‹ Cours de droit criminel et de science pénitentiaireChapitre 264 sur 550 · Rev. pènit., 1969, p. ilSL à · texte numérisé non relu

Rev. pènit., 1969, p. ilSL à

2. Voir Rev.pénit., 1900, p. 15Ô5 et 1559; 1901, p. 795 et 796; Jîirista di discipline carcerarie, septembre 1900 et mai 1901. Pour la lutte contre l'anarchisine. Voir Congrès d'anthr. crim. de Genève de 1896 {Actes, {il ili et ss., 253 et 8S.), le rapport de M. Van Hamel et sa discussion.

3. Cf. Garofalo, Criminologie, p. 408 à 413 ; Lombroso, Le crime, causes et remèdes (Paris, Reinwald, 189a), p. 518 et sa; LUomo delinguente (5«édix.),

danl, se déclare adversaire de la peine de mort, parce qu'il ne la considère pas comme nécessaire et sérieusement efficace et que, pour en tirer un parti réellement utile au point de vue de Pépuralion sociale, il faudrait procéder à des exécutions en masse des criminelsnés et incorrigibles, ce qui est impraticable dans l'état de nos mœurs et de notre civilisation '.

Du reste toute l'argumentation pour ou contre la peine de mort se réduit à un seul argument décisif, mais presque insoluble, nécessité de cette peine pour le défense sociale et insuffisance des peines privatives de la liberté, même perpétuelles et rigoureuses dans leur régime. La démonstration de la nécessité ou de l'inutililé de la peine de mort par des raisonnements abstraits, a priori et purement théoriques, n'a aucun caractère probant et les constatations statistiques relevées dans les Etats qui ont aboli ou rétabli la peine de mort ne sont pas aussi convaincantes qu'on pourrait le croire, parce que, comme le fait remarquer M. Tarde, « quand une nation petite ou grande se décide à supprimer la peine de mort, c'est que, depuis longtemps déjà, la criminalité violente y était en décroissance plus ou moins rapide en vertu de causes diverses et, après l'abolition de la peine de mort, ces causes n'ont pas discontinué d'agir...; à l'inverse, quand un pays, après avoir supprimé l'échafaud, le rétablit, c'est que l'augmentation déjà sensible de ses grands crimes sous l'empire d'impulsions et d'influences quelconques a paru l'y contraindre, et il n'est pas surprenant que, malgré ce rétablissement, les impulsions et les influences en question aient gardé assez de force parfois pour faire croître encore le nombre des assassinats et des meurtres. — Après tout, la frayeur delà potence, du sabre ou de la guillotine n'est qu'un des mobiles propres à paralyser l'effet des passions qui poussent au crime. La statistique, qui nous présente pêle-mêle l'action de ces causes complexes, ne saurait jeter un jour décisif, jusqu'ici du moins, sur le problème qui nous occupe ^ ».

D'autre part, au point de vue sentimental, M. Tarde fait encore justennent observer qu' « en fait de haute pénalité, nous n'avons guère que le choix entre ces deux modes de répression réellement efficaces : faire mourir sans faire souffrir, ou faire souffrir sans faire mourir ^ ». La peine de mort apparaît ainsi comme la j)lus

m, p. 585 et ss. Voir Le Congrès d'anthr. orim. de Rome de 1885 {Actes, p. 339 à 347).

1. Ferri, Sociolor/ie criminelle (traduct. franc., Paris, Rousseau, 1893, p. 527 à 534) ; Soc. crim. {Jt^ ediz., ïorino, Bocca, 1900), n" 92, p. 875 à 883.

Page 1