CHAPITRE I. — PROUteOMàNES
L'école du Midi , représentée par les docteurs italiens, Stracckay Roeeus, Targa, Cataregit, fDiscursus légales de CommereioJ , et aujourd'hui Àxuni (Droit maritime de l'Europe, et Dizionario univer&ale ragianato délia giuritprudenxiamercantilejt Baldaneroni (DelCambioj, etc. (21).
La France se recommande aussi par de grands noms, les noms même les plus populaires, ceux de Cleiiic fOs et Coutumes de la Mer), de Valin (Commentaire^ de r Ordonnance de la Marine) y de Pothier (divers traités particuliers)^ d'Emérigon (22) (Traité des mturances^ et Du prit à la grosse).
(21 ) Le plus connu de ces docteurs et le plus recommandable est certainement Gasaregis. Ses discwrsus légales de cammercû>, composés d'après les décisions de la Rote de Gênes, décèlent une entente profonde de ces matières et peuvent être lus avec fruit, même aujourd'hui. Seulement la latinité y est rebutante, par suite de l'abus des néologismes.
(22) Un mot sur ces derniers auteurs, dont les ouvrages universellement répandus et lus même aujourd'hui, contiennent à eux seuls toute la science du droit maritime.
Yalin, jurisconsulte rochellois, avocat et procureur du roi au siège de la Rochelle, a donné, ainsi qu'il est dit ci-dessus, un commentaire artide par article des dispositions de l'Ordonnance. Ce travail est aujourd'hui inséparable de l'Ordonnance elle-même, et on peut dire de l'auteur, en employant une expression de l'époque, qu'il a égalé l'interprétation au texte. Yalin joignait à une érudition profonde, à une connaissance des
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sources que personne n*a eu ensuite au même degré que lui, l'esprit le plus ferme et le plus droit. Malheureusement le style est un peu sec et d'une lecture assez difficile. (Voyez cependant le commentaire du préambule de l'Ordonnance, où l'on retrouve la langue si pleine et si sobre du xvn* siècle). , Pothier est ici très-inférieur à lui-même ; il a toujours la même simplicité et le même charme dans la diction, le même parfum de christianisme chaste et austère, mais on sent qu'il ne connaît ces matières, que de seconde main ; il est toujours clair, méthodique, mais maigre, tâtonnant, et se borne le plus souvent à répéter l'opinion de Yalin.
Tout autre est Emérigon (fils d'un procureur au Parlement d'Aix, avocat marseillais), qui se distingue précisément par sa complète intelligence et possession de ces matières. Emérigon, presque aussi savant que Yalin, a plus de flexibilité et de souplesse d'esprit que celui-ci, une meilleure entente des nécessités du commerce ; c'est le plus moderne des docteurs de l'ancien droit. Ses deux traités, assez peu méthodiques, mais pleins d'exemples, d'applications, de digressions de toute sorte» sont d'une lecture très-attachante : c'est la langue de Voltaire appliquée au droit.