Limites géographiques du i
porlé, parla conquête, du Lali Christ), en Sardaigne (227), e (178), en Espagne (133), puis e borcls du Dunubc et jusqu'f Christ). Rome, avec une habile porter sa langue dans les pay:
TIN. — Le latin fut I Italie (265 avant le 1 Cisalpine et en Istrie L Gaule (50), puis sur les n Dacie (106 après le é supérieure, sut trans- 'conquis, qui oubliêi"eiit
;t deviTirent latins. Toutefois, les limites de la langue furent loin d'atteindre celles de l'Empire.
Au temps de sa plus grande expansion', l'Empire comprenait l'Italie, l'Espagne, la Gaule jusqu'au Rhin, la Grande Bretagne jusqu'au mur de Septime Sévère, le sud de la Germanie jusqu'au confluent de la Save et du Danube; sur la rive gauche du Danube, la Dacie jusqu'au Dniester; sur la rive droite, la Mésie, la Thrace, la Macédoine et la Grèce; en Asie, la province d'Asie, la Syrie, la Mésopotamie, l'Arménie; en Afrique, l'Egypte et tout le littoral jusqu'à l'Atlantique (Tri poli tain e , Tunisie, Algérie, Maroc).
Les limites du latin ne furent pas si vastes ; d'abord, il ne put supplanter le grec, qui se maintint en Grèce, où il se parle encore, plus ou moins transformé (grec moderne), et qui prévalut en Asie jusqu'au moment où le syriaqae d'un cflté, l'arabe de l'autre, le firent disparaître.
En Afrique, l'Egypte échappa également au latin et se
Partagea entre le grec, langue des hautes classes et de administralion, et l'égyption ou copte, langue des paysans ou fellahs. Le grec disparut de l'Egypte à la fin de l'Empire, le-copte s'éteignit au xvit" siècle, laissant la place entière à l'arabe, qui, dès le vu' siècle, s'était, avec l'Islam , em^iaré de la région.
Dans les provinces situées plus à l'ouest, le latin rencontra le caitfaaglnois ou punique, dialecte phénicien, proche parent de l'hébreu, et le numide; il détruisit le carthaginois, qui se parlait encore comme patois au temps de saint Augustin, mais laissa intact le numide, que l'on
b INTRODUCTION
continue à parler de nos jours sous le nom de berbère. Au vil® siècle, il fut détruit par l'arabe. Sans la conquête arabe, on parlerait aujourd'hui sur le littoral africain une langue, sœur de l'espagnol et du provençal.
En Italie, le latin pouvait se considérer comme indi-
gène ; il se parlait dans toute la péninsule et dans les îles : orse, Sardaigne et Sicile*. En Espagne, il fit disparaître la langue indigène des Ibères, dont un débris seulement survécut dans le basque ou euskara.
En Gaule , le latin se substitua aux dialectes celtiques, de l'Atlantique aux Alpes et de la Méditerranée aux Bouches du Rhin : mais les invasions allaient modifier cet état de choses.
En Angleterre , le latin n*eut pas le temps de pénétrer profondément dans la langue populaire ; il a laissé quelques mots dans le gallois et dans l'anglo-saxon.
En Germanie, dans la Rhétie, le Norique, la Pannonie, il disparut devant les idiomes des barbares germains et slaves. Il ne se maintint que dans la Suisse orientale (les Grisons) et dans le Tyrol occidental, oii il est connu sous le nom de ladin, roumanche ou rhéto-roman.
En Illyrie, les idiomes indigènes semblent avoir résisté au latin, s'il est vrai que l'albanais moderne nous les a conservés.
Le slave aussi s'étendit sur une bonne partie de la péninsule des Balkans.
La Dacie , conquise et romanisée par Trajan , en 106, fut abandonnée, en 274, par Aurélien, qui en transporta les habitants dans la Mésie et la Macédoine. Ce n'est que neuf siècles plus tard que les descendants de ces Latins , pâtres à demi-nomades, reprirent peu à peu le chemin du nord, refranchirent le Danube et repeuplèrent ce vaste désert de la Dacie, qui, pendant huit siècles, avait été le champ de bataille des barbares, où s'étaient mêlés et ex-
1. L'élément g-rec, que la colonisation hellénique avait fortement établi dans la Sicile et le sud de la Péninsule (Grande-Grèce), disparut sans doute au commencement du moyen âge. Les aialectes grecs qu'on rencontre encore aujourd'hui çà et là dans l'Italie méridionale et en Corse sont d'étahlissemept relativement moderne.
terminés successivement, du iv® au xii® siècle, les Goths, les Huns et les Gépides, les Lombards, les Avares et les Bulgares, les Madgyares, les Gumans et les Petchénègues. Ils firent refleurir dans ces régions désolées la langue de Rome, et elle s'y parle encore : c'est le roumain, à présent divisé en deux dialectes principaux, le dacoroumain en Dacie et le macédo-roumain en Macédoine.
