I.jl j
effectuer. Ce sont bien là les trois questions générales qui préoccupent l'opinion publique. L'étendue du déficit n'a été touchée que légèrement, parce que la matière paraît aujourd'hui épuisée. Personne, pas même le Gouvernement, ne conteste plus la réalité de l'excédent des dépenses ordinaires et extraordinaires sur les recettes normales : il s'agit seulement de fixer le chiffre de cet excédent de dépenses. Or, grâce à la complication des écritures, dont nous avons parlé, on doit renoncer à s'entendre sur ce point. L'un dit 300 millions, l'autre 500 et même 600 millions, tandis qu'un troisième, éclairé de plus près par les lumières gouvernementales, prétend entrevoir, dans un avenir prochain, le rétablissement de l'équilibre. Au milieu de ces divergences, l'Assemblée, qui sait bien, au fond, à quoi s'en tenir, préfère ne pas insister et passe au sujet plus pratique des économies. Tous. les partis unanimement reconnaissent, en principe, la nécessité des économies. Seulement le parti au pouvoir affirme que toutes les économies possibles ont été réalisées, qu'en allant plus loin, on risquerait de désorganiser les services. Sans doute, les dépenses sont considérables; mais il faut en accuser « la fatalité tragique » qui pèse sur l'Europe et pousse tous les peuples à se ruiner en armements. D'ailleurs, à côté des dépenses stériles de guerre, le budget comprend des dépenses reproductives, dont le pays retrouvera la contre-partie par la création de richesses nouvelles. Enfin, en éliminant ces deux chefs, dépenses de guerre et dépenses de travaux publics, on peut constater que le surplus ne progresse pas et tend même à diminuer. Cette apologie trouve de violents contradicteurs qui, chiffres en main, démontrent que le flot des dépenses grandit sans cesse, de toute part, en dépit des promesses faites et des résolutions affirmées à la tribune. Le quart du budget, d'après eux, pourrait être supprimé, le jour où une bonne administration gérera plus sagement les deniers publics. Quant aux réformes fiscales, elles formaient le pivot des combinaisons du budget de 1888 : la discussion générale, cette année, s'en est spécialement emparée. Pour 1889 et 1890, les divers remaniements d'impôts , projets de suppression des droits sur le vin, le cidre et la bière, suppression des formalités d'entrée