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PRÉFACES DES PRÉCÉDENTES ÉDITIONS XIII

espérer que sa foi dans les règles financières, si elle persiste, recevra encore sa récompense.

Aux États-Unis, les dépenses publiques, spécialement les allocations de pensions militaires (i), ont pris un développement inconsidéré. En 1878, le nombre des anciens combattants de la guerre de Sécession pensionnés ne dépassait pas 223.000. Depuis lors ces anciens combattants ont pullulé; ils sont aujourd'hui 538.000 environ, absorbant annuellement 533 millions de francs, et Ton prévoit qu'ils vont imposer aux prochains budgets une charge de 800 millions. Seul peut-être, dans le monde, le Trésor américain est capable de résister à un tel assaut.

Le Chili, en proie à la guerre civile, devient, par la cause même de cette guerre, un instructif exemple au point de vue du droit budgétaire. La révolution actuelle découle, en effet, exclusivement du conflit financier survenu entre le chef du pouvoir exécutif et le parlement. Déjà, à propos du budget des recettes en juillet 1890, certaines difficultés constitutionnelles avaient fait suspendre les perceptions pendant trois semaines sur toute la surface du pays. A partir du ier janvier 1891, le président Balmacéda ayant mis à exécution, de sa propre autorité, le budget des dépenses que les Chambres avaient refusé de voter, les partisans du Congrès prirent les armes et donnèrent le signal de la révolte générale.

Les dépenses ainsi maintenues, ou même augmentées, entraînent une conséquence à laquelle on ne pense pas assez, celle de rendre à peu près impossible toute réforme fiscale sérieuse En somme, l'excès des dépenses constitue le véritable mal des budgets modernes.

Août 1891.

(1) oc Le spectre le plus menaçant qui se dresse aujourd'hui sur le chemin « de la sécurité du gouvernement et du bonheur des peuples est Fextracc vagance impudente et maligne de nos dépenses publiques. Je crois que « c'est la plus perverse de toutes les couvées nées de la perversion gou- « vernementale. » (Discours de M. Cleveland, cité dans un article de M. Moireau, de la Revue des 'Deux-Mondes du i*t juillet 1891.)

Extrait de la préface de la première édition.

Le cours de finances, à l'École libre des sciences politiques, comprend deux années d'enseignement, dont le programme répartit les matières entre les trois divisions suivantes : d'abord le budget ; ensuite, les impôts ; enfin, les ressources extraordinaires.

Sur les trois divisions de ce programme : budgets, impôts et ressources extraordinaires, la première seule, le budget, fera l'objet de ce livre.

Les souvenirs de ma carrière administrative m'ont beaucoup aidé dans un tel travail. Ayant pu voir de près, au sein de l'Inspection générale des finances, au Cabinet du ministre des finances, au Secrétariat général, à l'Administration des contributions indirectes, fonctionner, sous leurs divers aspects, les rouages du mécanisme budgétaire, j'ai pensé faire œuvre utile en appuyant, le plus souvent possible, par des exemples tirés de la pratique, les déductions de la science financière.

En cette matière, d'ailleurs, la voie se trouvait depuis longtemps magistralement tracée. Dès 1871-1872, M. Paul Leroy- Beaulieu entreprit son cours à l'Ecole des sciences politiques. Puis, il composa les deux volumes de son Traité de la science des finances^ qui sont dans toutes les mains. Encore aujourd'hui, les élèves ne connaissent pas d'autre auteur financier que leur premier illustre maître. Aussi, celui qui vient, à son tour, professer devant eux, doit-il s'efforcer de renouveler, autant que possible, son enseignement, s'il ne veut pas entendre, tout en parlant, tourner les pages du livre que chacun consulte.

M. Paul Leroy-Beaulieu a occupé la chaire financière à l'Ecole des sciences politiques de 1871-1872 à 1880. Après lui, la liste chronologique des professeurs contient les noms suivants :

M. Alfred de Foville, 1 879-1 880 à 1883 ; M. René de Laboulaye, 1883-1884 ; M. Léon Say, 1884.

De tels devanciers m'imposaient une tâche difficile. J'en dois

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