Cf. Cass. 25 janv. 1839 (P. 39, I, 79. D. 39, I,.l
2. Voir Legrand du Saule, Traité de médecine légale (Paria, 1874, p. 551 et n.) ; La folie decanf les tribunaux (Paris, 1864) ; Bail. Leçons sur les maladies mentales (Paris, 1890) ; Maudsley, Le crime et la folie (Paris, Alcan, 1891) ; KratU-Ebing, Trattato di psioologia forense (traduz. ital. Torino, Bocca. 1897), p. 78 et ss., 112 et ss. ; (traduction française par le D' Rémond, professeur de médecine mentale à la Faculté de Médecine de Toulouse). Dalleraagne, Pathologie de la volonté et la volonté dans ses rapports avec la responsabilité.
facultés mentales, se subdivise à son tour en idiotie et imbécillité stricto sensu. — L'idiotie est le défaut congénital du développement de ces facultés. \j imbécillité stricto sensu est un arrêt dans ce développement.
La folie est une perturbation des facultés mentales arrivées à leur complet développement. Elle se divise en démence et manie. — La démence est un atfaiblissement des facultés mentales, surtout de la volonté, et ressemble à l'imbécillité, mais en ditTère en ce qu'elle atteint ces facultés après leur complet développement. — La inanie est une surexcitation des facultés intellectuelles et affectives (des sens), avec délire, hallucinations (croyance à des sensations inexistantes de l'ouïe, de la vue, etc.), illusions (fausse appréciation de sensations réelles), qu'elle soit générale (polymanie) ou simplement partielle {monomanie) : par exemple, la monomanie de la persécution. — Enfin une monomanie peut encore se produire sans délire, sans signe extérieur la faisant apparaître, et consister, sous le nom de folie raisonnante ou instinctive, dans une idée fixe et dominante contre laquelle la réaction n'est pas possible.
L'altération des facultés mentales est fréquemment la cause d'infractions à la loi pénale de gravités différentes ou d'actes qui, sans être punis, intéressent la justice répressive, comme les fausses accusations, les fausses dénonciations. Elle est, chez celui qui en est affecté, une cause d'irresponsabilité, parce qu'elle atteint son intelligence, sa volonté ou sa personnalité et rentre dans la qualification large de démence employée par l'article 64 du Code pénal, ou fait bénéficier celui qui ne peut réagir contre ses impulsions morbides de l'autre cause d'irresponsabilité prévue par le même article, la force irrésistible. Il est nécessaire d'entrer dans quelques détails sur certains cas d'altération des facultés mentales, parce que le problême de la responsabilité est parfois délicat.
164. — Dégénérés inférieurs ^ — Cette première catégorie comprend les idiots et les imbéciles. Ces dégénérés inférieurs peuvent se diviser, au point de vue de leur vie sociale, en extra-sociaux, asociaux et anti-sociaux. Les extra-sociaux, composés des idiots profonds, des crétins, de tous les dégénérés les plus chargés de tares, n'intéressent pas le droit pénal ; ils sont incapables, par leur impuissance même, de toute action répréhensible ; non seulement ils sont dépourvus de tout caractère de sociabilité, mais il se trouvent même
1. Dallemagne, La volonté dans ses rapports avec la responsabilité pénale, p. 54 et ss. — Voir Ferri, les anormaux {Revue des revues, 15 février 1899, p. 369 et se.
dans l'impossibilité absolue de Hgurer dans la Société, par une incapacité radicale de se suffire à eux-mêmes ; ils traversent la Société sans même la soupçonner. Les asociaux n'ont guère une criminalité plus chargée; ils ne portent pas préjudice à la Société, ils lui sont simplement inutiles, encombrants, inadaptables. Les anti-sociaux, composés avant tout des imbéciles, des débiles et faibles d'esprit sont les criminels par excellence, adversaires nés de la collectivité, irréconciliables, élres malfaisants entraînés par une sorte de poussée instinctive. D'après un nombre considérable de savants aliénisles et psychiatres, les fous moraux constituent la catégorie des plus irréductibles et des plus dangereux de ces dégénérés anti-sociaux, caractérisée par le désordre localisé au sens moral et comprenant tous les individus inaptes à l'acquisition des notions de moralité, dont l'inlellect se trouve congénilalement dépourvu des qualités mentales nécessaires à l'intelligence des vérités morales '. L'existence de la folie morale, affirmée d'abord par Esquirol et Falret sous le nom de monomanie raiso7inante, par Prichard sous le nom de folie morale, par Trélat sous celui de folie lucide, a reçu une nouvelle confirmation par la théorie de la dégénérescence de Morel qui dislingue quatre degrés de dégénérés : 1° Thomme à idées fixes, excentrique, bizarre; 2" le fou moral ; 3° l'inférieur à intelligence courte et porté au mal; 4° l'idiot '^ Elle compte aujourd'hui un grand nombre de partisans ^ et Lombroso en a étendu le domaine jusqu'à confondre le fou moral avec le criminel né *.
Les caractères des crimes commis par ces dégénérés extra-sociaux et notamment par les fous moraux sont ainsi résumés parle D' Dallemagne : v Les crimes commis par les aliénés sont souvent multiples. Ils ne sont guère précédés de délibération ; ils sont sans cause ; ou s'il existe un motif, ce motif est disproportionné, il ne correspond guère à l'importance du crime. Ce crime s'accomplit souvent sans prévoyance manifeste ; il témoigne, dans les moyens comme dans l'exécution, d'un manque de proportions, de méthode, de logique; l'aliéné, le plus souvent, ne cherche guère à se cacher; il est dépourvu de remords et perd facilement le souvenirde l'acte commis...