‹ Cours de droit criminel et de science pénitentiaireChapitre 67 sur 550 · Alimena, loo. cit., I, p. 388 et · texte numérisé non relu

Alimena, loo. cit., I, p. 388 et

soit seul responsable, parce que celte affirmation exprime une impossibilité psychologique et une contradiction dans les termes '.

D. — Identité personnelle et similitude sociale -.

118. — M. Tarde, constatant et approuvant le sentiment général qui, distinguant l'aliéné et le criminel, se traduit par de la pitié pour le premier, du blâme et de l'indignation pour le second, déclare que pour que notre indignation se produise, il faut la réunion des conditions suivantes : — 1° que l'acte ait été conscient et volontaire, et que la personne de son auteur soit restée la même qu'&u moment où elle a a^î; — 2° que cette personne appartienne ou paraisse appartenir à la même société et non pas seulement à la même nation que nous. — Ces deux conditions sont, en d'autres termes, V identité personnelle et Videnlite sociale. — En conséquence : — 1° le fou est irresponsable, parce que sa folie le dissocie en même temps qu'elle Valiène et que les deux facteurs de la culpabilité, l'identité personnelle et l'identité sociale, manquent à la fois ; — 2" en cas de conversion morale du coupable, l'âme régénérée doit être considérée comme irresponsable des fautes commises par l'autre ; la régénération vraie rend le pardon obligatoire ; — 3° dans la défense sociale contre les criminels, il faut chercher à les réconcilier et à les réassimiler à la société. — Du reste, l'identité individuelle et la similitude sociale peuvent varier en intensité; à ces variations correspondent des degrés divers de responsabilité.

Les deux idées fondamentales, par lesquelles M. Tarde cherche à remplacer le libre arbitre, dont il se déclare l'adversaire, pour justifier la responsabilité morale du criminel et l'irresponsabilité de l'aliéné dont il est partisan, sont aussi métaphysiques que la liberté morale et plus contestables encore. Le criminel, rien que par le fait qu'il est criminel, a prouvé qu'il ne juge pas et n'agit jias comme la majorité des hommes; c'est un dissemblable ei c'est pour cela qu'il excite l'indignation, le mépris et qu'il est rejeté de la société. Si, sous certains rapports, les criminels sont semblables à la moyenne des humains, ils diffèrent sous beaucoup d'autres ; ils sont à la fois membres de la société et étrangers à la société dans laquelle ils vivent. Il est impos"

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