INSCRIPTIONS, DOCUMENTS AUTHENTIQUES, MONNAIES
Les sources les plus pures auxquelles nous puissions recourir pour suivre l'étude du droit romain dans son origine et dans son développement historique, sont évidemment les monuments et les documents authentiques de l'antiquité qui sont parvenus jusqu'il nous :
La catégorie la plus importante de ces sources authentiques se compose des inscriptions gravées sur le marbre ou le bronze, qui nous fournissent des renseignements variés et intéressants sur la vie sociale des anciens *. Les inscriptions qui attirent le plus notre attention sont natu-
' Deux recueils très-complets (i'iiisi'iii)tions anciennes se publient sous les auspices de l'Acadéinie des sciences de Berlin, le premier avec le titre Corpus inscriplioniim grœcarum, depuis i82ij, sous la direction de M. A. Boecku ; le second avec le titre Corpus iuscriptionum Iclinarum, depuis 1828, d'abord sous la direction de M. Th. MoMMscN,a partir du tome H sous celle de MM Hudner
rellement celles qui nous ont conservé des lois et d'autres actes officiels émanés des autorités publiques, ou bien des actes privés ayant un caractère juriiique ".
Dans la première catégorie nous remarquons :
1" Une table de bronze, contenant d'un côté une loi agraire, peut-être la loi Tlwria de l'an 643 de Rome % et de l'autre côté uneloirfe repetiindis, que l'on croit être la loi Servilia Glauciœ de la moitié du septième siècle, ou plutôt la loi Acilia d'une date un peu plus reculée \ Voir ci-après, n°^ 85. 92. 93.
2° Une table de bronze, découverte en 1793 près de Banzi dans la Basilicate et que l'on appelle pour ce motif tabula Bantina, contenant, d'un côté, des fragments d'une inscription en langue osque qui paraissent appartenir à la loi municipale de Bantia et, de l'autre côté, quelques chapitres d'une loi de repetundis ^.
3° Un fragment d'une table de bronze, conservée à Florence, contient une trentaine de lignes mutilées et incompréhensibles qui paraissent faire partie de l'une des lois que Pompée fit rendre lors des poursuites contre Milon % et un fragment absolument insignifiant d'une plaque de bronze, trouvée h Chiusi, l'ancien Clusium, en Etrurie ^
4° Une table de bronze, trouvée h Rome au seizième siècle, contient un fragment d'une loi, probablement Ccr/îe/m SiiUœ ^, ayant pour objet de
et Zangemeister. Parmi les recueils antérieurs, nous signalons ceux de Gruterus, Reinesius, Fabretti, Muratori, Marini, et surtout l'excellent travail (I'Orelli, liiscriptiouiim latimrum selectarum ampUssima collectio. Ziirich, 1828. Deux tomes in-octavo; plus, un tome troisième, public par M. Henzen. Zurich, 1856.
- Plusieurs de ces inscriptions sont reproduites dans divers ouvrages juridiques, parmi lesquels nous signalons : Terrasson, Histoire de la jurisprudence romaine. Paris, IToO; Blo.ndeau et BoNJEAN, Institutes de l'empereur Justinien, suivies d'un choix de textes juridiques. Tome II. Paris, 1859, et surtout le précieux recueil de M. Gustav Haenel, Corpus legum ab imper at or ibus romanis latarum. Leipzig, 1857, qui contient toutes les inscriptions de l'époque impériale (cf. ciaprès, n» 142). — Une collection assez complète a été faite par Haubold et publiée par Spangenberg, sous le titre : Antiquitatis romance monumcnta legalia extra librosjuris romani sparsa. Berlin, 1830. Enfin, de nos jours, ont paru deux recueils plus complets : C.-J. Bruns, Fontes juris romani antiqui. Tubingue, 18G0, 1871, et Car. Giraud, Novum Enchiridion juris romani (p. 577-67-1). Paris, 1875.
