V. Sur I. — Suivi d'une palatale, il reste i : dïcere
dire, mïca, mie ; peut-être y a-t-U eu un court moment où l'on prononçait diyre, miye ?
VI. Sur O et U. — Ils devaient donner, le premier oui, et par suite oi, le second ùi ; c'est ce qui s'est produit.
vôcem vois [voix)
crùcem crois [croix)
frûctum fruit ^
55. Action troublante des nasales. — Les nasales m, n, commencent à agir dès la première période sur l'ô, pour en empêcher la diphtongaison en uo (§ 51, 3^) et le changer en 6 fermé. Elles agissent aussi sur l'a libre, qui, au lieu de devenir e, suivant la règle générale, aboutit à ae, ai.
examen, *essame essain [essaim)
famem fain [faim]
manet maent (Eulalie), maint
manum main
romanum romain
romana romaine
La nasale n'agit pas, quand l'a est précédé d'une palatale.
canem chien
christianum crestiien, crestien [chrétien)
paganum paiien, [païen)
56. Action troublante de la liquide L. — Ll n'exerce aucune action sur Ta libre et ne l'empêche pas de se changer en 8.
ala ele (pi. tard aile)
talem tel
• sal sel
Il faut noter toutefois que, dès l'origine, la langue a
1. L'u, suivi en latin immédiatement d'un i, aboutit à û ou à ui : cui, V. fr. cui; fui, fuisti, fuit, etc., v. fr. fu, fus, fut, ou fui, fuis, fuit, etc
hésité pour les adjectifs en -alem entre la forme populaire -et et la forme savante -al qui a fini par prédominer (§ 316, 11). Pour d'autres mots comme mal, pal, l'ancien français a connu les formes régulières mel, pel. Si a est entravé, il se conserve d'abord, puis, comme on le verra § 106, il se combine avec 1 pbur aboutir à au : C£il(e t, chalt-, v^l(e)t, valt qui sont devenus c/fa«/, vaut.