I. PLANTATION DES SEMIS DE VÉGÉTAUX HERBACÉS, OU REPIQUAGES
1°. Des plantes annuelles. On appelle repiquage la transplantation de jeunes individus de plantes herbacées, venues de semis.
Dans la campagne, on emploie ce repiquage à l'automne ou au printemps, pour les gros légumes, les colzas, les tabacs, les chardons à bonnetier et plusieurs autres plantes économiques. |
En Angleterre, on repique le blé; cette excellente pratique n’est cependant pas générale, faute de bras. Le repiquage des plantes annuelles est fort en usage dans les potagers et les jardins d'agrément; il peut se faire toute l’année, si l’on a la précaution d'éviter les temps de sécheresse extrême et de grandes pluies.
Ces sortes de plantations s’établissent sur des
DES PLANTATIONS. 215 terrains amendés , nouvellement labourés ; on les exécute en échiquier, ordinairement à la distance de onze à vingt-sept centimètres ( quatre à dix pouces environ ), plus ou moins, selon les dimensions que doivent acquérir les plantes. On emploie le plantoir ordinaire : la seule précaution à prendre est de rogner un peu les racines, pour déterminer la croissance de nouveau chevelu.
Cette opération augmente la vigueur de la végétation.
Les plantes une fois placées chacune dans l’auget qui lui a été préparé, il faut consolider la terre autour de leurs racines, sans pourtant la tasser outre mesure, et donner, pendant les premiers jours, de légers et fréquens arrosemens.
Les repiquages du jeune plant des végétaux annuels des tropiques et de la zone torride se font dans des pots, que lon place sur des couches et sous des châssis qu’on a soin d’ombrager des rayons du soleil jusqu’à leur parfaite reprise. L'opération est, à cela pres, exactement la même que pour les végétaux de nos climats, dont”je viens de parler. L'ARÈ
2°. Des plantes vivaces. Le repiquage des plantes vivaces herbacées ne diffère que très-peu de celui des plantes annuelles : les racines sont taillées de la même manière lorsqu'elles ne sont que fibreuses ; on les plante également par carrés
ou par planches, seulement les distances auxquelles il convient de les placer sont généralement plus considérables. Les unes, telles que les diverses espèces de rhubarbes, les sylphium , les hélianthes et autres grandes plantes, doivent être placées à un mètre les unes des autres ; tandis que deux décimètres (plus de sept pouces) suffisent aux plus petites, et un demimètre, plus ou moins, à celles d’un volume intermédiaire : c'est au cultivateur à connaître la croissance des plantes, afin de pouvoir proportionner l'étendue de terrain qu’il leur accorde à la place qu’elles devront occuper.
Ces végétaux exigent aussj un terrain plus profond et plus substantiel que celui qui convient aux plantes annuelles.
Si deux ou trois décimètres (sept à onze pouces) de profondeur suffisent ordinairement pour celles-ci , il en faut au moins le double pour les végétaux vivaces, tels que la mandragore, quelques espèces de rhubarbes , de berces, de férules etautres, dont les racines s’enfoncent à plus d’un mètre ; et comme ces racines sont en général plus fortes et plus charnues, il est utile qu’elles soient plantées dans une terre plus tenace et plus ferme
que les plantes annuelles, qui ont pour l’ordinuire un chevelu tendre et délié.