3 Corpus inscriptionum latinarum, I, p. 73. - Haubold, p. 10. -Bruns, p. 3-4. - Giraud, p. 577.
4 Corpus inscr. lat., I, p. 49. - Haubold, p. 22. - Bruns, p. 40. - Giraud, p. .596.
5 Corpus inscr. lat., I, p. 45. -Haubold, p. 74.-Bruns, p. 38. -Giraud, p. 607.— M.Mommsen pense que le texte osque est tout simplement la traduction du texte latin, lequel, d'après lui, serait une loi ou un traité accordant à la ville de Bantia réparation de certaines atteintes que l'exécution des lois agraires des Gracques aurait portées à un traité antérieur.
6 Combinez les lignes 4, 14 et 15 de l'inscription avec Ascokius, Argumenlum in Milonianam, p. 40, Orelli.
7 Ces deux fragments se trouvent chez Bruns, p. 71 sq.
8 Cela semble résulter de l'intitulé du fragment : VHI de XX qu^storicus, combiné avec Tacite, Annales, XI, 22 : « Lege Sullae vigiuti (quaestores) creati supplcndo senatui, cui judicia tradiderat. »
lîNTRODUCTiO^Î. 7
régler le service des employés subalternes, attachés aux magistrats romains et désignés par les noms de scribœ, viatores, prœconcs et que, pour cette raison, on appelle habituellement kx de scribis, viatoribus et prœconibus ^.
5° Une table de bronze, contenant le plébiscite par lequel les droits de cité hbre furent accordés à la ville de Thermessus en Pisidie vers 681 de Rome ", et qu'on appelle habituellement lex {Antonia ou Fiindania) ou hien plebiscitum de Termessibus ou de Thermensibus ".
6° Une table de bronze à deux colonnes, découverte li Macinezzo sous les ruines de Veleja, dans l'ancien duché de Plaisance, contient quelques chapitres très-importants d'une loi qui remonte aux premières années du huitième siècle de Rome et qui se rapporte à l'administration de la justice dans la Gaule cisalpine '-. On a l'habitude de l'appeler lex {Rubria) de Gallia cisalpina ".
7° Deux fragments d'une table de bronze, trouvés en 1732 à Héraclée, près de Tarente, d'où le nom usité de tabula Heracleensis *\ L'un des fragments fut vendu en Angleterre : de là œs brUanniciim; l'autre, qui en forme la suite, resta à Naples : de là œs neapolitanum. Actuellement tous deux se trouvent dans cette dernière ville. Le plébiscite qui y est gravé donne des détails précieux sur l'organisation municipale des villes d'Italie. D'après une hypothèse savamment développée par M. de Savigny, ce serait le fragment d'une loi de Jules César, portée vers 709 de Rome et ayant pour but de soumettre les municipes d'Italie à un régime uniforme, lex Julia municipalis ^^.
8° Deux tables de bronze (dont l'une brisée en deux morceaux), trouvées en 1871 près de la ville d'Osuna en. Andalousie, contiennent des fragments considérables du règlement colonial {lex coloniœ), donné par Jules César à la colonie de citoyens romains qu'il établit peu de temps avant sa mort sous le nom de colonia Genetiva Julia ^®. ^ di^ÛL\A;^^ ©^
9 Corpus inscr. lat., I, p. 108. -Haubold, p. 85. - Bruns, p. 68. -Giraud, p. 611. — Terrasson, Appendice, n"' 5 et 6.
10 Voy., ci-après, n° 103.
" Corpus inscr. lat., I, p. 114. — Haubold, p. 134. — Bruns, p. 124. - Giraud, p. 609, — Terrasson, Appendice, n» 23.
'* Voy., ci-après, n» 107.
" Corpusinscr. ia^, I, p. 115.— Haubold, p. 144. -Blondeau,p. 77. — Bruns,p. 72.-Giraud, p. 613. — Le chapitre xx de la loi porte deux fois les mots suivants : Quod ejusIs H vm IV vir
PRiEFECTUSVE EX LEGE RuBRIA, SIVE ID PLEBISCITUM EST, DECREVERIT ; d'OÙ PUCUTA a COnclU qUC la loi
portait le nom de lex Rubria.
