TENTATIVE ET DÉUT MANQUÉ
voir ' quelqu'un ; il s'urrêle et laisse luir sa victime sans lirer, par crainte d'être découvert, dénoncé ou arrêté : il y a cause casuelle morale : désistement des moyens d'exécution.
Lorsque le désistement volontaire est entièrement spontané, l'impunité est certaine, quoique critiquée en législation par quelques criminalistes -. — Lorsque le désistement est simplement volontaire mais déterminé par une cause externe, il y a, suivant l'expression de Carrara, mixture de causalité et de volonté et il faut se demander quel est l'élément auquel on doit attribuer la prépondérance : si c'est le casuel, la tentative cet empêchée et punissable '. — Mais le juge n'a aucun compte à tenir de la moralité du fait auquel a obéi l'agent pour abandonner son projet : repentir sincère ou crainte d'être découvert ont à cet égaad la même valeur, l'impunité légale reposant ici sur une considération purement utilitaire.
S 3. — Intention criminelle.
99. — L'élément intentionnel et volontaire est, dans la tentative, l'élément prépondérant; il ne ressort pas naturellement et nécessairement des faits accomplis, puisque l'agent voulait en exécuter d'autres, et qu'il n'y a de sa part qu'un commencement d'exécution de son projet. Cette intention précise, ce dol déterminé doit être nettement établi à son égard, pour qu'on puisse le reconnaître coupable de tentative d'un crime ou d'un délit déterminé. — La nécessité de cette précision de l'intention et du but de l'agent, dont la preuve doit être faite en dehors de l'acte exécuté, a soulevé des doutes relativement à l'existence de la tentative, dans les crimes qui sont commis dans f emportement des passions, sous Vempi7^e de la co/ére par exemple. Certains criminalistes ont pensé qu'il n'étaient pas susceptibles de tentative punissable, parce que l'agent ayant obéi à un mouvement irréfléchi, on ne peut jnger son intention que par le résultat de l'acte, et il serait arbitraire de lui supposer la volonté de commettre un crime plus grave auquel il n'a peut-être pas songé, parce que sa pensée, dans la violence de la passion, n'a pas eu une précision suffisante ; s'il a blessé sa victime, on ne peut lui reprocher d'avoir voulu la tuer et le considérer comme coupable d'une
1. Il n'y a pas à distinguer entre les causes réelles et les oauses itnaginoires. Cf. ('arrara, Progr. gen., § 384.
2. Cf. Carrara, Progr. gen. §§ 3S5 et 391 et Del grado nella forza ^sica del delitto, §8 108 et 117 à 124.