‹ Cours de finances. Le budgetChapitre 2 sur 163 · PRÉFACES DES PRÉCÉDENTES ÉDITIONS · texte numérisé non relu

PRÉFACES DES PRÉCÉDENTES ÉDITIONS

inscrits au budget de 1900-1901 ont un caractère tout à fait exceptionnel. Car, dans leur sein, prennent place les frais énormes de la guerre sud-africaine, frais insuffisamment évalués jusqu'ici, auxquels s'ajouteront les frais nouveaux de la guerre de Chine. En fin de compte, le budget anglais de 1900- 1901 se réglera peut-être avec quatre milliards, ou quatre milliards et demi de dépenses. Mais c'est là, nous le répétons, un budget exceptionnel. Il convient môme incidemment de louer le procédé très régulier par lequel l'Angleterre englobe, en un seul total, ses dépenses de toute nature, môme ses dépenses extraordinaires de guerre, afin de maintenir l'unité budgétaire.

Septembre 1900.

Extrait de la préface de la troisième édition.

Le système fiscal français, très inconsidérément attaqué, témoigne d'une vitalité qui devrait inspirer respect aux candidats réformateurs. Façonné par la Révolution et par les régimes successifs depuis près d'un siècle, son rendement progressif, ses rentrées faciles, constatés au cours de ce volume, forment

des symptômes particulièrement encourageants

Tout n'en a pas moins une fin, même la bonne volonté des contribuables. D'un instant à l'autre, les faits peuvent l'enseigner à nos dépens. Ne nous illusionnons donc pas au point de croire que le régime actuel de progression des dépenses puisse durer indéfiniment. Contentons-nous de savoir que nous possédons plus de résistance peut-être que nos voisins, que, malgré de lourds budgets, sous la condition, bien entendu, de ne rien compromettre, cette merveilleuse régularité dans le payement de l'impôt nous rendra encore éventuellement capables d'appuyer notre patriotisme d'un énergique effort financier (1). Mais reconnaissons que le moment est venu — depuis longtemps venu même — de changer de méthode

Septembre 1896.

(1) Voir notre article le Trésor de Guerre, dans la T^evue de Paris du 1er mars 1896.

Extrait de la préface de la deuxième édition.

En France, la suppression des budgets sur ressources extraordinaires vient d'être conquise, premier pas dans la voie de l'unité budgétaire. On peut espérer voir bientôt aussi les garanties d'intérêt rentrer dans le giron du budget ordinaire, puisque le projet de budget de 1892 propose d'y incorporer celles qui concernent les chemins algériens. Mais, provisoirement encore, nos budgets se démembrent en quatre parties non totalisées (au lieu de cinq autrefois) et leurs opérations demeurent obscures et enchevêtrées. Les crédits additionnels, après les excès de 1881 à 1885, semblaient enrayés, il y a deux ans. Aujourd'hui, la tendance à la progression se manifeste de nouveau et surtout la nature des demandes redevient inquiétante.

En Angleterre, les crédits additionnels sont toujours à peu près inconnus. Il y a deux ans, M. Goschen déclarait, avec un juste sentiment d'orgueil, n'avoir eu à demander aucun supplément pendant Tannée fiscale 1887-1888. Son dernier exposé révèle seulement une addition de 10 millions 1/2 de fr. aux crédits primitifs en 1890-1891. En somme, cette année 1890-1891 se solde par 43.900.000 fr. d'excédent de recettes ; 162.500.000 francs ont été consacrés à l'extinction de la dette publique. Voilà, certes, un bilan enviable.

La seule critique que motive la construction des lois de finances anglaises est le rétablissement, ou plutôt l'extension, depuis deux ans, de certaines cases à part, qui tendent à constituer des budgets extraordinaires. Au moment où nous supprimons cet appendice irrégulier, les Anglais semblent lui rendre faveur. En 1891-1892, 128.500.000 fr. de ressources extraordinaires seront créées.

L'Italie, dont nous vantons les codes réglementaires dans presque tous les chapitres de ce livre, avait déjà réussi, grâce à ce souci des bons principes, à sortir victorieuse des difficultés du début de son installation. Elle était même parvenue vers 1880 à un degré de prospérité qui semblait définitif. On doit

Page 1