1* Corpus inscr. /a;., 1, p. 119.- Haubold, p. 98. -Blondeau,p. 81. - Bruns, p. 76. -Giraud, p. 616.
*5 Voy., ci-après, n"^ 72. 107, et de Savigny, dans Zeitschrift fiir geschichtliche Rechtsivissen schaft, t. IX, n» 1 1 , pages 300-378.
*6 Le texte de ces inscriptions a été publié d'abord par M. Berlanga, Los bronces de Osuna, Malaga, 1873, avec un supplément, 1874; ensuite, par M. Tu. Mommsen, dans son Ephemeris
9" Une table de bronze, trouvée au Capitole de Rome, contient les derniers chapitres de la loi par laquelle le pouvoir impérial fut déféré à Vespasien, lex de ituperio Vespasiani ".
iO" Deux tables de bronze, découvertes en 1851 à Malaga, contiennent des fragments très-étendus du règlement municipal, accordé par l'empereur Domitien à la cité fédérée de Malaca et à la ville de Salpensa, faisant partie l'une et l'autre de la province d'Espagne appelée la Bétique, leges ou tabulœ Malacitana et Salpensana ^*.
Il" Une table de bronze, trouvée dans le Tibre près de Todi, l'ancien Tuder (de là fragmentum Tudertinum), contenant la fin d'une loi de date et de nom inconnus, mais qui paraît avoir eu pour but l'organisation d'une colonie *".
12° Une table de bronze, trouvée dans la Calabre, contient un sénatusconsulte de BacchanaUbiis de l'an 568 de Rome, avec la lettre d'envoi par laquelle les consuls notifient le décret aux magistrats d'une ville ^".
13" Une table de marbre, découverte en 1868, nous a conservé la traduction grecque d'un sénatus consulte rendu en 584 à la suite de certaines réclamations d'habitants de la ville de Thisbé en Béotie ^'.
14° Une table de bronze, contenant une lettre par laquelle le préteur L. Cornélius notifie aux habitants de Tibur le décret du sénat, qui, vers 664, leur accorde pardon pour la conduite qu'ils avaient tenue pendant la guerre sociale ^-.
15° Une table de bronze, trouvée au seizième siècle, contient un sénatus-consulte de l'an 675, accordant à trois capitaines de navire grecs certains privilèges pour les récompenser des services qu'ils avaient rendus h. la république pendant la guerre sociale ".
epigraphica, II, 103-151, 221-23:2 ; enfin, tout récemment, par 51M. Gibaud, Paris, 1874, et Bruns, dans Zeilschrift fur RechtsgescJiichte, t. XII, livraison 1.
*" Orelli, Inscr., n" 567. - Haubold, p. 221. - Bruns, p. 92. - Giraud, p. 627. - Haenel, Corpus legum, p. 57. — Cf., ci-après, n" 145.
'S Corpus inscr. lat., 11, p. 233. — Bruns, p. 94. — Giraud, p. 628. - Haenel, Corpus legum, p. 63. — Cf., ci-après, n» 171.
•9 Bruns, p. 90. Il se pourrait aussi que ce fût un règlement fait par des commissaires, chargés de l'établissement et de l'organisation d'une colonie (ci-après, n" 104), ou même tout simplement un règlement communal. Le même doute existe à l'égard de deux autres fragments de plaques de bronze, extrêmement mutilés, qui se trouvent à Milan et à Florence, et qui sont reproduits dans le Corpus inscr. lat., I, p. 336, et par M. Bruns, p. 91.
