VINGT - NEUVIÈME SECTION
BALAY AGE.
Balayer, c’est ramasser avec les balais différentes matières, étrangères aux lieux où elles se trouvent, et qui y occasionnent de la malpropreté.
En jardinage, on balaie les cours, les allées de
jardin et les serres, pour y maintenir la propreté et empêcher les dégradations.
- Les balayages des cours, des terrasses pavées, des serres à légumes et autres lieux du ressort du jardinage, s’opèrent avec des balais de différentes sortes. Dans le centre et tout le nord de la France, on emploie pour les faire le bouleau, les genêts, les bruyères, l’ajonc, le fragon , etc. Dans le midi du même pays, on fait usage de diverses espèces de cistes, de spartium, de buis et autres arbres et arbustes , qui abondent dans les départemens méridionaux.
Pour maintenir la propreté dans les serres, on emploie le plus ordinairement des balais de crin, afin de ne pas occasionner une poussière, qui, s’attachant aux feuilles des plantes quelles renferment, les salit, en obstrue les pores, les fait tomber et prive ces végétaux de l'usage de leurs organes sécrétoires et aspiratoires.
Les feuilles qui tombent des arbres qui bordent les allées se balaïent avec des ramons, sorte de longs balais faits avec des rameaux de beaucoup de sortes d'arbres communs, et plus particulièrement des tontures d’ormilles. Afin de n’occasionner que le moins possible de poussière, il faut choisir, pour balayer, un temps calme et une journée pendant laquelle le sol est un peu humide.
Dans les lieux fermés, les balayages doivent
TRAVAUX DE TERRASSE, ETC. 163 être, pour la même raison, précédés d’un léger bassinage du sol.
Quant au balayage des feuilles des allées, on doit l’effectuer le matin , autant que cela est possible, parce qu’alors , amollies par la fraicheur ou la rosée de la nuit, elles se ramassent plus facilement en tas, et occupent moins de place.
Beaucoup de jardiniers , afin de se débarrasser plus promptement des feuilles ramassées en tas, les brülent sur place ; mais ils occasionnent une fumée, qui, se répandant au loin, est incommode pour les hommes et nuisible aux végétaux : ils se privent d’ailleurs d’une ressource qui n’est point à négliger dans toute espèce de jardins.
Les feuilles sèches peuvent servir de litière aux animaux de basse-cour, et, mélangées avec leurs excrémens, elles produisent un bon engrais.
Amoncelées sur des racines de plantes délicates , elles les défendent des rigueurs des gelées, qui les font souvent périr; enfin, réduites en terreau, elles entrent dans la composition des terres propres à la culture de végétaux étrangers cultivés dans des vases.
TRENTIÈME SECTION
ÉMOUSSAGE.
L'émoussage a pour objet de détruire les mousses, qui nuisent à différentes espèces de cultures.
Diverses espèces des genres sphagnum, polytrichum , bryum, jungermania, hypnum, ete., croissent assez abondamment dans les prairies, surtout dans celles qui sont marécageuses et humides. D’autres espèces des mêmes genres se multiplient dans les gazons et sur les racines des arbustes d'ornement. Ces plantes, absorbant une grande partie de l'humidité de la terre, de Pair et de l’humus du sol, en privent les végétaux cultivés, les font languir et souvent périr d’épuisement. Il en résulte une perte considérable de fourrage dans les prairies, et des vides désagréables dans diverses parties des pièces de gazon consacrées à l’ornement des jardins.
On emploie plusieurs moyens pour remédier à ces inconvéniens.
Le premier est de répandre de la cendre non lessivée de plantes diverses, et, mieux encore, de bois non fiotté sur les prairies infestées de mousse. Ce travail se fait au premier printemps, à l’époque où les herbages commencént à pousser. On répand cette cendre à la main de la même maniere et de la même épaisseur qu’on sème le lin dans un champ.
Le second procédé consiste à répandre aussi à la main, mais dans une proportion de moitié moindre, de la chaux vive en poudre. On choisit une Journée calme , qui annonce une pluie pro-
TRAVAUX DE- TERRASSE, ETC. 165 chaine ; on doit préférer l’époque du printemps ou de l'automne, lorsque les herbages sont trèscourts. |
Ces deux moyens sont en usage dans différens pays pour les prés naturels.
Dans les jardins, pour les grandes pièces de gazon , on se contente de donner, à la fin de l’hiver, deux ou quatre hersages croisés, au moyen de la herse de fer. Ce travail arrache la mousse entre les racines des herbages. On la ramasse par tas, et on la brüle lorsqu'elle est sèche, ou l'on s’en sert à différens usages. On peut l’employer pour les emballages, pour couvrir des cultures , calfeutrer, et faire des poupées de greffes.
Lorsque les pièces ont peu d’étendue on emploie le räteau.à dents de fer, immédiatement après avoir fauché le gazon. Un tel émoussage doit ètre suivi d’un ou de plusieurs arrosemens copieux.
N'est-il question que d’enlever les mousses qui croissent sur les racines ou sur les troncs des arbres et arbustes dans les bosquets? Les émoussoirs, les ratissoires à main ou les planes remplissent cette destination. C’est dans la morte saison qu'on fait ce travail, qui peut être effectué par des enfans et des vieillards.
Si l'on amoncelle la mousse pour en faire du
fumier, ce qui produit un humus très-propre à la fertilisation des terres, il est indispensable de hâter sa décomposition par de la chaux vive, pour la désorganiser, faire périr les œufs et les larves d'insectes qu’elle recèle en grande quanüté et les semences qui s’y trouvent mélées. Sans cette précaution, on porterait sur les terres les germes d’un grand nombre d'êtres nuisibles aux végétaux cultivés. j