Suprà, p. 173 et suiv. U
peut arguer do cette nullité et la faire constater : il y a là une nullité radicale et absolue, qui peut être invoquée en tout temps par tous les intéressés*. Nous avons établi déjà qu'il n'y a pas de nullités de droit en matière de mariage, qu'il n'y a que des causes de nullité ; Targumentation ne tient pas et la conséquence n'est pas démontrée.
Alors reparaît la question posée : par qui et pendant combien de temps la nullité peut-elle être invoquée? La Cour de cassation a décidé que c'est une nullité relative, qui ne peut être invoquée que par Tépoux lui-même, dans les termes de Tarticle 181. L'arrêt du 9 novembre 1887 -, qui statue en ce sens, a rejeté le pourvoi formé contre un arrêt de Bordeaux, en date du 24 juin 1884, le même quia été signalé comme écartant avec la plus grande précision la doctrine des nullités de plein droit. 11 s'agissait d'un mariage contracté par une personne reconnue plus tard avoir été en état de démence de fait au moment de la célébration. Des intérêts pécuftiaires, subordonnés à la validité du mariage, surgirent ; les intéressés attaquèrent le mariage. La question se posait de savoir si tous les intéressés étaient recevables à agir, comme dans les cas prévus aux articles 184 et 191 . L'absence d'une condition substantielle paraît bien ouvrir une action à tout le monde. Plusieurs arrêts l'avaient admis ' ; la Cour de Bordeaux se prononça en sens contraire le 24 juin 1884*. L'arrêt discute et réfute le système qui considère l'absence du consentement par suite de démence comme rendant le mariage nul et la nullité comme pouvant être invoquée par tous les intéressés ; il assimile l'absence du consentement aux vices du consentement et décide en conséquence que l'action en nullité peut être exercée seulement parles personnes spécifiées à l'article 181. Un pourvoi ayant été formé, la Chambre des requêtes l'admit, ce qui implique qu'elle repoussait le système de la Cour de Bordeaux «. La Chambre civile l'a rejeté le 9 novembre 1887 % confirmant
1. Aubry et Rau, V, p. 10, — Demolombe, Du mariage, î, p. 378 etsiiiv., — Laurent, Principes, H, p. ôOèet suiv.