20 Corpus inscr. lat., I, p. 45. - Haultold, p. 5. — Bruns, p. 103. - Giraud, p. 659. — Terrasson, Appendice, n" 1.
2» Le texte de ce sénatus consulte, avec un commentaire de M. P. Foucart, se trouve dans les Archives des missions scientifiques et littéraires. Il" série. Tome VII, p. 321. Paris, 1872.
22 Corpus inscr. lat., I, p. 107. — Terrasson, Appendice, n" 2.
23 Ce senalusconsultum de Asclepiade, Polyslrato et Menisco, comme on a l'habitude de l'appeler d'après les noms des trois va.vap-x,ot, se trouve dans le Corpus inscr. lat., I, p. 110. — Haa boid,p.90. -Bruns, p. 120.
LMRODUCTION, 9
16" Une table de marbre, sur laquelle se trouve gravée une délibération d'un coUegiim funeratitiiim de Lanuvium (ci-après, note 49), contient un chapitre d'un sénatus-consulte de coUegiis '^^.
17° Une table de bronze, découverte dans les ruines d'Herculanum, donne le texte de deux sénatus-consultes dont l'un, de l'an 48 de l'ère chrétienne, défend d'acheter des maisons en vue de les démolir, et dont l'autre, plus récent, de l'an 56, dispense, pour un cas particulier, de cette défense "^
18° Une table de bronze, trouvée au seizième siècle près de Gênes, contient un décret de 637 rendu par les frères Q. et M. Minucius, à ce commis par le sénat ^\ pour décider une contestation existant entre la ville de Gênes et quelques communes voisines sur les limites de leurs territoires respectifs, sententia Mimiciorum ^\
19" Une plaque de bronze, trouvée près de Cadix, contient un décret de 564, par lequel L. ^milius Paulus, préteur de l'Espagne ultérieure, déclare les habitants de la Turris Lascutana libres vis-à-vis de la colonie de Hasta *^.
20° Une inscription sur pierre nous a conservé un édit de l'empereur Auguste concernant l'aqueduc de la ville de Venafrum dans l'ancien Samnium, edictum Venafmnmn '^^.
21° Une table de bronze, trouvée en 1869 dans le village de Clés, près de Trente, contient un édit de l'an 46 de l'ère chrétienne, par lequel l'empereur Claude reconnaît ou attribue le droit de cité romaine aux habitants de trois villes des environs de Trente '°. On appelle habituellement cette inscription : la Table de Clés ou Edictum Claudii de civitate Anaunoruni ^*.
22° Une table de bronze, portant un décret de l'empereur Domitien, de l'an 82 de l'ère chrétienne, qui statue sur des contestations agraires entre les villes de Paieries et de Firmium ^^
24 Orelli, Inscr., n» 6086. - Bruns, p. 108. 165. - Giraud, p. 66Ô, lin. 15 sqq.
23 Haubold, p. 193. - Bruns, p. 109. - Giraud, p. 641. - Haenel, Corpus Ic'Jim, p. 53. - Terrasson, Appendice, n»^ 27 et 28. — On a l'habitude de donner a ces deux sénatus-consultes les noms de Hosidiamtm et Volusiamm, par la raison que le premier a été rendu Tan 48 de l'ère chi'clicnne, Cn. Hosklio Geta et L. Vagellio Consulibits, et le second, en 36, A. Volusio et P. Cornelio Coss.
26 C'est pourquoi l'on donne aussi parfois à ce document le nom de SC. de Genuatibus.
27 Corpus inscr. lat., I, p. 72. -Bruns, p. 170. - Terrasson, Appendice, n» 76. 2s Corpus inscr. lat., Il, p. 699. — Bruns, p. 119.
29 Cette inscription, découverte par M. Mommsen et publiée par lui cn 1846, se trouve chez Orelli, Inscr., n» 6428. - Bruns, p. 110. — Giraud, p. 645. - Haenel, Corpus legum, p. 207.
30 Bruns, p. 126. -Giraud, p. 644.
3» Les Arimini sont les habitants de l'une des trois villes gratifiées; ceux des deux autres s'appellent TuUiasses et Sinduni.
