‹ Cours de culture et de naturalisation des végétauxChapitre 78 sur 135 · AUBINER, OU METTRE EN JAUGE · texte numérisé non relu

AUBINER, OU METTRE EN JAUGE

C’est couvrir les racines d’arbres nouvellement déplantés, pour empêcher qu’elles ne s’altèrent à la lumière, à l'air, au hâle et à la gelée, en attendant qu'on puisse les planter à demeure. C’est terrer, enterrer ou mettre en jauge.

Le plus souvent les pépiniéristes se contentent de placer en tas les arbres qu'ils déplantent ; ils couvrent de litière leurs racines.

D’autres, plus soigneux, les couvrent de terre ou les mettent en jauge jusqu’à l'époque du départ de leurs envois : alors ils les emballent par

paquets, avec de la mousse fraîche autour des racines et de la paille longue autour des tiges et des branches, pour les empêcher d’être écorchées ou meurtries pendant le voyage.

Dès que les végétaux sont arrivés à leur destination , après un voyage plus ou moins long, le premier soin du jardinier doit être de les déballer et de les mettre en place : si les trous destinés à les recevoir n’ont pas été faits d'avance, il faut provisoirement terrer les racines.

Plusieurs cultivateurs, afin d’avoir plus tôt fait, sans délier les paquets , se contentent de faire un creux, d'y placer les arbres et de jeter un peu de terre; ce qui n'empêche pas l'air et la gelée de pénétrer jusqu'aux racines, de les détériorer et souvent de les faire périr; celles des ormes champêtres, des marronniers d'Inde et des arbres résineux surtout, gelent par un froid moindre de trois degrés.

Les jardiniers intelligens placent leurs arbres en jauges assez profondes pour recevoir les racines dans toute leur étendue ; ils les couvrent de 0”,081 à 0°,108 (trois à quatre pouces) de terre meuble, et si les froids augmentent, ils ajoutent encore une couche peu épaisse de vieux fumier et de litière. Cette pratique ne laisse rien à désirer pour la conservation des arbres.

Au reste, les jauges de plantations sont de deux

TRAVAUX DE TERRASSE, ETC. 177 sortes; pour ne pas me répéter, je renvoie à la dixième section de ce même chapitre.

TRENTE - CINQUIÈME SECTION

EFFEUILLAGE.

Quand les colons de Bourbon ont un arbre fruitier, tel que l’oranger, le manguier, qui paraît vigoureux et pourtant ne fructifie pas, ils le font battre avec des gaules, et il arrive que cet arbre porte ensuite du fruit; ce succès n’est dù qu’à la déStruction des feuilles et des petites branches rompues par les coups de gaule.

En diminuant les organes aspiratoires et sécrétoires, on diminue la quantité de sève descendante, et par conséquent la vigueur des arbres.

On effeuille les pêchers atteints de la maladie qu’on nomme /a cloque, et qui est le résultat fàcheux des pluies froides qui surviennent parfois intempestivement au printemps. Une telle Opération a plutôt pour but l'agrément que l'utilité; les feuilles cloquées tomberaient d’elles-mêmes, mais elles fatigueraient long-temps la vue d’un cultivateur soigneux.

On effeuille avec raison la vigne dans les chmats froids et humides, pour faire muürir les raisins. Cette pratique est vicieuse dans les localités chaudes et sèches. |

Lorsqu'on transplante un arbre à l'époque du commencement ou de la fin de la sève, on l’effeuille pour mieux assurer sa reprise.

Enfin on effeuille, dans le midi, les müriers, pour procurer de la nourriture aux vers à soie, et dans presque toute la France, les frènes, les ormes, les peupliers, les chènes, etc., pour fournir du fourrage aux bestiaux. L'effet de cette opération est souvent de faire périr les branches; la serpette ou la serpe est, dans ce cas, le seul reméde.

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