Rapport précité, p. 12, 13, 17 à
sidéré, avec le moine Mabillon, comme un des précuiseurs trop longtemps méconnus de la réforme pénitentiaire contemporaine de nos prisons.
De son côté, en Angleterre, Bentham traçait les bases de la conception pénitentiaire moderne dans l'organisation de son établissement auquel il donnait le nom de panoptique et à la description duquel il consacrait une partie df ses traités de législation civile et pénale et des peines et des récompenses ^, qu'il envoyait en 1791 à l'Assemblée nationale française. — Le panoptique est un établissement destiné à garderies prisonniers avec plus de sûreté et d'économie et à opérer en même temps leur réformalion morale avec des moyens nouveaux, de s'assurer de leur bonne conduite et de pourvoir à leur subsistance après leur élargissement. Sa conslruclion maté rielle est telle que le Directeur, placé au centre et dissimulé derrière une jalousie, peut surveiller continuellement les divers quartiers disposés circulairement autour de ce poste et y aboutissant comme les rayons d'un même cercle: c'est le système dit rayonnant adopté dans un grand nombre de nos prisons modernes. Bentham assigne à la peine d'emprisonnement ainsi organisée le double but de la séparation et de l'intimidation d'une part, de la correction et de la réformation d'autre part, sans que la préoccupation de l'amendement moral puisse nuire à la nécessité de la répression en rendant la situation du condamné meilleure en prison qu'en liberté et en faisant ainsi de la prison un séjour attrayant et désiré ^. Les moyens d'atteindre ce but sont : — 1° l'organisation du travail avec éducation professionnelle du condamné auquel il faut apprendre un métier qui lui permette de vivre en travaillant lorsqu'il sera libéré ^ ; — 2° l'instruction morale et religieuse'^; — 3° la séparation par petits groupes, pour éviter les dangers d'une trop grande promiscuité : Bentham, frappé des excès du système cellulaire, solitary confinment, appliqué avec trop de rigueur au début en Pennsylvanie, se déclare opposé à la cellule et partisan d'une société restreinte dont il espère, avecquelques illusions, de salutaires effets " ; — 4° le patronage des libérés avec asile pour les recevoir en attendant de les placer, transportation volontaire dans les colonies, engagement vo-
1. Bentham, Traité de législation civile et pénale, t. III, p. 1 et ss. ; Traité des peines et des récompenses, liv. II, ch. xii, p. 216 et ss. (Traduits en français, par Dumont, de Genève, de 1802 à 1811).
2. Bentham, Panoptique {Traité de législation, t. 111, p. 3, 4, 19 à 22, 42, 43).