Ferri, loc. cit., l, p
2. Tarde, La criminalité comparée (Paris, Alcan, 1886 et 1890), p. 143 et ss. Rapport aa 2»^^ Congrès d'anlhrop crim. de Paris, en 1889 {Actes, p. 92 et 346) : Philosophie pénale, ch. III et iV, p. 83 et ss. (Paris, Masson, 1890) ; Etudes pénales et sociales : Vidée de culpabilité, p. 322 et ss. (Paris, Masson, 1892, ; E^siis et mélanges sociologiques : prodomo mea, p. 151 et ss. (Paris, Mussoii, 1Sj5).
stble de fixer les limites où la similitude cesse et la dissemblance commence. — Le critérium de l'identité individuelle n'est pas plus certain. D'une part l'individu est dans un état de perpétuel changement ; subissant les influences de tous les milieux, il n'est jamais identique à ce qu'il était l'instant d'auparavant *. D'autre part, à ^exception des cas rares de dédoublement de la personnalité, l'aliéné pense, agit avec une certaine réQexion et, à ce point de vue, il est et se sent identique à lui-même au moment de l'action et après elle ; s'il est irresponsable, c'est qu'il a obéi, sans pouvoir réagir, à l'irapulsion maladive qui l'obsède ^.
E. — Volontarité.
119. — L'homme est responsable de son délit parce qu'il l'a voulu, sans qu'il y ait lieu de rechercher si sa volonté a été libre ou déterminée. La loi, pour déclarer sa responsabilité pénale, n'a pas à résoudre le problème philosophique du libre arbitre et à rechercher si l'auteur du délit avait la liberté d'élection ; il sufûl que l'agent ait voulu cet acte et ait eu la liberté de le commettre ou de ne pas le commettre '.
Ce système neutre, qui a inspiré la rédaction des articles 45 et 46 du Code pénal italien du 30 juin 1889 ^ et a été développé dans le rapport de M. Villa à la Chambre des députés (§§ 64 à 67), n'échappe pas à la difficulté dont ses partisans voudraient cependant se désintéresser et qu'ils désirent laisser sans solution. Car si, au premier abord, il peut sembler que cette base de la responsabilité est indépendante du libre arbitre, puisque, déterminé ou non, l'homme a des volitions, en réalité il n'en est pas ainsi ''. L'agent est punissable parce qu'il a commis volontairement un acte délictueux ; c'està-dire parce que, pouvant ne pas le commettre, il aurait dû ne pas agir. — La responsabilité basée sur la volontarité, c'est donc en réalité la responsabilité basée sur le libre arbitre. — Cette formule légale donne lieu, au point de vue de la responsabilité juridique, à d'autres critiques que M. Ferri a développées avec détails *.
1. Cf. Hamon, L c , p. 218 et ss. ; Ferri, l. c, n» 63, p. 657 et ss.
2. D"" Parant, La raison dans la folie (Paris, Doin, 1888) ; Jelgersma, Rapport au III« Congrès d'anthrop. crim. de Bruxelles de 1891(Ac<es, p. 34 et 35).
3. Lucchini, Le droit pénal et les nouvelles théories, p. 100 et note 13.
4. Cf. sur les divers systèmes consacrés par les législations positives, Alimena, I, p. 407 et s. (Partie 111, ch. II).