III. Atones 'ontre-toniques, initiales ou monosyllabiques
57. Atones contre-toniques, initiales ou monosyllabiques. — Ces atones se maintiennent ; elles échappent à la chute qui atteint les finales et les contre-finales. Tantôt elles gardent leur valeur originaire; tantôt, et c'est le plus souvent, elles s'affaiblissent, les voyelles a, è, é, i en e féminin, les voyelles ô, 6, u en 6 fermé (plus tard u, noté ou).
A entravé se maintient en général.
castellum chastel
quadrifurcum carrefour
*part|re (cl. partiri) partir
A libre se maintient de même, sauf devant n ou r, et aussi après un c, auquel cas il passe généralement à e.
amarum amer
avena avoine
ad à
jam jà
(il lac là
(illam la
mais :
granarium grenier
*smaraldum (cl. smaragdum) esmeralde, émcraude
caballum ^ cheval
canalem
^.f^na*.
£ (ë) et é (é ï) entravés gardant leur valeur
*fëstucum (cl. festuca) festu [fétu\
vërbena verveine
^dëstrugere (cl. destrûere) destruire, dcinure firmafe fermer .
Libres, ils s'affaiblissent en e féminin.
fënestra fenestre, fenêtre
përiculum péril [péril)
sëdêre sedeir^ seoir
vënïre venir
dëbëre devoir
*dëmorare (cl. dêmorari) demeurer
fécistis V. fr. fesistes
vïdëre vedeir, veoir [voir)
Devant n, r, 1, cet e féminin passe à a; miiis peut-être «st-ce à une époque antérieure '.
dëlphinum delphin, dalphin^ dauphin
glênare glaner
pïgritia *pareise, parece, paresse
I (= î) se maintient, atone comme accentué.
mîlliarium millier
*mirare (cl. mirari) mirer
Toutefois il devient e, par dissimilation, devant un i
accentué.
divinum devin
divisât devise [il)
finira fenir (auj. finir)
vïcinum ve-isin, voisin
1. Mercatum p«t (\f^k marcatum (fr. marchiet, marchié) dans des textes meroving-ien».
DU V® AU X*^ SIKCLE 10^
L'i (]e 'ier a amené par dissimilation premier de pi imarium.
0 et 0 entravés gardent leur valeur:
môrtalem mortel
hôspitalem ostel [hôtel]
tôrnare lôrner [tourner]
*fôrmaticum fermage [fromage)
Libres, 6 garde sa valeur, et 6 aboutit, peut-être dè& la première période, à 6 fermé:
ccrona corone [couronne)
dôlorem dàlor [douleur)
mô"'''ere môveir [mouvoir)
côlare coler [couler)
sôlacium sôlaz [soûlas)
D (= û) reste û, ou bien quelquefois s'est affaibli^ mais sans doute à une époque postérieure, en e :
*ad-lûminare alumer, allumer
frûmentum frument, (pi. tard froment)
fûrlonem furlon^ frulon, puis frelon
jûniperura geneivre, genoivre [genièvre)
AU devient en général 6 fermé; mais il s'était réduit anciennement à a, quand il précédait un u accentué:
audire dïr, ouïr
laudare Ider, louer
auscultât, ascoltat escolte, écoute [il)
augustum, agostum aôst, aoust, août
58. Action des palatales sur ces atones. — Telles sont les lois les plus générales qui régissent les atones conservées^ . Nous avons maintenant à considérer l'action perturbatrice des palatales. Elles n'agissent ici quaprès
1. A entrer dans le détail, il y aurait :iombre d'observations à faire : nous ne pouvons donner ici que les faits les plas ij^cnéraux.
j 10 HISTOIRE DE LA PRONONCIATION FRANÇAIS K
la voyelle, en formant avec elle une diphtongue, dont le second élément est un yod ou i consonne ^ .
tractatum traitiet, traité
laxare laissier, laisser
sëniorem seigneur
vëctura veiiure^ voiture
Cinctura ceinture
côcina cuisine
pôtionem poison
ùxorem y.ïv. oissor
aucellum oiscl, oiseau
fùsipnem foison
mûcere moisir ^
Les nasales n'exercent pas encore d'action visible sur les atones.