Ainsi le latin régna complètement en Italie , en Sicile , en Corse, en Sardaigne; en Espagne, moins les régions basques , et dans les Baléares ; en Gaule et dans les îles anglo-normandes ; dans la Suisse occidentale et méridionale et dans une faible partie de la Suisse orientale, et çà et là sur le littoral nord et sud de la Méditerranée et dans le bassin du Danube. Il est même à peu près sûr qu'il se parla sur tous les bords de la Méditerranée , du nord de l'Adriatique à la Macédoine, sans solution de continuité ^ .
C'est cette langue romaine ou romane, lingua romana, comme disait le peuple , qui , parlée dans les provinces de Vimperium romanum ou de la Romania, devint ici l'italien; là, l'hispano-roman qui aboutit à l'espagnol et au portugais; vers l'est, le ladin, le roumain; au nord, le gallo-roman d'où sortirent le provençal, le catalan et le français.
4. La lingua roman a, — La langue parlée sur ce vaste territoire était-elle partout uniforme ? Dans l'état actuel de la science, il est difficile de répondre à cette question. Toutes les vraisemblances cependant sont en faveur d'une unité à peu près complète. C'était certainement la même grammaire et la même syntaxe , et c'était sans doute le même lexique, qui régnaient de la mer Noire à l'Atlantique et des bords du Rhin à l'Atlas. Sans doute aussi la prononciation offrait des différences selon les lieux. Cette langue était parlée par des peuples
1. Les patois latins du Tyrol, du Trentin, de l'Istrie présentent déj& des traits linguistiques dont on trouve le plein déyeloppement dans les dialectes roumains. Les établissements germains et slavesont brisé cette ligne continue.
de race différente, qui, en oubliant leur langue primitive, avaient pourtant conservé malgré eux leur système de prononciation. Ce n*est que graduellement et sous Faction de causes multiples, l'influence des milieux, les invasions, le développement indépendant, etc., que les variétés linguistiques se dessinèrent. On pourrait déjà placer au vu® siècle, ou bien au viii*, les modifications plus rapides et plus caractéristiques qui donneront à chaque pays sa langue propre. Certains mots seront usités dans telle région plus que dans telle autre , en pleine vie ici, là totalement inconnus ou ouMiés ; la prononciation prendra avec le temps et les lieux des directions plus décisives , la syntaxe adoptera des constructions légèrement différentes. On ne peut encore émettre sur ces points que des présomptions générales. Mais si , en négligeant ces différences spécifiques, on considère les traits que, sous leurs plus anciennes formes, elles ont en commun ; si Ton se rappelle qu'elles ont, à peu de chose près, le même lexique, la même déclinaison, la même conjugaison, les mêmes procédés de composition et de dérivation, la même syntaxe : alors les langues romanes nous apparaissent comme les aspects divers d'une seule et même langue, comme les diverses floraisons d'une même plantation dans des terroirs différents.
Chacune des langues romanes a conservé par devers elle comme sa propriété, et à l'insu l'une de l'autre, le nom de roman, c'est-à-dire de romain, que le peuple de Rome donnait à sa langue. Encore aujourd'hui ce nom est porté par le roumain (romanum),par le ladin ou roumanche (d'un adv.* romanicé) ^ ; le provençal s'appelle langue romane et les Provençaux se croient même les seuls en droit de donner ce nom à leur langue.
Au moyen âge, l'italien, l'espagnol, le portugais et le français se sont souvent désignés par ce nom. Dans notre vieille langue, traduire du latin en roman signifie traduire du latin en langue française. Le mot « roman » veut dire « composition littéraire en langue vulgaire » :
1. La Suisse de langue française est connue sous le nom de Suisse romande.
le Roman de la Rose est le a poème français de la Rose n et le Roman de Renard est m le poème français de Renard o. Les vieux romanciers dont parle Boileau sont les vieux poètes français. Ainsi ce mot roman, retenu de tous les côtés comme leur nom par les divers idiomes sortis du latin, est un témoin irrécusable de l'unité première de ces langues qui se fondaient dans la Ungua
lai
On enlend doni langues s romane, i langue r parlait dan:
Ce roman o d'après les
; romanes 1 du lutin. Chacune d'elles est une langue m pas la langue romane. On enlend par lU roman le lutin populaire tel qu'il se l'Empire, du in° au vi° ou au va" siècle.
