I. Chute des consonnes médiales et finales
99. Consonnes médiales. — A la lin du xi® ou au commencement du xii® siècle, les muettes médiales disparaissent pour la plupart : à savoir les dentales (d primitif et d substitut de t), et la palatale g, substitut de C :
aud|re
odir
ouïr
*cadere
chader
clieoir^ choir
patrem
pedre
père
fr^trem
fredre
frère
sectirum
(segur)
seûr^ sûr
carruca
(charrugue)
charrue
100. Consonnes finales. — Les dentales finales, si elles n'ont jamais été en contact avec d'autres consonnes \ ont un destin semblable à celui des dentales médiales :
virtutem
vertut
vertu
fidem
feit
fei, foi
contât
chantet
chante
Toutes les autres consonnes finales, précédées d'une consonne ou d'une voyelle, tendent à disparaître, quand elles sont suivies de mots commençantpar une consonne. La même cause agit au pluriel des substantifs et des adjectifs, qui perdent devant l's de flexion la consonne finale du radical, quand c'est une palalale ou une labiale
1. Voyez § 66 et 68. Ex. : tantum, tant ; cattum, chat habuit, ot.
le coc, les cos; le drap, les dras. Au xiv® siècle, la consonne du singulier est habituellement écrite au pluriel (les cocs, le^ draps) ; mais elle ne se prononce pas. Cette différence entre le singulier et le pluriel explique la forme que présentent un certain nombre de substantifs dans la période moderne. On prononçait la clef, les clés ; le baillif , les baillis : on tira du pluriel les singuliers modernes clé, bailli (§167).''''^'^^^'-^'^^^^ ^a^,.-