si le temps et l’état de la terre le permettent. Ainsi, dans les diverses parties du territoire français, on peut faire les boutures des végétaux ligneux de cette série, depuis le mois de novembre jusqu'au commencement d'avril. | On n’a pas suivi pour les arbres résineux toujours verts, qui vivent en pleine terre dans notre climat, desexpériences assez nombreuses etassez exactes pour statuer avec la même assurance sur l'époque la plus favorable à la confection de leurs boutures. Tout ce que je puis dire, c'est qu’il me paraît que la plus avantageuse est celle où ces arbres sont en pleine sève, et surtout dans le milieu de celle d'automne. Il m'a semblé que lorsque les boutures de ces arbres sont faites en novembre, temps où leur sève es* arrivée à son maximum , les froids qui surviennent ordinairement à cette époque, faisant descendre cette sève avec rapidité de la partie qui est à l'air dans celle qui est enterrée, l'y accumulent, dilatent les glandes corticales qui produisent les racines, et facilitent la reprise. C'est à des observations plus long-temps suivies à confirmer ou à détruire cette opinion. | Les végétaux qui passent l'hiver dans les serres froides et les orangeries, et qui,-pour la plupart,

DES BOUTURES. 597 appartiennent à la partie chaude des zones tempérées , entrent assez généralement en sève dans le mois de mars: c’est l'époque à laquelle il convient de faire leurs boutures. Il est avantageux d'attendre que la sève soit en mouvement depuis quelques jours, ce dont on est averti par la croissance des bourgeons terminaux. Si l’on soutient leur végétation par la chaleur douce d’une couche sourde, et qu’on les renferme, au moyen d’une cloche opaque, dans une atmosphère chargée d'hydrogène et privée de lumière vive, on assure et l’on accélere la croissance des racines. | |

Les boutures de plantes grasses s'effectuent avec plus de sûreté à l'époque où la chaleur du climat est, pendant la nuit, de huit à dix degrés, et, pendant le jour, de douze à quinze, et lorsque lair acquiert un degré de sécheresse sensible. C’est ordinairement, dansle climat de Paris, vers la mi-juin. Au moyen de couches et de châssis, un cultivateur adroit est assez le maître d'obtenir à sa volonté une telle constitution atmosphérique dans plusieurs saisons de l’année.

On effectue les boutures des plantes des zones chaudes vers le premier tiers de l'été, temps où la plupart d’entre elles entrent en sève. On les place le plus ordinairement sur des couches à dix-huit degrés de chaleur, et sous des chässis

qui les abritent du grand air et de la lumiere du soleil. |

Enfin les plantes de la zone brülante, qui se cultivent dans les tannées des serres chaudes et sous les baches, sont opérées dans le milieu et vers la fin de l'été. On les plante dans de trèspetits vases remplis d’une terre convenable à la nature des tiges de chacune d'elles; on place ces vases dans une couche de dix-huit à vingt-deux degrés de chaleur; on les couvre d’entonnoirs de verre blanc, dont on a bouché le goulot, et on les oriente au sud-est, en les défendant des rayons du soleil du midi.

Mais, comme je l'ai dit ci-dessus, il ne faut considérer ces données que comme des à-peuprès qui peuvent mettre sur la voie pour arriver plus sûrement au but qu'on se propose. C'est aux cultivateurs intelligens à les combiner et à les mettre en pratique, suivant les circonstances dans lesquelles ils se trouvent.

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