Bénédickt
7. Sergi, Le degenerazîoni umane; Féré, Dégénérescence et criminalité Voit" sur ces diverses théories ; Dallemagne, Théories de la criminalité,
.8. Ferri, Scuola positiva, août 1896, p. 449 et ss. ; Sociologia criminale (4e ediz.. p. 142, note).
9. Voir l'observation faite ci-dessus au n" 39 p. 50, note 1 à propos du discours de M. le Procureur général Garofalo sur la Giustizia in Veneto du 16 octobre 190S.
de son avenir et de la possibililé de sa récidive; on écarte la peine lorsqu'on croit pouvoir affirmer que cette récidive n'aura pas lieu et que le coupable est suffisamment corrigé par le remords. Celte manière d'envisager le rôle de la peine est trop étroite ; on sacrifie le caractère préventif général de la peine, la (jeneralpravenlion, pour ne s'occuper que de sou caractère préventif spécial et individuel, spezial prdvention (suprà n" 11); on oublie que la peine est un avertissement, une leçon donnée par la loi, non pas seulement au coupable mais à tous, le signe de la désapprobation légale qui doit s'adresser indistinctement à tous ; l'impunité de l'acte tendrait à le faire considérer comme l'exercice d'un droit et à le faire admettre comme licite et naturel, — Du reste l'emportement de la passion ne saurait justifier le crime ; les criminels, dont l'école positiviste demande elle-même la répression sévère, obéissent à des passions plus ou moins violentes, haine, vengeance, etc. '. — Ce qui, touletois, caractérise le crime passionnel, c'est que sa victime a commis vis-avis de son auteur une faute morale ou sociale plus ou moins grave, dont la loi ou les mœurs n'assurent pas une réparation suffisante, et que le crime n'est que la réaction plus ou moins immédiate contre cette faute, comme dans le cas de la fille-mère séduite et abandonnée par le père de son enfant, du mari outragé qui se venge sur sa femme et le complice de celle-ci, en dehors du cas et des conditions de l'art. 324 C. pén., de la femme victime de l'infidélité de son mari que la loi n'a même pas songé à protéger dans la situation analogue à celle de l'art. 324 C. pén., de toute personne provoquée par des outrages, ou offenses à l'honneur ne rentrant pas dans les conditions de l'art. 321, C. pén., par exemple par diffamations, calomnies, etc. — Cependant l'impunité légale, proposée par Vécole Italienne, se heurte au principe supérieur et nécessaire d'ordre social, que nul n'a le droit de se faire justice à lui-même.
45. — La nouvelle école positiviste Italienne, en voulant réagir contre les exagérations de l'école classique qui donnait trop d'importance au délit el pas assez au délinquant, est tombée dans l'excès contraire; elle ne voit que le délinquant et ne considère le délit que comme manifestation el signe extérieur du tempérament, de la nocuilé, de la temibilità de son auteur. Elle oublie, en comparant le droit pénal à la médecine, la répression et la prévention des délits à la thérapfîutique et à la prophylaxie, en disant que les médecins d'aujourd'hui soignent les malades et non les maladies el que les
1. Voir pour les crimes passionnels : Louis Proal, Le crime et la suicide passionnels (Paris, Alcan, 1900); Emmanuel Lasserre, Les délinquants paa- ■tionnels el le criminaiiste Impallomeni (Paris, Alcan, 19Uli).
o6 PREMIÈRE PARTIE. LIVRE PREMIER. CHAPITRE PREMIER
pénologues doivent traiter les délinquanls et non punir les délits, que les maladies existent indépendamment de toute intervention humaine, tandis que les crimes et délits sont des créations de la loi et n'existent comme tels que lorsqu'ils sont défendus et punis par cette loi qui est une œuvre purement humaine, qu'en dehors de la liste des actions défendues parla loi, il peut bien y avoir des actes immoraux, mais que leurs auteurs ne peuvent être qualifiés de criminels et devenir justiciables des juridictions répressives. Puisqu'il ne peut y avoir de délinquant sans délit, de criminel sans crime, il faut, avant toutes choses, fixer les éléments essentiels du crime, comparer entre eux les divers délits et en déterminer la gravité respective; la différence de catégorie des criminels dépendra, non pas exclusivement, mais en partie, de la différence de gravité des crimes. C'est du reste ce qu'ont admis eux-mêmes les fondateurs de l'école positiviste : M. Garofalo, qui, dans sa Criminologie , assigne la première place à la détermination du délit, et M. Ferri qui déclare que le crime servira à caractériser le criminel-né et à le distinguer du criminel d'occasion : par exemple, l'assassinat, le meurtre, le viol, le brigandage, le vol à main armée et les vols qualifiés prouvent chez leurs auteurs le tempérament du criminel-né; les vols simples sont ordinairement l'œuvre de criminels d'occasion ou, en cas de récidives, de criminels d'habitude *.
§ 7. — Union internationale de droit pénal.
46. — Un essai de conciliation des doctrines de l'école classique et pénitentiaire et des doctrines anthropologiques et sociologiques de l'école positiviste italienne, a été tenté par trois professeurs de droit pénal et savants étrangers, MM. Van Hamel, professeur à l'Université d'Amsterdam, Prins, professeur à l'Université de Bruxelles, von Liszt, alors professeur à l'Université de Marbourg, depuis professeur à l'Université de Halle, actuellement à celle de Berlin, qui, dans ce but, fondèrent en 1889 VUnion internationale de droit pénal. Sans adopter toutes les idées de l'école italienne, les fondateurs de l'Union reconnaissent la nécessité d'adopter la méthode expérimentale et de tenir compte des études anthropologiques et sociologiques pour la recherche des causes diverses de la criminalité et des moyens également divers de la combattre ; la peine n'est pas
i. Ferri, loc. cit., p. 235, 240. — Voir Cache : « la fin d'un malentendu » {Revue pénitentiaire, juin 1902, p. 834).