32 Bruns, p. 175.-Haul)old, p. 250.-OreUi, Inscr., n" 5118.-Grutcrus, Inscr., p. 1081. n"2.
BIBLIOTHEQUE: DF DROl^
U.dU
23° Une table de marbre, portant une épître par laquelle l'empereur Commode reconnaît le droit de cité aux habitants de Tyra, ville située à l'embouchure du fleuve Tyras (aujourd'hui Dniester) dans la mer Noire, epistola Commodi ad Tyranos ".
24" Une inscription lapidaire, qui existe en six exemplaires, nous a conservé un édit de Dioclétien et de ses collègues de l'an 303, fixant le prix maximum de certaines denrées et le taux des salaires, edidum Diocletiani de pretiis rerum veiialium ^^.
25" Une table ancienne, aujourd'hui perdue, mais dont l'inscription a été conservée, contenait un édit de l'empereur Constantin sur les accusations publiques, de l'an 314 de l'ère chrétienne ^^
26° Une inscription lapidaire, trouvée dans l'île d'Amorgos, porte un édit de l'empereur Julien sur les judices pedanei, de l'an 362 de l'ère chrétienne '^
27*^ Deux inscriptions grecques gravées sur les murs d'un temple dans la grande Oasis d'Egypte retracent deux édits de préfets d'Egypte, concernant Fadministration de la province et ayant pour but de protéger les habitants contre les exactions des fonctionnaires et des soldats. L'un de ces édits, de ran49de l'ère chrétienne, est de Cn. VergiliusCapito; l'autre, de l'an 68, émane de Ti. Julius Alexander ".
28° Deux édits de L. Turcius Apronianus et de Claudius Julius Eclesius, de l'an 329 de l'ère chrétienne, contenant des dispositions relatives au débit de la viande et en faveur des marchands de viande de porc, suarii ^^
29° Une table de bronze, découverte dans l'île de Sardaigne, porte un décret de 68 défère chrétienne, par lequel le proconsul L. Ilelvius Agrippa sir.tue sur une contestation agraire entre deux villes de la Sardaigne ".
33 Bruns, p. 127. -Orelli, Inscr., n» 6429.
34 Haubold, p. 268, et Appendice, p. 1-23. - Haenel, Corpus legum, p. 173.
35 Haubold, p. 288. - Haenel, Corpus legum, p. 190. Cet édit est reproduit avec des omissions et des altérations notables dans les L. 1, Th. C, ad legem Juliam majcstatis 9, 5 et L. 5 J. C, eodem, 9, 8.
36 Haenel, Corpus legum, p. 112. Une partie de cette constitution est reproduite dans les L. 8, Th. C, de ojficio rectoris provincke 1, 16 et L. 5, J. C, de pedaneis judicibus 5, 5.
37 Ces deux inscriptions ont été d'abord publiées par le voyageur français qui les avait découvertes en 1818: M. Ferd. Catllaud, Voyage à l'Oasis de Tlièbes, rédigé et publié par M. Jomard. Paris, 1822'; ensuite, avec une traduction, par M. Letronne, dans le Journal des savants, novembre 1822, et dans l'ouvrage qui a pai'u sous le titre : Recherches pour servir à Vh'stoirc de l'Egypte. Paris, 1823. Elles se trouvent également dans le Corpus inscriptionum grœcarum, IH, p. iio;chez WimicX, Corpus legum, p. 26,^, et chez Haubold, p. 199, qui a suivi le texte et le commentaire publiés par HL'DoRFF,/î/(c/H/sc/(fsMHse«w//Vr P////o/o.9(>,n""= année, p. 64-85, et p. 133- 190. — M. Bruns, p. Ho, donne deux chapitres de Tédit de Ti. Julius Alexander.
3s Haubold, p. 291. - Blondcau, p. 102. 59 Bruns, p. 172.
