GARANTIES D'INTÉRÊT AUX COMPAGNIES DE CHEMINS DE FER
gets de 1886 à 1892, alors qu'aucun autre service spécial n'y fit» ure, nous répondrons qu'il vaudrait peut-être mieux demander pourquoi tous les services spéciaux n'y figurent pas toujours ? Le mieux serait évidemment de ne pas employer l'institution dangereuse <les services spéciaux du Trésor pour abriter des dépenses que le budget général devrait contenir. Les exemples précédents l'ont démontré. Mais du moment qu'on croit nécessaire d'y recourir, pourquoi ne pas le faire au grand jour? Pourquoi laisser dans un coin obscur de la comptabilité, en dehors du vote annuel des représentants du pays, les opérations précisément les plus suspectes par le moyen desquelles des centaines de millions ont été dépensés sans contrôle ? Ce fut donc par une sorte de pudeur, pour rendre hommage à l'unité budgétaire, tout en la violant, que les préparateurs du budget de i885, lorsqu'ils créèrent le service spécial des garanties d'intérêt, tinrent à l'introduire dans le sein même de la loi de finances.
Le ministre des finances lui-même, dans son exposé des motifs du budget de 1900, apprécie ainsi les services spéciaux du Trésor : ce Les comptes de services spéciaux [sont des comptes fort ce dangereux, dont... l'usage est bien près de l'abus et qui engacc gent l'Etat sur une pente singulièrement glissante. Aussi cherce chons-nous, en ce moment même, à en supprimer la plupart, ce dont nous n'apercevons pas la raison d'être et dont l'existence ne ce nous paraît avoir d'autre résultat que d'obscurcir notre compcc tabilité, alors que, dans un pays libre, avec un régime d'opicc nion, il faut. que tout soit clair dans les comptes de l'Etat, il ce faut que le Parlement et le public puissent lire les finances « du pays. »