C. — Névropathies
167. — a) Epilepsie. — L'épilepsie se manifeste par des crises convulsives avec perte de la conscience et du souvenir. L'irresponsabilité n'est pas douteuse pendant ces crises ; elle peut exister aussi dans l'intervalle à l'approche des accès précédés d'une période préparatoire crépusculaire {aura), dans laquelle l'excitation physique peut produire des impulsions irrésistibles^. Mais, à côté de cette epilepsie facilement reconnaissable à ces crises convulsives [grand tnal), la médecine légale reconnaît l'existence d'une epilepsie larvée, latente, longtemps méconnue, sans crises convulsives ni signes extérieurs, que l'on a encore appelée, pour cela, epilepsie psychique {petit mal)
L'inveraione sessuale {Homa, i897j; Sadismo, masochisnio e feticismo (Roma). Adde, Rapport du D"" de l\ode au Conjurés d'anthropol. crim. de Bruxelles en 1892 (Actes p. 107). — Pactet et Colin A. c, p. 34, 43, 44; Pitre et R.^gis l. c, 340 et S8. ; I)"" Emile Lauréat, l'amour morbide (Paris, 1895), Sadisme et Masochisme (Paris 1903). — Note sur un cas de Mazochisme (Archives ii'anthr. crim, 15 mars 08, p. 243.
1. Dallemagne, op. cit., p. 161 et 162 ; Magnan, L'obsession criminelle morbide (Actes du 3 Congrès d'anthr. crint. de Bruxelles, 1892, p. 153 et ss.) ; D' Emile Laurent, L'amour morbide (Paris, 1891). — Pactet et Colin, l. c, p. 34, 39, 133, 135, 142
2. Prias, Science pénale et droit positif, n»« 395, 396 et 404. p. 236 et ss., 243 et 244. — Voir sur la responsabilité limitée ou atténuée le rapport précité de M. Leredu à la Société générale des prisons et la discussion qui l'a suivi (Revue pénit., 1905, p. 43, 18G, 313). — L'étude des anormaux, est lacilitée aux Etats-Unis par une loi d.- l'Etat de New- York ordonuaat la création d'un laboratoire pour l'étude des criminels, des pauvres et des arriérés {Revue philanthr , 10 octobre 1904, p. 437».
3. Legrand du Saule, Traité de médecine légale, p. 52 et 53, et 730 et ss.
se traduisant par une annnésie, la perte de la conscience, un vertige psychique, qui pousse le malade à des actes délictueux de diverse nature ^ : homicides, actes de violeoce ou d'immoralité, incendies, vols, vagabondage ^, etc. Lombroso confond le criminel épileptique avec le fou moral et le criminel-né ^ et va jusqu'à prétendre relrouver l'épilepsie psychique dans l'homme de génie *. Sans insister sur cette dernière exagération depuis longtemps réfutée '■", et sur l'assimilation du criminel-né avec l'épileptique et le fou moral que nous avons déjà repoussée, il faut reconnaître l'existence de ces impulsions épileptiques irrésistibles et excluant toute responsabilité «.
168. — b) Hystérie. — L'hystérie, dont il est fréquemment question à notre époque et que l'on a, dans le public, à tort confondue avec la nymphomanie et la satyriasis, est un manque d'équilibre dans le système nerveux déterminant une altération des passions et des facultés alîeclives. Elle n'est pas en principe une cause d'irresponsabilité, car elle ne supprime pas le discernement et laisse généralement maîtresse d'elle-même et de ses actions la personne qui en est affectée. Elle intéresse cependant la législation criminelle par les délits qu'elle provoque : vols à l'étalage si fréquents dans les grands magasins, crimes passionnels, etc. etc. Le D"" 1-egrand du Saule, qui aconsacréà son étude un volume spécial (Les hystériques, Paris. Baillière, 1883), dislingue 4 degrés dans cette atlection, qui peut s'étendre depuis le simple ners^osisme jusqu'à la folie : \" degré: simple nervosisme se traduisant par des bizarreries de caractère; la responsabilité est entière (Cf,. p. 201 à 203, 483 à 485 ; 2'degré: besoin de faire parler de soi se manifestant par des simulations, des inventions, des dénonciations calomnieuses ou autres actes dorigina-
1. Legrand du Saule, op. cit., p. 737 et ss. ; Krafft-Ebing, op. cit., p. 269 à 306; traduct. franc., p. 299
2. Sur le vagabondage épileptique ou comitial (le mot comitial a son oirigine dans ce fait qu'on sus[>endait les comices à Rome quand un cas d'épilepsie s'y produisait), voir Le vagabondage pathologique, d'api'ès le D^ Pitres {Revue pénit., 1896, p. 547 et ss. et Revue des revues, l^r mai 1896 ; Lonibro'io. Il vagabonda nato (Le piu recenti scoperti ed applicazioni délia Psychiatria ed anthropologia criminnle, p. 122, Torino, Bocca, 1S93). - Pactet et Colin, l. c, p. 113 et ss. — Pitres et Régis, Les obsessions et les impulsion-^ (Paris, Doin, 1902), p. 333 et ss., 401 et ss).
3 Lombroso, L'Uomo delinquente (5^ ediz.), II, p. 70 à 204.
4. Lombroso, L'homme de génie (Paris, Alcan, 1889) et les «liverses observations présentées au (longrès d'anthropologie criminelle de Rome [Actes, p. 146, 147, 228, 238, 502) et de Parjs Actes, p. 196, 229, 232, 234 235, 236).
5. Flourens a défini le génie « le pouvoir, porté au degré suprême, de penser juste et de saisir le vrai » [De la raison, du' génie et de la folie, p 164.
6 Dallemagne, op. cit., p. 164 et ss. et les auteurs précédemment cités.