‹ Cours de culture et de naturalisation des végétauxChapitre 46 sur 135 · I. LABOURS AVEC LES CHARRUES · texte numérisé non relu

I. LABOURS AVEC LES CHARRUES

Us s'effectuent à la campagne, dans la grande culture, pour les semis de céréales, de prairies, de forêts, etc.

Labours à l’araire. Le premier trait'de cette

+ TRAVAUX DE TERRASSE, ETC. 99 charrue sans avant-train (1), encore fort en usage dans le midi de l'Europe et en Asie mineure, se donne sur un des côtés de la pièce , dans le sens de sa longueur ; on forme le second «à côté du premier, en revenant vers le point d’où on est parti, et l’on suit la même marche

pour labourer tout le terrain.

Quelquefois, pour rendre le travail moins imparfait, on donne un second labour, qui croise le premier à angle droit.

On n’emploie avec succes l’araire pour les semis des céréales, des semences oléagineuses, légumineuses et autres, que dans les terrains légers, naturellement très-fertiles, en des climats chauds et favorables à la culture.

Ce labour est d'autant plus imparfait qu’outre qu'il est trop peu profond, il ne déplace qu’une partie de la terre et ne retourne pas celle qu'il remue (2).

(1) J’engage le lecteur à recourir à ce qui a été dit des charrues, page 448 et suivantes du premier volume. Il trouvera , dans le même chapitre, quelques détails sur les outils employés aux divers labours.

(2) On voit qu'il n’est ici question que des araires auxquelles on n’a pasadapté d'oreilles ou de versoirs; les autres produisent un travail moins imparfait. L’araire belge, perfectionnée par M. de Dombasle, doit être considérée comme l’une de nos meilleures charrues, (O. L.)

Labour à la charrue à versoir fixe. Cette charrue, qui est celle des anciens Gaulois, et toutes les charrues à oreilles immobiles qui ont été adoptées depuis, sont employées dans diverses parties du nord et du centre de l’Europe.

Pour en faire usage, on doit tracer d’abord un sillon sur l’un des bords de la pièce, dans le sens de sa longueur , comme on le fait avec l’araire; mais au lieu de commencer le second à côté du premier, il faut l'aller former parallèlement à celui-ci, en sens inverse, à l’autre extrémité du terrain à labourer : par ce moyen le troisième sillon se trouvera à côté du premier, et le quatrième à côté du second.

En général, les charrues à versoir fixe sont préférables aux autres dans les terres fortes, d’un travail difficile. Elles labourent plus profondément que l’araire, retournent convenablement et divisent la couche végétale; mais elies font perdre du temps au laboureur, qui, pour passer d’un sillon à l’autre , est obligé de parcourir des deux côtés, sans faire usage de la charrue, dont il relève le soc, tout le terrain non encore labouré.

Ce mode de labour a encore le désavantage de laisser un double sillon vide au milieu des pièces de terre.

Une oreille mobile adaptée alternativement à

TRAVAUX DE TERRASSE, ETC. 97 droite et à gauche de la charrue, remédie à cet inconvénient. > |

Labour à la charrue à roues inégales. On em:

ploie cette charrue, modifiée de diverses manières, dans beaucoup de pays bien cultivés, notamment en Belgique. La plus grande de ses roues parcourt le sillon, la plus petite roule sur le terre-plein.

On peut commencer par former un sillon au milieu de la pièce, les autres se creusent successivement à sa droite et à sa gauche. C’est ce qu’on appelle labourer à plat ou en planches. ( Voyez la neuvième section de ce chapitre. )

Quelquefois on divise le terrain dans sa longueur en bandes susceptibles de recevoir trois traits de charrue, l'un au milieu et les deux autres de chaque côté au premier, de manière à déverser sur celui-ci les terres remuées. Cela se nomme labourer ex ados. ( Voyez la treizième section de ce chapitre.)

Souvent on laboure les pièces en larges bandes, sur chacune desquelles on donne de sept à vingt et un traits de charrue, de manière à élever les terres en forme d’arcs de cercles séparés par des sillons permanens. C’est ainsi que se pratiquent les billons. { Voyez la onzième section de ce chapitre.)

Enfin , sur des billons de trente-deux pieds de

large et deux pieds et demi d’élévation à leur partie la plus bombée, on établit, en certains lieux, trois ou quatre autres petits billons, d’égale grandeur entre eux. Tels sont les labours er doubles billons.

Ces diverses méthodes ont chacune leurs avantages. On doit les suivre, pour la culture des céréales, dans les climats froids, pluvieux, et sur des terres fortes, tenaces et humides. De tels labours remuent la terre à une très-grande profondeur, et sont en général les meilleurs des labours à la charrue.

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