SYSTÈME DE LA SPÉCIALISATION
cadres déterminés d'avance, ils présentent d'abord les résultats bruts conformes aux inscriptions budgétaires ; puis ils rapprochent les dépenses et les recettes corrélatives et déduisent ainsi les résultats nets de l'exploitation. Beaucoup d'autres combinaisons de chiffres, décompositions, ou groupements de données diverses, statistiques supplémentaires, etc., permettent d'apprécier le mérite des opérations annuelles. Dans cet ordre d'idées, chaque année, le gouvernement du Royaume-Uni publie lasérie ininterrompue des rapports du Postmaster général , des commissaires de Ylnland revenue, des commissaires des douanes, etc.
Là réside la spécialisation rationnelle. C'est donc à bon droit qu'on la réclame. Elle fait défaut chez nous. Mais il faut la mettre à sa place, et sa place n'est pas dans le sein du budget général de l'État, où elle deviendrait une source de trouble et de désorganisation.
Nous ne pouvons terminer, toutefois, sans une réserve importante. Nous parlons exclusivement ici du budget ordinaire de l'État, c'est à-dire du budget consacré aux attributions normales de TÉtat. A celui-là seul peut être imposé, d'une manière absolue, le caractère de l'universalité.
Le système français comprend, en effet, au delà du budget ordinaire, divers budgets, qui feront plus loin l'objet de nos études détaillées : budgets sur ressources spéciales, budgets annexes, budgets sur ressources extraordinaires. Sans exposer prématurément ici leur mécanisme, on peut dire, d'une manière générale, qu'ils classent, dans leur sein, diverses entreprises placées en dehors des attributions normales de l'État, que l'État détient à titre temporaire (Imprimerie Nationale, École des arts et manufactures, chemins* de fer de l'État, etc.), auxquelles, peutêtre, un jour ou l'autre, songe-t-il à rendre la liberté; ou bien des entreprises extraordinaires, dont chaque année la prochaine suppression est réclamée et promise.
Or, dans ce territoire usurpé sur le domaine de l'initiative privée, d'autres règles que celles qui viennent d'être exposées peuvent éventuellement devenir opportunes. Ces réserves seront mieux comprises, lorsque nous étudierons la composition des
budgets en France. Pour le moment, n'ayant en vue que le budget de l'État, tel qu'il doit être normalement constitué, c'est-àdire, le budget ordinaire, nous pouvons conclure que le principe de l'universalité lui demeure essentiellement applicable et qu'il lui est effectivement appliqué dans tous les pays.