II
la fortune, etc. Où n'irait-on pas? Il faut que les intéressés se garent eux-mômes. De là la règle qui avait cours jadis, qui reste un proverbe et qu'on applique encore sans le dire aussi crûment : « En mariage, il trompe qui peut ^ » Cela veut dire que le dol ne suffit pas à vicier le consentement, qu'il n est pas un vice du consentement quant au mariage. Sous peine de trop ouvrir la porte, on a pris le parti de la laisser fermée tout à fait.
Il y a cependant des cas bien graves ; la pratique en a révélé de singulièrement frappants.
a) Une femme simule une grossesse pour obtenir de son séducteur ou de celui qu'elle a séduit elle-même qu'il l'épouse. Le mariage a lieu, puis la supercherie se découvre. Le mariage est-il annulable? Non. Il y a eu dol caractérisé; mais le dol, qui est un vice du consentement en général, n'en est pas un en. matière de mariage.
j3) La question s'est posée à propos de la séduction. Estelle une cause de nullité? Non, en principe, à moins toutefois qu'elle n'ait eu une telle intensité qu'il soit établi qu'elle a vraiment troublé l'esprit, comme la démence, auquel cas elle ne constituerait plus un vice du consentement, mais une absence de consentement.
Toujours est-il que le dol n'est pas par lui-même une cause de nullité du mariage. Des trois vices du consentement énoncés par l'article H09, le second n'a pas d'application en matière de mariage.
c) L'erreur. — Les règles du droit commun à cet égard sont écrites dans l'article 1110 ; l'article 180 alinéa 2 en étend l'application au mariage, mais il limite les cas où l'erreur vicie suffisamment le consentement pour être une cause de nullité : « Lorsqu'il y a eu erreur dans la personne, le nia- « riage ne peut être attaqué que par celui des deux époux « qui a été induit en erreur. » Erreur dans la personne ; voilà quatre mots qui ont défrayé bien des plaidoiries. Que faut-il entendre par là ?
Au sens courant, l'erreur dans la personne est celle qui consiste à prendre une personne pour une autre *. En général, l'erreur sur la personne avec qui l'on contracte ne vicie