TTVENTE ET UNIÈME LP.Ç.ON
s'est proposée dans son œuvre. En un mot , la nécessité, l'immutabilité, l'absence de tout arbîirairc, se peuvent dire du bien en soi qui est la fia de tout et de Dieu lui-même.
On conçoit aussi que la loi par laquelle tout ce qui existe et existera dans la création, tend à la fin que Dieu s'est proposée, constitue l'ordre universel, et que cet ordre participe de tous les caractères de la fm de Dieu ; c'est-à-dire que si la fin est bien, l'ordre est bien, que si la fin est éternelle, immuable, l'ordre est éternel, immuable, qu'il n'y a rien d'arbitraire, pas plus que dans la nature de Dieu.
A côté de ces deux conceptions, dont la première dérive de la seconde, s'en produit immédiatement une autre, c'est que le tout ayant une fm, toutes les parties du tout concourent à cette fin ; et que les fins de chacune de ces parties , ne sont qu'un élément dont la fin totale doit être le résultat. S'il en est ainsi, le caractère de bonté absolue qui appartient à la fin de Dieu, doit se communiquer à chacune des fins particulières , et à chacun des ordrea particuliers dont cette fin et cet ordre absolu ne sont que des résultats, ce qui rend sacrées ces fins.
Une quatrième conception, c'est que chaque nature a été appropriée à sa fin; et que la fin d'une nature n'est autre que la conséquence de Forganisation même de cette nature. Cette idée est toujours nécessaire pour notreraison , elle est trèsimportante dans la science , parce qu'elle découvre
le moyen de déterminer scientifiquement la fin de tout être dont la nature peut être connue par nous. Ces conceptions absolues universelles, qui embrassent tout, conduisent, quand on observe les choses , ou la partie des choses que nous pouvons voir et connaître , à deux classes d'êtres : les êtres qui sont intelligents et libres, et les êtres qui ne sont ni l'un ni l'autre. Un être qui n'est pas intelligent nous apparaît comme ne pouvant comprendre sa fin, et n'ayant pas le pouvoir ou le choix d'y aller ou de n'y pas aller ; il nous apparaît donc, par conséquent, comme n'étant pas chargé par le créateur d'accomplir sa fin, et n'étant pas responsable de son accomplissement; il nous apparaît aussi comme n'ayant aucun mérite à aller à sa fin, et ne pouvant en avoir aucun. Ce sont là , Messieurs, les caractères de ces espèces d'êtres que nous appelons des choses , et que nous distinguons de cette autre classe d'êtres que nous appelons des personnes. Les êtres libres, au contraire, étant libres, peuvent aller ou ne pas aller à leur fin; étant intelligents, peuvent l'accomplir. Us nous paraissent, par conséquent, comme chargés de réaliser en eux-mêmes leur fin , et par là un élément du bien absolu , comme responsables de l'accomplissement de cette fin, comme en recueillant le mérite lorsqu'ils y vont , et le démérite lorsqu'ils n'y vont pas.
Ce n'est pas à dire que la liberté qui a été accordée à ces êtres soit absolue ; elle a été renfermée par la sagesse delà Providence, ainsi que Tobser^