PEINES PRIVATIVES DE LA LIBERTÉ
Les femmes étaient enfermées dans des maisons de force, où se subit 1» réclusion (art. 1o et 16, C. pén.). — Ce régime offrait des inconvénients graves : difficullé de surveillance, facilité et danger des évasions et surtout impossibilité pour le forçat libéré, soit par l'expiration de sa peine temporaire, soit par la grâce, de trouver du trarvail dans la société qui le repoussait ; par suite récidive presque fatale de ce libéré qui, malgré sa bonne volonté, ne trouvait nulle part à vivre en travaillant : cette récidive atteignait 95 0/0. — En f854 on crut trouver un remède efficace en imitant l'Angleterre' eten transportant les condamnés dans les colonies qui, ayant besoin de bras, auraient l'avantage de se servir du travail des forçats et se montreraient moins difficiles pour l'emploi des libérés. — La loi du 30 mai 1834 opéra ce changement de régime : les condamnés furent dirigés sur la Guyane française; mais l'insalubrité du climat* fit changer en 1863 le lieu de Iransportation pour les Européens, qui furent envoyés dans la Nouvelle Calédonie. Aujourd'hui depuis le décret du 4 septembre 1891, art. 7, pour augmenter le caractère répressif de cette peine, peu redoutée des malfaiteurs, on répartit les condamnés entre la Guyane et la Nouvelle-Calédonie d'après leurs antécédents et le degré de leur perversité. Depuis 1897, la Iransportation a cessé dans la Nouvelle Calédonie ^.
469. — Rèyime. — La loi de 1854 divise le régime des traits^ portés en deux périodes bien distinctes : — pendant l'exécution dé la peine; — après la libération.
470. — Cours de la peine. — En principe, les condamnés sont employé» aux travaux publics de là colonisation. — Mais, pour engager les condamnés à se bien conduire, leur donner un intérêt à s'amender et les préparer progressivement à la vie libre, on peut leur procurer, à titre de récompense, des adoucissements qui, depuis une amélioration de régime alimentaire et des gratifications ou sa-
1. Voir pour la transportation en Angleterre : De Blosseville, La colonisation pénale de l'Angleterre en Australie (Paris, 1859); Michaux, Etude sur la question des peines (Paris. 1875), p. 27 à 161 ; Joseph Reinach. L(.s réeidivistts [Pac]», 1882). p. 155 et ss. : Foïuitski, De la transportation russe et anglaise, traduct. de Bonel-Maury (Paris, 1895 . p. 28 à 149. — L'A niiK- terre, qui a pratiqué la transportation, d'abord dans les colonies de l'AnuMique du Nord, dans le Marvland notamment, de 1718 à 1775, ensuite en Australie à partir de 1787, a dû, à cause de la résistance des colons libres, la réduire, la transformer, en faire la récompense des convicls déjà éprouvés et mis en 11l>ération conditionnelle, sur le territoire métropolitain, enfin y renoncer à partir de 1863, pour la remplacer par la servitude i^énale subie dans les ëtablissenit^nts de la mèlropole (Voir, pour la servitude pénale, Rcv.pénit.,i%^, p. 236 et es.).