ÉTABLISSEMENTS PUBLICS DE PRÉVOYANCE
2455. Rôle de l'État ea matière de prévoyance.
2456. a) Caisse nationale des retraites pour la vieillesse,
2457. b et c) Caisses d'assurance en cas de décès et en cas d'acciden /-«.
2458. d) Caisse nationale d'épargne.
2^59. e) Comités des habitations à bon moj'ché,
2160. f} Caisse des dépôts et consignations ;^bseaee de personnalité cinle.
ROLE DE l'État en matière de prévoyance 553
2io5. La prévoyance est le conipléraent naturel de l'assistance. Tontes les deux tendent au môme but, qui est de protéger Tindividu contre les atteintes de la misère et d'assurer sa subsistance dans les périodes difficiles de la vie. Mais la prévoyance possède sur l'assistance une incontestable supériorité. En prévenant le mal, elle dispense de recourir au remède.ElIeévitela misère que Tassistance ne fait que soulager. En outre, elle exerce une influence moralisatrice qui n'appartient pas à la bienfaisance. Par cela seul qu'elle réclame de Thomme un sacrifice volontairement consenti, elle réveille son énergie et relève sa dignité. Tandis que l'assisté s'en remet à la société du soin de le secourir, le prévoyant doit à lui-même les réserves dans lesquelles il puise. Ce n'est pas sans raison que l'Angleterre a qualifié de « maisons de salut », saving banks^ les établissements d'épargne où le travailleur met en dépôt ses économies. Celui qui s'efforce d'épargner pour Tavenir échappe presque toujours à l'action déprimante ou aux excitations malsaines de la misère.
11 est donc rationnel que l'Etat apporte son concours aux œuvres dont le but est d'encourager la prévoyance. Si son interveution n'est plus, comme en matière d'assistance, commandée par un devoir rigoureux, elle est au moins dictée par l'intérêt bien entendu, car protéger l'épargne n'est pas seulement faire une bonne action, c'est encore faire une bonne affaire. L'œuvre de prévoyance est toujours moins coûteuse que l'œuvre d'assistance» puisque le prévoyant en fait en grande partie les frais. A mesure qu'augmente le nombre des prévoyants, par là même diminue celui des assistés, dont tout le poids retombe à la charge des sociétés. De plus il faut reconnaître que, parmi les moyens destinés à combattre le paupérisme, cette lèpre inquiétante des sociétés modernes, il n'y en a pas de plus efficace que celui qui consiste à développer dans les classes populaires l'esprit de prévoyance et d'épargne.
Telles sont les raisons qui expliquent le magnifique développement des institutions publiques ou privées de prévoyance dans le cours de ces dernières années, et qui justifient l'intervention de l'Etat en cette matière. Cette intervention ne doit pas d'ailleurs,