TV. DÉFONCAGE A LA TOURNÉE
Il ne se pratique que dans les terrains durs, pierreux, ou dans ceux qui contiennent beaucoup de racines ligneuses et coriaces; on lui donne la profondeur qui convient à la nature des cultures qu’il précède. Si les pierres sont en proportions trop considérables dans le sol, il faut défoncer plus profondément, afin que ces pierres, restant au fond de la jauge, il se trouve au-dessus d'elles une quantité de terre végétale suffisante pour les végétaux qui doivent y croitre.
Pour séparer les pierres de la terre, les ouvriers la tamisent en la répandant derrière eux sur la
(1) Woyez, pour la manière de faire les jauges, la dixième section de ce même chapitre.
TRAVAUX DE TERRASSE, ETC. Of crête de la jauge, ou bien la passent, après qu’elle a été émiettée avec la tournée, à travers une claie de bois placée dans cette même jauge. Si le terrain doit être planté en bois, les pierres peuvent, sans inconvénient, rester au fond de la jauge ; mais sil est question de planter des lignes d’arbres à fruits ou de grands arbres propres à couvrir des allées, former des avenues ou border de grandes routes, il faut, pour assurer la réussite, les enlever, et les remplacer par des terres de rapport. Ce travail , trés-utile , mais fort dispendieux, ne doit être donné à la tâche qu'autant qu’on peut le faire surveiller par un ouvrier sûr.
$ V. DÉFONÇAGE AU PIC.
Cette sorte de défonçage se pratique dans les terrains dont la pente est rapide et la profondeur peu considérable : c’est moins un remuement de terres qu'un taillage de pierres. On les coupe d'un côté pour les porter d’un autre, et s’en servir à construire les petites murailles sèches qui doivent soutenir les banquettes destinées aux plantations de vignes, d’oliviers, de müriers, etc., soit dans les jardins, le long des grandes routes, soit sur les montagnes. On voit de fréquens exemples de ce mode de culture sur les coteaux du Rhône, du Rhin et dans la Toscane.
CINQUIÈME SECTION
NIVELLEMENS.
Presque toujours les nivellemens suivent les défonçages ; parfois cependant ils les précèdent. Ils ont pour objet d’unir la surface des terrains, de les mettre de niveau, ou de régulariser leur pente, afin de pouvoir les labourer plus commodément et de donner un libre cours aux eaux. Ils nécessitent des déblais et des remblais.
On nomme déblai le travail qui consiste à enlever des terres qui se trouvent dans un endroit en trop grande quantité, et rernblai le transport qu’on en fait dans un lieu où elles sont nécessaires.
Avant de commencer ce travail, on doit s’assurer que la quantité des déblais suffira pour effectuer exactement les remblais, et qu'il n’y aura pas de transports inutiles, chose si dispendieuse et si commune dans les travaux de terrasse.
Pour cet effet, au moyen de jalons, on place sur tout le terrain à niveler des piquets de hauteur, par lignes parallèles, distantes de 7",796 (quatre toises ) environ les unes des autres. La hauteur à laquelle une partie de ces piquets s'élève par places au-dessus du niveau du sol, comparée à l’abaissement des autres au-dessous de la
\ TRAVAUX DE TERRASSE , ETC. 93 surface de ce mème sol en d’autres endroits, fait juger de combien on doit enfoncer les uns ei relever les autres pour arriver Juste à ne déblayer les parties hautes qu'autant qu’on doit remblayer les parties basses.
Lorsqu'il ne s’agit que d’effacer quelques inégalités d’un terrain, on emploie la ravale, trainée par un cheval et dirigée par un homme. Cette machine (PL 19, fig. 4) prend la terre où elle se trouve en excès, pour la verser où il en manque.
Lorsque les inégalités passent l'épaisseur de 0%,217 (huit pouces ), il convient d'employer la brouette, dans le cas où la distance du déblai au remblai n’est pas de plus de cent dix-sept mètres ( soixante toises ). Lorsque l'éloignement est plus considérable , on économise le temps et les frais en faisant usage du tombereau et en marchandant ce travail à la tâche.
On doit mettre la plus grande attention à ne pas enlever, pour former une surface exactement plane, toute la couche de terre végétale d’une partie pour la porter sur une autre qui conserve la sienne : cette pratique est ruineuse pour le sol et pour la bourse du propriétaire. Il faut toujours laisser dans les endroits les moins profonds assez d'épaisseur pour les cultures auxquelles le terrain est destiné.
SIXIÈME SECTION