INTKODUCTION. II
30° Deux tables de marbre trouvées à Rome nous ont conservé une sentence par laquelle Faltonius Restitutianus, prœfectus vigilum sous Gordien, mit fin h un procès existant entre une corporation de foulons à Rome et un adversaire inconnu, probablement le fisc. Us fuUonum ^°.
31" Diverses inscriptions contenant des décrets émanés de conseils municipaux et provinciaux *K
32" Enfin, il nous faut mentionner les inscriptions contenant des ordonnances impériales qui accordent divers privilèges *^ à des vétérans, le plus souvent à l'occasion de leur congé, honesta missio.Ces ordonnances collectives étaient gi-avées sur des tables de bronze que l'on gardait au Capitole. Aucune de ces tables ne nous a été conservée; mais nous avons un assez grand nombre (plus de cinquante) d'extraits des ordonnances délivrées à l'un ou h plusieurs des soldats favorisés, sur des tablettes de bronze se repliant en diptyque, diplomata '^'\
Pour passer ii la seconde catégorie, la transition nous est fournie par quelques inscriptions relatant des actes qui, tout en émanant d'autorités publiques ou de corporations reconnues, ne se rapportent cependant qu'à des intérêts privés. Telles sont :
a. Une table de marbre, trouvée à Pouzzoles près de Naples, et contenant le cahier de charges d'une entreprise de constructions pour le compte de cette ville, lex parieti faciendo Puteolana ^*.
b. Diverses inscriptions portant dédication de temples par des magistrats municipaux *^
c. Une table de bronze, trouvée en 1747 à Macinezzo dans l'ancien duché de Plaisance et portant constitution d'hypothèques, obligatio prœdiorum, sur un grand nombre de fonds de terre situés à Veleja,pour sûreté d'une rente fondée par Trajan en faveur d'un nombre déterminé d'orphe-
■*" Bruns, p. 174. - Giraiid, p. 666. — Terrasson, Appendice, n" 71.
*' Nous empruntons à Rudorff, Romisclie Rechtsgeschichte, t. I, § 68 in fine, p. 251,1a nomenclature suivante : A) Décrets des conseils municipaux de Gabii, de Tergoste, de Cumes, de Peltuinum. Haubold, n»' 57. 59. 66. - Orelli, Inscr., n»' 775. 156S. 2-263. 40-50. 7168.-Haenel, Corpus legiim, p. 270. - Terrasson, Appendice, n» 60. —B) Décrets des habitants de la province d'Asie en l'honneur du proconsul Paulus Fabius Maximus, consul en 745 {Corpus inscr. grœcarum, "902, b); de la colonie d'Antiochia Caesarea, en Pisidie, sous Jlarc-Aurèle et Verus {ibidem,2Si 1 ,b); de la ville de Slilète, en commémoration de l'adoption de Septime Sévère {ibidem, 2878. Cf. 1756).
*2 Particulièrement le droit de cité {diplomala civitalis, Suétone, Néron, 12), la faculté de contracter mariage et d'acquérir la puissance paternelle en dehors des dispositions du droit commun. Cf., ci-après, n" 76, et t. III, § 505, note 5.
*3 Les deux mots âi~)Mury. (de rfnzïôo:, rJiTzlor,)) et Si.---j'/oq (de ^tç et -t-jo-o-w, plier), sont synonymes. — Seize de ces diplômes se trouvent dans Spaw.enberg, Jiiris romani tabula', n» 69. M. Bruns, p. 128 sq. en donne deux, dont l'un se trouve également chez M. Giraud, p. 669.
