‹ Cours de culture et de naturalisation des végétauxChapitre 94 sur 135 · PLANTATIONS DANS DES V'ASES · texte numérisé non relu

PLANTATIONS DANS DES V'ASES

$ I. EMPOTAGES ET REMPOTAGES.

Empoter, c'est planter un végétal dans un pot; le rempoter , c’est le changer de pot.

Les ermnpotages et les rempotages sont employés en jardinage pour la culture des végétaux étrangers des climats chauds ; dans les pépinières, pour celle d'arbres et arbustes d’une difficile reprise à la transplantation. Ils donnent aussi le moyen de planter des arbustes et des arbres dans toutes les saisons de l’année.

On rempote une plante lorsque son pot étant devenu trop petit, les racines ne peuvent plus y être contenues; elles sortent alors par les fentes ou les trous du bas pour chercher leur nourriture dans le sol environnant, parce que la terre , appauvrie , ne fournit plus de parties ñutritives au végétal; ce que l’on reconnait à la petitesse des feuilles, à la teinte jaunâtre que prend leur verdure, et surtout à la facilité avec laquelle elles se fanent à l'apparition du soleil.

Lorsqu'on repique des plants de jeunes végétaux des climats chauds, on les met dans des pots de la plus petite taille, qu’on nomme pots à ba-

DES PLANTATIONS. 255 silics. Cette pratique a encore plus pour objet la santé des végétaux que l’économie de la place, quelque précieuse qu'elle soit dans Jes serres chaudes. Effectivement , si l’on met de très-petites plantes du premier àge dans de grands pots, l'humidité, qui séjourne trop long-temps dans la masse de la terre, nuit sensiblement à leurs racines. On pourrait, à la vérité, régler la quantité d'humidité qui convient à chacune des différentes espèces, soit en augmentant ou diminuant les arrosemens , Soit encore en exposant au contact imimédiat de l'air ou en abritant à propos ces mêmes plantes; mais comme on est souvent forcé de s'en rapporter à des ouvriers peu intelligens, qui ne savent que remplir d’eau les vases, et qui arrosent indistinctement tous les pots, il en résulte que les unes sont noyées, tandis que les autres pâtissent. C’est pour remédier en partie à cet inconvénient qu’on a imaginé de proportionner les pots à l’âge et à la vigueur des végétaux, Quoi qu'il en soit, lorsqu'on s'est apercu qu'une plante a besoin d’être rempotée, on procède comme il suit à cette opération. On commence par couper avec la serpette les racines sorties du pot; on dépote ensuite la plante sans craindre que la terre quitte les racines, parce que celles-ci l'enveloppent si exactement par un réseau de chevelu qui se corn-

tourne autour des parois intérieures du vase, qu'il ne peut s'en détacher qu’une trés-petite portion; on renverse le vase , on place sa motte sur son fond, puis avec un couteau à rempoter on coupe à un quart de pouce, un demi-pouce, un pouce même et quelquefois deux pouces d’épaisseur, et dans toute sa circonférence, la terre et le réseau des racines dont je viens de parler. Il faut avoir soin que le couteau dont on se sert pour cette opération soit bien tranchant, afin qu'il coupe les racines sans les morceler, et qu’il ne fasse pas ébouler la terre qui recouvre celles du centre. Après cela, on choisit un pot plus grand que celui dont on a tiré la plante; on place sur les trous ou les fentes de son fond des tessons de poterie, une coquille d’huitre, ou de menus plâtras, sur lesquels on étend un lit de terre à rempoter plus où moins épais, suivant le volume de la motte et la grandeur du vase. On place ensuite la plante, et on la garnit de terre tout autour : cette terre neuve doit être comprimée , afin qu’il ne reste aucun vide. L'opération étant ainsi faite, on place le pot sur le sol bien horizontalement, et on l’arrose avec le petit arrosoir à pomme, à plusieurs reprises chaque jour, pendant les huit ou dix premieres journées du rempotage.

Les plantes souffrent d’abord; leurs feuilles

DES PLANTATIONS. 267 se fanent et jaunissent ; il en est plusieurs qui tombent ; mais, en soutenant les arrosemens à elles reprennent bientôt leur vigueur, et n’en poussent que plus rapidement. En général , il faut avoir la précaution, lors des rempotages, de ne couper et de ne blesser même aucune des grosses racines ; il est des végétaux , comme ceux de la famille des palmiers, auxquels il ne faut pas même couper le chevelu. On rempote toute l'année, au fur-et à mesure que les plantes témoignent en avoir besoin, et ce doit être la meilleure manière; mais dans les grands jardins et surtout dans ceux de botanique, où la quantité de pots est considérable, on fait cette Opération au printemps ou à l'automne. Le printemps doit être préféré à tous égards , parce qu’à cette époque les plantes entrent en végétation, et que la chaleur qui survient ensuite contribue à leur prompt rétablissement; tandis qu’à l'automne, au contraire, les végétaux étrangers sont en pleine végétation, les nuits sont fraîches, et la chaleur diminuant, les rempotages fatisuent plus long-temps les plantes. Quelques-unes périssent des suites de cette opération, si elle est faite pendant l'hiver.

Page 1