CHOIX DES AGENTS DIPLOMATIQUES
225. Les États à honneurs royaux (empires, royaumes, grandes républiques, grands duchés et le Pape) s'envoient réciproquement des ministres du premier rang, ambassadeurs, nonces et légats. Rien n'empêche d'ailleurs les Puissances secondaires de s'en envoyer réciproquement dans leurs rapports respectifs.
Mais, par économie, les grands États eux-mêmes ne s'envoient souvent que des agents du second degré; la France est la seule république qui accrédite des ambassadeurs; les États-Unis n'ont en général que des ministres plénipotentiaires, et c'est depuis le décret du 25 mars 1893 seulement que la légation de France aux États-Unis a été transformée en ambassade. Le gouvernement de Washington a opéré la même transformation pour sa légation à I^aris. Du reste, on suit habituellement, à cet égard, la règle de la réciprocité; exceptionnellement la Suisse, qui reçoit de France un ambassadeur, n'envoie dans notre pays qu'un ministre plénipotentiaire.
Parfois un État accrédite un même agent diplomatique auprès de différents gouvernements, ce que font souvent les États de l'Amérique du Sud; ou bien plusieurs États n'ont qu'un représentant commun dans un même pays : c'est ainsi que la Chine, jusqu'à ces derniers temps, n'avait qu'un représentant pour Londres et pour Paris, et que les agents des États-Unis représentent le Pérou en Chine et au Japon.
Certains pays, notamment dans l'Amérique du Sud, se font représenter par des personnes qui n'ont pas leur nationalité, mais qui ne sont pas non plus des nationaux du pays où elles exercent leur mission.
Dans la plupart des pays, on n'accepte pas comme représentant d'un État étranger un national, à cause des difficultés que pourrait provoquer l'opposition de sa nationalité, qui le soumet à la
lût du pays, et de son caractère diplomatique, qui le met à Tabri 4e toute action de la juridiction locale. Cette règle, admise en France sous le règne de Louis XYI, a été confirmée par le décret du % août 1811, mais pas toujours observée. On peut, au 4*ootraire, accepter comme représentant étranger un national naturalisé dans un autre pays : tel fut le cas de M. Pozzo di ^♦rgo, Corse d'origine, et qui représenta la Russie en France si^us la Restauration.