De l'article
I. Article défini et indéfini. — 380. Article avec les noms de personnes. — 381. Article avec les noms de peuples. — 382. Article avec les noms géographiques. — 383. Article avec les noms communs concrets. — 384. Article avec les noms communs abstraits. — 385. Article avec les noms attributs. — 386. .\rticle dans les propositions négatives et interrogalives. — 387. Article avec les substantifs accompagnés d'adjectifs.
II. .\KTiCLK partitif. — 3SS. De l'article partitif. — 389. Article partitif avec un substantif déterminé.
379. De l'article. — L'article se présente en français sous trois aspects : l'article défini, rarticle indéfini et l'article partitif.
L'article défini est sorti, nous le savons (§ 199), du démonstratif latin ille, qui, par un affaiblissement graduel de sa signification, a abouti à la simple fonction d'individualiser le nom qu'il accompagne. Bien que le latin mérovingien ojffre d'assez nombreux exemples de ille avec cette nouvelle valeur, les Serments de Strasbourg ne l'ont point employé une seule fois. Il aurait dû, semble-t-il, figurer au moins dans une phrase : Si Lod/iuvigs sagrament que son fradre Karlo jurât, conservât fSi Louis [le] serment, que à son frère Charles jura, conserve); peut-être faut-il voir là une omission du scribe. Dans la Cantilène de sainte Eulalie^ qui est peu postérieure aux Serments^ l'article est plusieurs fois employé, et même dans des cas où, comme on le verra plus loin, l'ancien français peut s'en passer : li Dèo inimi (les ennemis de Dieu), v. 3 ; les mais conseillers [les mauvais conseillers), v. 5; la polie (la jeune fille), V. 10; lo nom christiien, v. 14, etc. Ainsi, au ix*
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siècle, l'emploi de l'article défini est consacré et il ne fera que s étendre.
L'article indéfini, qui sert à mettre en relief un objet indéterminé, a été tiré pour le singulier de l'adjectif numéral unus, una [un, une) qui, à partir du v® siècle, avait pris çà et là le sens du latin quidam (un certain). Le premier exemple de un au sens indéfini nous est aussi fourni par la Cantilène de sainte EuLalie : ad una spede (avec une épée), v. 22. Mais l'emploi de l'article indéfini fut loin de s'étendre aussi rapidement que celui de l'article défini ; cela se comprend, puisqu'on pouvait, à l'origine, plus facilement s'en passer. Ce n'est guère que depuis le xvii® siècle que son emploi est devenu général.
Pour le pluriel, l'ancien français employait quelquefois le pluriel de un, surtout quand il s'agissait d'objets qui vont par paires ou collections, ou qui ne sont employés qu'au pluriel (cf. § 130, note 1). Uns, unes furent de bonne heure remplacés par l'article contracté des et ne subsistèrent que dans les uns ... les autres, les unes... les autres.
Les règles d'emploi étant à peu près les mêmes pour l'article défini et l'article indéfini , nous les réunissons dans une même étude.
Au contraire, l'article partitif formé de l'article précédé de la préposition de et servant à marquer qu'on considère un objet non dans sa totalité, mais dans une partie indéterminée, demande un examen particulier.