‹ Cours de droit administratif contenant l'exposé et le commentaire de la législation administrative dans son dernier état avec la reproduction des principaux textes, dans un ordre méthodique (Tome premier) (volume 3)Chapitre 223 sur 709 · JUSTICE RETENUE AVANT · texte numérisé non relu

JUSTICE RETENUE AVANT

dant la première période , de 8,849 , et pendant la seconde de 5,786 affaires.

269. Dans la législation de 1852 (Constitution art. 50; D. org. 25 juin 1852, art. ler£ 2 et 24), le conseil d’État délibérant au contentieux ne rendait pas par lui-même les jugements; il les préparait , et ceux-ci n’avaient de force que par la volonté et la signature du chef de l’État : c’étaient des décrets rendus au contentieux. En fait, les projets proposés par le conseil d’État devenaient toujours les décrets, ce qui suffisait pour justifier la dénomination d ’ arrêts que leur appliquait un usage constant et unanime , auquel se sont conformés les auteurs du Recueil des arrêts du conseil , fondé dès 1821 par Macarel ’. Mais, en droit, le décret pouvait n’être pas conforme à l’avis du conseil d’État , qui n’avait pas de pouvoir propre ; légalement , ce n’était pas lui qui jugeait et statuait; il ne faisait que préparer l’exercice de la justice retenue par le pouvoir exécutif. Il en était autrement du conseil d’État de 1 848 ; mais le principe de 1852 était conforme à la tradition des Monarchies constitutionnelles de 1830 et de 1 81 4 , du premier Empire et, quoique le contraire ait été allégué, du Consulat.

11 faut reconnaître que , dans la pratique, cette règle se réduisait à une pure théorie ; et puisque l’intervention du chef de l’État ne s’exerçait que par l’apposition, toujours accordée , de sa signature sur le projet de décret préparé par le conseil d’État , il était exact de dire que ce grand corps était juge du contentieux, et qu’il était bien réellement un tribunal administratif.

Toutefois , s’il est sans exemple que le pouvoir exécutif ait usé de son droit de rendre un décret contraire au projet du conseil d’État , on a vu dans deux affaires le gouvernement en user pour

1 Ce recueil (continué après Lebon par M. Hallays-Dabot) paraît par livraisons , et forme , chaque année , un volume contenant tous les arrêts rendus dans l’année i>ar l’assemblée du conseil d’État délibérant au contentieux et la section du contentieux; tous les arrêts du conseil , cités dans le cours de notre ouvrage, se trouvent, à leurs dates , dans ce recueil. — Chaque volume contient, en outre, quatre suppléments comprenant le3 décrets rendus dans l’année en certaines matières non contentieuses, sous les rubriques suivantes : 1er supplément , Autorisations de plaider aux communes et autres personnes morales (décrets préparés par la section de l’intérieur, justice, instruction publique); 2e supplément , Appels comme d'abus (décrets préparés par l’assemblée générale); 3e supplément , Prises maritimes et terrestres (assemblée générale); 4e supplément (jusqu’au 4 septembre 1870), Mises en jugement des agents du gouvernement.

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