CHAUFFAGE DES ASPERGES
On peut chauffer les asperges de deux manières. Quelques cultivateurs établissent des couches sourdes recouvertes d'environ 0,081 à 0%,108 ( trois à quatre pouces ) de terre convenablement amendée, dans laquelle ils plantent de vieilles griffes sur le retour. Ils placent des chàssis, et recouvrent ensuite ces griffes de 0®,189 à 0,217 (sept à huit pouces) du même terreau ; puis ils forment , tout autour des couches, des réchauds de fumier chaud. (7'oy. PL. 46, fig. 5,A.)
Si l’on établit de semblables cultures des les mois de novembre ou de décembre on peut récolter des asperges pendant l'hiver. Les pieds ainsi chauffés donnent des produits peu savoureux et ne peuvent plus se reproduire les années suivantes.
D'autres jardiniers, pour obtenir des asperges de primeur, emploient un moyen plus simple:
ils plantent les griffes, et les cultivent pendant quelques années, à la manière ordinaire, par planches de 1”,299 ( quatre pieds ) de large. Quand ils veulent chauffer, ils placent des chàssis, et creusent entre ces planches, à la profondeur de 0",487 ou 0”,650 (dix-huit pouces ou deux pieds) des sentiers de 0”, 650 (deux pieds); ils les remplissent de fumier chaud bien foulé (Por. PL 46, fig. 5) etrenouvellent ces réchauds en tout ou en partie, si besoin est, lorsqu'ils s’aperçoivent que leur chaleur diminue trop:
Par ce moyen, si Fon a soin d'arrêter à temps la production, en remplaçant les réchauds de fumier par la terre qui a été primitivement enlevée des sentiers, et de ne chauffer la même planche que de deux années l’une, on peut conserver les pattes de six à dix et douze ans.
VINGT - TROISIÈME SECTION
CHAUSSAGE,.
Quelques cultivateurs nomment ainsi le travail qui a pour objèt de chausser ou de couvrir de terre les racines de plantes et d'arbres qui en sont dégarnies : cette opération pourrait être considérée comme une espèce de buttage momentané.
Sur les coteaux dont la pente est rapide on chausse périodiquement , chaque année, les racines des vignes mises à nu par les pluies d’orage , qui ont entrainé dans les vallons la terre qui les couvrait. Ce travail s'exécute avec la hotte dans les lieux escarpés ; il est pénible pour les ouvriers qui l'effectuent. On le pratique aussi pour les oliviers et beaucoup d'arbres fruitiers qui, se trouvant dans la même situation , éprouvent le même accident.
Lorsque les luzernières, les sainfoins et autres prairies artificielles paraissent languissans, on couvre leur sol privé d’humus de deux ou trois doigts de terre nouvelle : on emploie pour cela les curures des fossés , des étangs, les balayures des grands chemins, les déblais de vieilles prairies, etc., etc. Cette manière de chausser se nomme ordinairement terrer.
On chausse les plantes dont les racines se rapprochent peu-à-peu de la surface du sol, telles que les safrans , qui montent annuellement de 0",014 (six lignes ); les asperges surtout, dont les nouvelles pattes croissent sur les anciennes, et s'élèvent de 0",054 ( deux pouces ) au-dessus d'elles ; 1l faut donc charger chaque année les fosses où elles sont plantées de trois ou quatre doigts de terre neuve, riche en humus.
Le terreau de bruyère employé en jardinage
perd en peu d’années les parties nutritives qu'il contient , par suite de la végétation qui les détruit, ou des arrosemens qui les entraïnent audessous de la portée des racines. Il convient de chausser annuellement, au premier printemps, de l'épaisseur d'environ trois doigts, les arbustes qui vivent dans les planches qui en sont remplies. On emploie pour cela de nouveau terreau de bruyère bien divisé et séparé des pierres qu'il renferme.
On chausse aussi , dans les jardins, les racines d'arbres cultivés dans des caisses ou dans degrands pots, lorsqu'elles ont été découvertes par l'effet des arrosemens.
VINGT-QUATRIÈME SECTION
DÉCHAUSSAGE.
On a coutume, dans plusieurs pays méridionaux, de découvrir les racines supérieures de la vigne, à l'automne, pour les laisser exposées à l'air pendant l'hiver, afin de donner de la vigueur au collet de ces racines et de leur faire pousser des bourgeons bien constitués. Ce travail est appelé déchaussage (1), par la même raison qu'on appelle le précédent chaussage.
(r) En Maine-et-Loire on déchausse les vignes en février :
Où le pratique, en beaucoup de circonstances, à la campagne , dans les vergers et dans les jardins. Si l’on veut déchausser des arbres tels que des oliviers, des figuiers , etc., on creuse circulairement autour de leur tige et jusqu'aux premières racines une fosse de 0° ,650 à 1,624 (deux à cinq pieds) de circonférence, pour y mettre des graines de lupin, du marc d'olives, de raisins, ou des branchages dé buis, de cistes et autres arbustes, propres à fournir un engrais qui active la végétation de ces arbres; ensuite on recouvre ces matières avec la terre sortie de la fouille. Ce travail s'effectue à l'automne, pendant l'hiver, et jusqu’au premier printemps.
D’autres fois on déchausse les racines d’arbres malades de la jaunisse pour leur donner des engrais liquides , nommés bouillons par quelques cultivateurs, d’après Roger-Schabol. Cet engrais est composé d’un kilolitre d’eau de pluie, de trois seaux de bouse de vache fraîche, d’un demiseau de fumier de mouton, d’un quart de colombine et d’un autre quart de poudrette. Toutes ces matières ayant séjourné ensemble dans le
on les chausse dans le courant de mai. Cette opération a surtout pour but de détruire les mauvaises herbes et d’empêcher le terrain de devenir imperméable aux météores
atmosphériques. (O. L.)
même vase , à l'exposition du soleil , et ayant été remuées à plusieurs reprises pendant trois jours, se versent de quarante - huit en quarante - huit heures, par seaux, sur les racines découvertes des arbres. Lorsque la partie liquide est épuisée, on répand le résidu qui se trouve au fond du vase, à nu, sur les racines, qu’on recouvre ensuite de terre. Lorsque la jaunisse n’est causée que par l’appauvrissement des sucs nutritifs du terrain, ce remède est d’une prompte efficacité. Enfin on déchausse les racines d’arbres dont les fleurs, trop hâtives, sont presque tous les ans détruites par les gelées tardives. On remplace la terre par de la neige ou par des glaçons, à l'effet de retarder la végétation; et après avoir mis de la paille sur ces eaux glacées, on couvre celle-ci de 0” 108 à 0",135 (quatre à cinq pouces) de terre du sol. Cette pratique, d’une maind'œuvre assez coûteuse, ne produit que peu ou
point d'effet (1).
(1) Ce n’est pas la température du milieu dans lequel se trouvent les racines, mais bien la chaleur plus ou moins grande de la zone d’air qui enveloppe les tiges qui peut accélérer ou retarder le moment de la végétation. Lorsque la chaleur fait développer les gemma, les bourgeoris qu’ils produisent attirent la sève avec abondance , quel que soit le froid qu’éprouve le pied. Les expériences de Duhamel constatent ce fait; elles ont été long-temps répétées sur des vignes dans les serres chaudes du Muséum.
VINGT -CINQUIÈME SECTION