L'EMPIRE DE BYZANCE
dose II (425) ordonna l'installation de deux professeurs de droit auprès des écoles publiques de Rome et de Constantinople ^"" qui étaient administrées par les sénats de ces deux villes et dans lesquelles on apprenait depuis longtemps déjà la grammaire, la rhétorique et la philosophie ^^ Les professeurs enseignant dans les écoles publiques recevaient des traitements et obtenaient, après vingt années de loyaux services, le rang de vicaires ^^. Ils jouissaient aussi de divers privilèges, particulièrement de l'exemption de certaines charges publiques : ces avantages cependant n'étaient point limités aux membres du personnel enseignant officiel ^^ Dans les villes provinciales se trouvent également des écoles de droit ^% sans que nous puissions constater si elles étaient publiques ou privées; toutefois l'école de Béryte, déjà célèbre vers le milieu du troisième siècle, paraît avoir été un établissement public ". Quoi qu'il en soit, par la constitution dont nous avons parlé plus haut, Justinien défendit, sous peine de dix écus d'or, tout enseignement privé de la science du droit ^^ et borna l'enseignement public aux trois écoles de Rome, de Constantinople et de Béryte ^^ La même ordonnance gratifie ces établissements d'un règlement d'études qui témoigne à la fois de la sollicitude paternelle du prince et de l'abaissement de l'esprit scientifique de l'époque *".
DESTINÉES DU DROIT ROMAIN EN ORIENT f.
248. Peu de temps après la mort de Justinien, Julien, professeur à Constantinople, fit, en latin, un abrégé de 125 novelles, connu sous le
5* L. 5, Th. C, de studiis liberalibiis tirbis Roniœ et Constantinop., 14, 9.
53 \oy. ci-dessus, page ôOI, note 75.
5* L. 1, § 2. L. 11, Th. G., de medicis et professoritiiis 15, 5. — Sanctio pragmat. Il'stiniaxi propclitione VigUu,c. 22. - L. 17. Th. C, de medicis et prof. 13, 3. - L. 1, Th. C, de professoribiis qui in urbe Constantinop. 6, 21. -L. 1,1. C, eodem 12, 15. Cf. Cassiodoue, Yariœ, IX, 21. X, 7, et ci-après, note 58.
55 Vatic. fragm. loO. — Fr. 6, D., de excusatiombus 27, 1. — Fr. 8. 9. 10, D., de vacationibus liO, 2. - Fr. 18, § 50, U., de muneribus 50, 4. - L. 1. 3. 5. 10. H. 16, Th. C, de medicis et prof. 15, 5. — L. 1. 6. 11, I. C, de professoribus 10, 52 etpassim.
56 Particulièrement à Athènes, Ccsarée, Alexandrie. 5' Const. Omnem reipublic.e, § 7.
58 Const. Omnem keipcblic.e, § 7.
59 La constitution citée parle de Béryte et des deux capitales, regiœ urbcs, bien que Rome appartint a cette époque aux (jstrogoths. Nous avons vu, au reste, ci-dessus, note 21, qu'après la conquête de l'Italie, Justinien publia sa collection dans ce pays par la Sanctio pragmatica pro pelitione Vigilii, c. M. Le chapitre 22 de la même constitution ordonne de continuer à l'école de droit les rétributions queThéodoric n'avait point cesse de lui accorder.Cf. Cassiodore, Varice, IX, 21. Après la prise de Rome par les Langobards, il parait que l'école fut transférée à Ravenne. Cf. ciaprès, n» 254 in fine.—iiéryle fut, en 654, détruite par un tremblement de terre et un incendie, et ne se releva plus.
*0 Const. Om.NEM RElPUIiLIC.E, § 1-6.
t yoij. sur cette matière : C. E. Zachari.e, Uistoriœ iitris grœco-romani delineatio.\\Q\A(i\htv%,
nom d^Epitome novellanm * . Vers la même époque, parut aussi une traduction latine des Novelles, qu'on appela dans la suite Corpus autJmiticum pour la distinguer de l'épitome de Julien. C'est le texte de cette traduction qui fut, plus tard, adopté par les glossateurs et appelé Versio vulgata *. Il y eut encore plusieurs traductions grecques des Institutes, du Digeste et du Code, et, au mépris des ordonnances de Justinien, les jurisconsultes ne manquèrent pas de composer de nombreux commentaires sur ces collections ^
Les changements inévitables de la législation firent bientôt sentir la nécessité de faire de nouveaux codes.