** Corpus inscr. lat., I, 163. - Haubold, p. 70. - Bruns, p. 139.
*5 Haubold, p. 141. - Bruns, p. 91, c. - Orelli, Inscr., n»' 2188. 2490. 4574. 4586 sq. 4406. 4417. 4421. 4428.
lins de cette ville ■'^ C'est par ce motif qu'on appelle souvent cette inscription, qui date de 103 de l'ère chrétienne, tabula aUmentaria Trajani. La même table contient une obligatio prœdiorum de même nature, reçue deux ans avant la précédente par Cornélius Gallicanus, prœfectus alimentomm sous Trajan ■'^ — Une inscription analogue, se rapportant à un établissement d'orphelins, fondé par Trajan en faveur des Ligiiri Baebiam (de là tabula Baebianorum),2i été trouvée en 1838 dans le bourg de Campolattari près de Bénévent ■**.
d. Diverses inscriptions, relatant des statuts et des délibérations de corporations autorisées ", des traités et octrois d'hospitalité, etc. ^".
Parmi les documents purement privés, il nous a été conservé, par des inscriptions sur bronze ou sur pierre d'abord plusieurs fragments de testaments, dont l'un fort étendu d'un certain Dasumius,de l'an 109 de l'ère chrétienne ^^; ensuite des actes de mancipation ^^, de constitution et reconnaissance de servitudes et de superficie ". Des inscriptions pariétaires, découvertes h Pompéi, constatent l'existence de servitudes, annoncent des maisons à louer, promettent des récompenses pour la restitution d'objets perdus, etc. ^*. Enfin, bien que dans la langue technique on ne leur applique pas le nom d'inscription, nous devons mentionner, à cause du caractère d'authenticité qu'elles présentent, les tablettes de bois, habituellement triptyques, enduites de cire ^% et les feuilles de papyrus et de parchemin qui nous ont conservé un grand nombre de documents intéressants, notamment des procès-verbaux de corporations, des actes de vente, de société, de prêt d'argent, des procès-verbaux d'ouverture de testaments, etc. ^^
Outre ces inscriptions que nous venons de signaler comme ayant un
*6 Voy., sur ces établissements de bienfaisance, ci-après, § 23.
" Les deux inscriptions sont reproduites en entier dans le Corpus inscr. lat., II, p. 157. Terrasson, Appendice, noôS— Spangenberg, Juris romani tabiilœ negotiorum solemiiitim, p. 507 sqq. — Haenel, Corpus legum, p. 69 et 72 sqq. — MM. Bruns, p. Ui sqq., et Giraud, p. 653 sq., en donnent des extraits. Nous en donnerons également ci-après, § 25 et § loo, note 18.
*8 Orelli, Inscr., t. III, n» 6664. - Haenel, Corpus legum, p. 70. — MM. Bruns et Giraud, 1. 1., en donnent un extrait.
*9 Bruns, p. 164. - Giraud, p. 662.
50 Bruns, p. 165.
s» Bruns, p. 147. — Giraud, p. 657. — D'autres fragments de testaments chez Spangenberg, Juris romani tabulœ negotiorum solemnium, p. 1 sqq.
52 Bruns, p. 151 sqq. p. 142 sq. -Giraud, p. 649 sqq. p. 653. — Spangenberg,/. /.,p. 153 sqq. - Cf. ci-après, §§ 97. 153, note 5, et t. II, §§ 211. 232.
53 Bruns, p. 141 sqq. — Giraud, p. 056 sq. 5* Bruns, p. 158, III, 1; p. 140-141.
7 /^/ffttf: ^^ C'est surtout dans la Transylvanie qu'on a trouvé, depuis 1786, un grand nombre de ces tabulœ ceratœ.
50 Bruns, p. 155, II; p. 157 sq.; p. 140, V; p. 155, n» 5.- Giraud, p. 649. 652 sq. 661 sq. — Cf. ci-après, t. II, §§ 207. 224. 252 et t. III, § 394.
