Cf. Alimena. loc. cit., U p
rationnelles, mais encore satisfaire à l'ensemble des instincts de la société. La peine n'a pas seulement pour but d'empêcher le crime; elle est là encore pour servir d'expression à certains sentiments sociaux. Or, de ces sentiments, le plus universel, dont l'existence ne saurait être niée et qui se manifeste dans l'opinion publique à Tooeasion des procès criminels retentissants, est celui de la justice. « En son application spéciale aux délits, la justice exige, dans l'opinion universelle, que lauleur du délit souffre un certain mal. Mais l'opinion non moins universelle subordonne l'infliction de ce mal à une double condition : — i° elle exige, en premier lieu, la culpabilité et la culpabilité suppose la responsabililé ; le délinquant doit être responsable, c'est-à-dire qu'il doit avoir agi dans l'intégrité de ses facultés mentales, en sorte qu'on puisse considérer l'acte comme lui appartenant; mais l'existence delà responsabilité ne suffit pas ; il faut que le délinquant soit considéré comme coupable, c'est-à-diœ que l'acte commis par lui ne donne pas lieu à la peine s'il consiste en une simple transgression matérielle de la loi et qu'il faut que cet acte constitue une faute morale ; — 2° en second lieu, le mal de la peine doit être proportionné au degré de la culpabilité, à la gravité de la faute morale '. » Si l'on ne tient pas compte de ce sentiment de justice et de la notion de responsabililé morale, l'internement à temps indéterminé des aliénés criminels dans un asile spécial par décision judiciaire et la condamnation à une incarcération d'une durée indéterminé des aliénés criminels dans un asile spécial par décision judiciaire et la condamnation à une incarcération d'une durée indéterminée dans un établissement pénitentiaire de certains criminels aliénés, demandés aujourd'hui par un certain nombre de criminalistes et pratiqués dans quelques pays, tendent à se confondre en pratique; le criminel devient un malade et la prison un hôpital -. — Cependant il ne faut pas exagérer cette notion de justice et il faut tempérer ses excès en pratique par les nécessités delà défense sociale ; l'expérience a montré l'incertitude, la difficulté et les inconvénients graves de la fixation des degrés de la responsabililé en prenant pour base la recherche et l'appréciation des degrés de liberté morale du délinquant, ce qui conduit à considérer le criminel comme moralement coupable pour 1/3, 2/3, 3/4, à lui appliquer 1/3, 2/3, 3/4 de peine, et à abuser, au grand détriment de la répression, des courtes peines, dont la fixation est toujours arbitraire et dont l'ap-