Conti (in Cogliolo, I, parte 2» A, p. 126 et
le sacriûce héroïque de préférer sa propre mort à celle de son semblable *. On a avec raison fait remarquer que cette toléraoce et cette impunité enlèvent à l'acte son caractère d'injustice ^.
225. — 2° Caractère extra-juridique et indifférent du conflit pour la loi. — La société aurait intérêt à la conservation de tous les individus en danger, si cette conservation était possible, et le sacriGce de l'un d'eux serait crin»inel s'il pouvait être évité. Mais lorsque les choses sont telles que le sacrifice de l'un est nécessaire pour le salut de l'autre, la société n'a aucun intérêt à prendre parti dans cettelutte, à préférer l'un plutôt que l'autre ; elle doit demeurer indillérente. Si elle blâmait, par une peine ou même par une simple excuse qui indique l'injustice de l'acte, le sacrifice accompli, elle indiquerait une préférence qu'elle n'a aucuu intérêt à exprimer, elle marquerait son regret de la mort de l'individu sacrifié et, par suite, de la survie de celui qui a sauvé sa vie, puisque la coexistence de ces deux êtres était impossible. N'ayant aucune raison de préférer l'un à l'autre, la société doit se désintéresser du conQit qui demeure ainsi en dehors du droit '.
226- — Conclusion. — Malgré les efforts des partisans de la doctrine objective pour soustraire la réglementation des cas de nécessité à toute considération subjective, l'impunité des attentats commis sous la pression de cette situation impérieuse se rattache à cette idée q>:e l'Etat ne peut, par la loi positive et pénale, imposer des actes d'héroïsme et le sacrifice de sa propre existence, pour sauver la vie et à plus forte raison pour respecter le droit d'autruit. L'acte accompli sous l'empire de la nécessité est en dehors du droit pénal, échappe à la loi pénale, parce que la loi ne peut ni le prohiber, ni le punir * et, ajoute la théorie positive qui se base sur la qualité des motifs pour établir les limites de la responsabilié pénale, parce que cet acte n'est pas inspiré par des motifs anti-sociaux ° et que la société n'a aucun intérêt à punir ''.
1. Berner, op. cit. ; Janka, Der strafrechlliche Nothstand (Ei*!angen, 1878),
2. Von Buri, Stato di nccesnita e légitima difesa (Rivistà pénale, 1880, t> XIII, p. 440 et 441).
3. Moriaud, p. 2ôl et ss. ; Von Liszt, Lehrbuch, § 33 ; Fioretti e Zerboglio, Sulla legititna difesa p. 88.
4. Alimena, III, p. 155 et as. ; Conti (in Cogliolo, I, parte 2 A, p. 126 etss.); Impallomeni (in Cogliolo, I, parle 2*^, p. 5:08 et 209).