‹ Cours de grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 51 sur 57 · II. Sons nasaux · texte numérisé non relu

II. Sons nasaux

118. Nouvelles voyelles nasales. — Jusqu'au XVI® siècle, le français ne possédait que trois voyelles nasales, à, ê, Ô (§ 90), quatre diphtongues nasales aîn. eî, oî, iè § 96j. A la fm du xvi^ siècle, i et ù sont à leur tour nasalisés devant n et m suivies d'une consonne ou terminant un mot. Dans le courant du xvii® siècle, les sons i et û, dont il est impossible d'indiquer exactement la prononciation, sont devenus ë et eu (cf. § 26).

119. Changement de voyelles nasales en voyelles PURES. — Jusqu'au xvii® siècle, les voyelles a, e, o, précédant n ou m, étaient nasalisées même lorsque les nasales étaient suivies d'une voyelle : on prononçait fàitie, chiène, pôme, courône. Mais à partir de cette époque, on s'est mis à prononcer devant n ou m les voyelles orales correspondant aux anciennes nasales, bien que l'orthographe ait conservé la double nasale, signe de l'ancienne prononciation ^ :

ànée a[n)née

constâment consta[m)ment

dÔner do(n)ner

liÔneur ho[n)neur

Dans certains mots comme dme (a. fr. anme), entamer (a. fr. entammer) l'orthographe a suivi la prononciation. Dans femine^ hennir^ prudemment et les adverbes analogues, l'e nasal s'étant confondu avec Ta nasal, c'est l'a oral et non l'e oral que l'on entend. Dans grammaire, les deux m se font entendre aujourd'hui sous l'influence de la prononciation du radical grec correspondant.

Il en a été de même pour les voyelles nasales suivies

1. Il est resté quelques traces de l'ancienne nasalisation, dans emmener^ ennui, ennoblir e\ dans : en Espagne, etc. ^§ 91).

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