INTRaDUCTION. 13
rapport direct avec l'histoire du droit romain, l'antiquité nous a laissé un grand nombre d'autres monuments qui contiennent des indications utiles pour notre matière. Parmi ceux qui nous fournissent des données pour l'histoire politique de Rome, nous remarquons particulièrement la table de marbre, trouvée près d'Angora dans l'Asie Mineure et connue sous le nom de monumentum Ancyramtm " ; les deux tables de bronze qui nous ont conservé le discours prononcé par l'empereur Claude à l'occasion de l'octroi du droit de cité qu'il fit aux habitants de la ville de Lyon ^®; les bronzes et marbres qui contiennent des tableaux chronologiques, fasti ^\ D'autres inscriptions donnent des renseignements intéressants sur la vie sociale des Romains (pierres sépulcrales, éloges funèbres ''*'), sur l'administration de l'empire, sur l'organisation des communes et des corporations et associations aux diverses époques de l'histoire romaine, etc. ^*. Les monnaies et les médailles fournissent aussi à la science des indications souvent importantes pour l'histoire du droit public de Rome, surtout en ce qui concerne l'époque impériale ^^.
5' J^empereur Auguste avail ajouté à son testament trois annexes (d'après Zonaras encore une quatrième, contenant mandata ad Tiberium etpopulum). La première de ces trois annexes renfermait des instructions concernant ses funérailles ; la troisième, un inventaire des forces de l'empire, breviarium totiiis Imperii; la seconde, un aper<,'u des actes de son règne, index renim a segestarum. Ce dernier document devait être gravé sur bronze et placé devant son mausolée. Suétone, Octave, 101. Il nous a été conservé par deux inscriptions : la première, très-incomplète, à Apollonia, en Pisidie; la seconde, à Ancyra (Angora), en Bithynie. Celle-ci, assez étendue, se trouve en latin dans l'intérieur du vestibule du temple de Roma et Aiigiistiis, et en grec sur le mur extérieur. Après avoir été publiée d'une manière plus ou moins correcte dans divers ouvrages (entre autres dans le Tacite d'Oberlin), elle a été soigneusement collationnée et éditée par MM. Georges Perrot et Edm. Guillaume. Paris, 1861, et enrichie d'un commentaire par M. Th. Mommsen, Res gcstœ Divi Aiigusti. Berlin, 1865.
ss Gruterus, Inscr., p. 502. - Haubold, p. 190. — Haenel, Corpus legum, p. 49.
59 Parmi ces tableaux, dont les uns tracent le calendrier romain, les autres indiquent la suite des consuls et des triomphes, se distinguent : dans la première catégorie (calendriers), celui connu sous le nom de tabula Maffeinna (appelée ainsi parce que cette table, aujourd'hui en grande partie perdue, a été, pendant longtemps, dans la possession de l'illustre famille des Mafféi) et les tables de Préneste; dans la seconde, les tables duCapitole et celles de Vénusie. L'espace ne nous permet pas de mentionner les divers essais qui ont été faits pour restituer les fastes, et nous pouvons nous en dispenser d'autant mieux que tous ces essais sont effacés par l'important travail que M. Th. Mommsen a fait insérer dans le Corpus inscriptionum latinarum, t. I, p. 295 sqq. C'est d'après ce travail que M. Bruns, Fontes juris antiqui, p. 28, donne un calendrier romain. Quant aux Fasti consulares et triumphales, nous renvoyons le lecteur, qui ne peut consulter le Corpus inscriptionum latinarum, au travail de M. Baiter, qui se trouve au tome VIII des OEuvres de Cicéron, éd. Orelli.
60 Pierres sépulcrales, etc. Bruns, p. 159 sqq. - Orelli, /«scr., t. II, chapitre 20. — Laudationes funèbres. Bruns, p. 155 sqq. — Giraud, p. 670 sq.
6' Nous mentionnerons, aux endroits convenables, les inscriptions qui rentrent dans ces catégories.
62 A consulter surtout les ouvrages suivants : Spanhemius, Diss.'rlatio de prœstantia et usu numismatum antiqitorum. Rome, IGGi. Amsterdam, 1G71. Londres et Amsterdam, 1706 et 1717. — Vaillant, Numismata imperalorum romanorum. Paris, 1697. — Eckhel, Doclrina numorum