‹ Cours de danse fin de siècleChapitre 10 sur 13 · LE PORT D'ARMES · texte numérisé non relu

LE PORT D'ARMES

e la guitare au port clarines, il n'y a plus que la distance de quelques degrés.

Décrire avec la jambe un angle très aigu, au lieu d'un angle obtus ; fermer le compas entr'ouvert. C'est une question de pratique et de mise au point, non plus d'éducation. Pour prendre la position du port d'armes, la jambe se jette en avant, francbement, aussi haut que possible comme dans la série. C'est à la main du même côté de la saisir au vol à hauteur du mollet et de la fixer droite à l'épaule. De la vivacité, de la précision, un équilibre ferme, et le tour est joue. Là on reste immobile, le regard direct, comme le tourlourou en parade, ce qui n'exclut pas les fascinations de la prunelle, ni les invites du sourire. A ce moment, le poingcampé sur la hanche, la danseuse tient réellement son assistance suspendue à sa cheville. Et la perfection est

atteinte si les jupons, savamment maintenus le long de la jambe dressée, au lieu de tout découvrir, glissent un nuage sur le déshabillé du pantalon à peine entrevu.

Le fin du fin de la pudeur de Montmartre !

Là-dessus quelques variantes. Telles que le passage du port d'armes à la guitare et vice- versa.

Si la femme est au port d'armes, elle fait face au spectateur. Pour passer à la guitare, elle laisse simplement retomber sa jambe dans la main opposée, et campe la main qui venait de la soutenir sur sa hanche. En même temps, en pivotant d'un quart de tour sur le talon posé à terre, elle se trouve de profil tout en gardant la tête tournée vers le public.

Si, au contraire, elle veut passer de la guitare au port d'armes, elle relève vivement sa jambe en changeant de main, pivote en sens inverse sur le talon, et se trouve ainsi de face, dans la position régulière.

Une seule difficulté : le maintien de l'équilibre.

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