249. En 740, Léon III et son fils, Constantin Copronyme, publièrent un abrégé de la législation de Justinien, hloyh rôyj vôu.wj^ dans lequel les parties qui se rapportent au droit de famille ont subi des changements notables*. — Une réforme plus importante fut entreprise par Basile, le Macédonien. Cet empereur publia d'abord (entre 870 et 878) une espèce d'Institutes sous le titre de -K^ôyzi^ov rwv voumv % et conçut ensuite le projet de composer un grand ouvrage dans lequel seraient fondus tous les recueils de Justinien et les lois postérieures. Cet ouvrage, composé de quarante livres et appelé àva/aSapci? twv TraXatwv vôp.wv ^, fut remanié par le fils de Basile, Léon VI, dit le Philosophe, et promulgué, en 887, sous le nom de Basiliques, Bao-Jt/â ^ Les Basiliques sont divisées en
1859. - I. A. MoNTREUiL, }ii&toire du droit byz-antin. Paris, 1843-1846. - E. Heimbach, Historia iurisprudentiœ civilis in imperio orientali a lustiniano mque ad Basilium Macedonem (formant le tome VI des Basiliques, ci-après, note 9). Leipzig, 1870. — On trouve un aperçu concis et suffisamment complet de l'histoire du droit byzantin dans l'ouvrage de M. Alph. Rivier, Introduction historique au droit romain, §§ 208-211, pages 437-454.
1 Cet abrégé jouit d'une grande autorité en Occident pendant le moyen âge. Du temps des glossateurs, on lui donnait le nom de Novella par excellence. De Savigny, Histoire du droit au moyen âge, t. III,chap. XXXII, n» IV. Cf. ci-après, n»* 254. 260.— Une belle édition de VEpitome luliani vient d'être publiée par M. G. Haenel. Leipzig, 1873.
- Cette traduction qui, au reste, ne contient que 154 novelles, est barbare et parfois obscure; mais elle a, en général, le mérite d'être exacte, xarà Trocjrx. Sous les glossateurs, elle remplaça l'abrégé de Julien qui auparavant avait eu la vogue ; aussi figure-t-elle dans la plupart des éditions du Corpus iuris civilis. Une édition complète et correcte a été donnée de nos jours par G. E. EEmBXCïi, Authenticum. Novelîarum constitutionum lustiniani versio vulgata. Leipzig, 1846-
5 Voir les ouvrages cités ci-dessus, note f.
* 'Ey.loyn Twv vôf/wv èv (Tuvrôpw y-vouivei, publiée par Zachari^, dans sa Collectio librorum iuris grœco-romani ineditorum. Leipzig, 1832. — Cf. M. Mortreuil, t. 1", p. 537.
5 '0 noôyjipo; vofxo;, edidit C. E. Zachari^. Heidelberg, 1837. — L'empereur fit, plus tard, après l'achèvement de son àvazà9ap(7t;(i'0î/. la note suivante), une nouvelle édition du ProcMron, sous le titre 'ETravavw'/ïj toO vô//.ov, dont une édition nous a été donnée par Zacharlï, dans sa Collectio, p. 61-127.
6 ProcMron, prœf., § 3. -Epanagoge, prœf., § 1. — Zachari^, Hist. delineatio, § 28.
7 Zachari^, Hist. delineatio, §§ 29. 30. - Mortreuil, II, p. 62-267. - Heimbach, p. 140 sqq. — Le mot Basilica signifie probal)lemcnt « lois impériales », Ba(7t),r/.aî (îia-â?£i;.Il est possible aussi, quoique moins probable, que le nom ait été donné en l'honneur de l'empereur Basilius.