‹ Cours de droit maritime (volume 2)Chapitre 8 sur 135 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Les lignes qai précèdent nous dispenseraient à la rigueur de toute autre introduction ; une œuvre conune celle de M. Gresp a toujours sa raison d'être, et elle peut se présenter au public, sans autre préambule. D nous sera cependant permis d'exposer, aussi brièvement que possible, la façon dont nous avons entendu notre collaboration personnelle à cette œuvre, et le but général que nous avons voula atteindre par Tensemble de la publication.

n nous a paru que les ouvrages publiés jusqu'à présent sur le droit maritime (nous parlons surtout des plus récents) ouvrages excellents par la richesse des détails et la connaissance pratique des difficultés de la matière, laissaient à désirer sor on point, l'exposition des principes ^ Plusieurs

1 Noos devons dure une exception pour Vonvrage de Dnfoar, ouvrage qoip pour la science, l'amplear de la discassion, la vigueur du style, ne le cède à anenn autre. Malheureusement cet ouvrage est resté plus qu'inachevé, et les deux volumes qui le composent ne comprennent que le commentaire de vingt-cinq articles du Gode de commerce, les articles 490 à 346, pen^ opug interruptum.

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sont sous forme de commentaires, d'autres ne constituent qu'une revue analytique et raisonnée de la jurisprudence ; aucun d'après nous (et en cela nous ne faisons le procès à personne, suum cuique) ne peut servir à apprendre le droit mariHme. Sous ce rapport l'œuvre de M. Cresp nous paraît combler un vide véritable, et nous croyons qu'à ce point de vue il serait difficile de désirer mieux. La façon large dont, à-propos de chaque matière , les idées générales sont dégagées, la variété des aperçus^ la progression constante de cet esprit qui vous mène sans efforts du connu à l'inconnu, tout, jusqu'à cette langue parlée, derrière laquelle on sent l'homme, nous paraît donner à ce livre une saveur particulière, et en rendre la lecture aussi facile qu'attachante.

Mais il n'est pas d'intelligence, aussi supérieure qu'on la suppose, qui n'ait ses imperfections et ses lacunes, et M. Cresp avait les siennes, malheureusement un peu voulues. C'était, ainsi que je viens de le dire, l'honmie des principes. Il savait admirablement mettre en relief le caractère général et les grandes règles d'une matière ; mais quant aux dispositions de détail, quant aux choses de pure application, aux choses dénuées d'intérêt scientifique, il n'en avait cure ; et se conformant au précepte du poète, il les passait purement et simplement sous silence,

Et qn»

Desperat traietata nitescere posse» relinq[iiit

Ce premier volume contient déjà des signes évidents de ce procédé, et nous en rencontrerons malheureusement d'autres traces plus tard.

^ ÀVANT-PKOPOS XIX

L'annotateur ayait donc de ce premier chef un travail sérieux à faire , et il suffira de jeter un coup d'oeil sur les pages 88 et sq. et 455 et sq., pour mesurer retendue et l'importance de cette partie complémentaire de l'œuvre primitive. Nous avons tâché de n'oublier aucune des questions qui intéressent si fortement la pratique commerciale, et dont quelques-unes même préoccupent l'opinion publique, au point de vue des améliorations à apporter à la loi existante. Sur toutes, nous avons hardiment donné notre solution, e n rapportant d'autre part les idées généralement reçues, soit en doctrine, soit en jurisprudence. Nous avons même à propos de chaque article de loi, indiqué quels étaient les changements qui y avaient été apportés en 1865, dans le projet de refonte générale du livre n du Code de commerce. Ce projet de refonte n'a pas été, tant s'en faut, abandonné ; 1^ loi sur Vhypothèque marUime (dont le commentaire rentrait forcément dans le chapitre des navires^ et se trouve dès lors dans ce premier volume) en a été tirée ; le projet lui-môme en son entier vient d'être remis à l'ordre du jour par une proposition déposée au Sénat. Un intérêt d'actualité s'attachait dès lors aux innovations arrêtées en 1865; c'est pourquoi nous nous sommes fait un devoir de les rapporter, en exprimant le plus souvent notre opinion sur leur bien fondé ou leur opportunité.

A un autre point de vue, l'œuvre de M. Cresp demandait encore à être complétée. Ces manuscrits, excellents pour l'époque à laquelle ils avaient été écrits, avaient vieilli. Bien des questions qui y sont discutées ont cessé d'être; d'autres sont nées qui divisent actuellement les espris, les

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