Intin populaire reçoit des noms particuliers : régions où il est parlé : on dit le galloroman, l'hispano-roman , l'italo-roman, c'est-ii-dire le roman des Gaules, de l'Espagne, de l'Italie, pour désigner le latin populaire de cette époque parle en Gaule, en Espagne, en Italie. Ce lalin populaire est une langue parlée : II ne faut pas la confondre avec la langue écrite du temps, qui est le bas latin.
5. Le bas latin. — Le bas latin est le latin littéraire, écrit par des gens plus ou moins ignorants, qui laissent échapper des fautes venant de leurlangue parlée, analogues aux barbarismes et aux solécismes de nos écoliers, quand ils se mettent à écrire en latin. A l'époque mérovingienne le bas latin, presque entièrement calqué sur la langue parlée, excepté chez les Pères de l'Eglise, offre le tableau de la barbarie la plus complète, et par suite fournit à l'étude linguistique du roman une riche matière, puisque derrière ces formes barbares l'induction découvre la langue parlée dont il ne reste a ment'. A l'époque se produit une rei
1. Voici quelques «icmples de cfttc lalinilé barbare : QaalîicunjHe a fuemcuni/UB epiaiolas de nomine noji™, maaiit naiiraa Srma/aa, olieaiat /uerial... pacitat permaaeanl (RoziirG, Formalei, ' ' quatetcumque a quocamque epUlolae de aomine not~
iroliDgi
documents écrits par des clercs plus instruits se rapprochent plus du latin classique. Tout le moyen âge lettré écrit en bas latin. Ce bas latin, continuation au moyen âge du latin classique , présente , par rapport à celui-ci , des différences marquées ; son lexique est modifié, puisqu'il a à exprimer des idées inconnues à Tançienne Rome ; il est Texpression, entre les mains d'une minorité intelligente, d'une civilisation nouvelle très complexe. Sa grammaire, et particulièrement sa syntaxe, subissent l'influence de la langue populaire ; il a néanmoins des traditions grammaticales régulières. Il disparut au xvi® siècle devant les efforts des humanistes, des Gicéroniens, qui remirent en honneur la langue des grands classiques de Rome.
6. Le groupe gâllo-român. — Ecartons maintenant les autres langues romanes pour ne considérer que le groupe gallo-roman.
Le latin populaire des Gaules commença par faire disparaître le celtique. Cette disparition ne laisse pas de surprendre. Gomment un grand peuple, d'une civilisation aussi avancée que les Gaulois, put-il oublier sa langue et sa nationalité pour se fondre dans l'unité romaine ? Nombre de lettrés, ne pouvant admettre un fait aussi étrange, ont considéré le français et le provençal comme sortis d'un mélange du gaulois avec le latin ; on y ajoute aussi le germanique apporté par les invasions, et c'est de ce mélange informe que viendrait notre langue. Cette vue est fausse : comme nous l'avons déjà dit, le français n'est
tro manibus nosiris firmatae, ostensae fuerint... vacuae permaneant. Les féminins epiatolaSy firmataSf osiensas^ vacuas, manus nostras sont ici à l'accusatif et non au nominatif ou à l'ablatif, parce que la langue populaire n'employait plus alors les substantifs féminins qu'à l'accusatif. — Vindeai ad illo campello ferente modius tanins (Rozière, Formules, cclxxx'). Lises : Vendidi ad illum (ou mieux illî) campellum ferentem moaios tantos. Le latin populaire disait en
lon^emps dans la prononciation, et Vu et Vo atone s'étaient confonaus : de là i7/o, campello, ferente et modius tant us.
autre chose que le latin populaire dans ses développements séculaires, et le celtique a disparu devant lui.
Après la conquête de César, la nationalité gauloise disparut. Nous disons nationalité à tort; l'idée d'une nation gauloise, unie d'intérêts et de langue , ne répond à aucune réalité. Il y avait autant de nationalités que de tribus ; presque toutes étaient en guerre les unes contre les autres. Le soulèvement de l'an 53 ne fut le fait que d'un tiers de la population, qui défendait moins une patrie que des intérêts aristocratiques. César trouva des alliés jusque dans les tribus les plus puissantes; Belges, Aquitains, Rémois, Lingons, Trévires,Bellovaques refusèrent d'envoyer des contingents à Alésia, et une bonne partie de la Gaule resta spectatrice indifférente de la lutte suprême. Vercingétorix est peut-être le seul qui, dans la résistance à l'envahisseur, ait eu le sentiment d'une patrie commune. Après l'épouvantable répression qui suivit la conquête, décima l'aristocratie et supprima toute résistance, Rome, avec son habileté ordinaire, maintint les rivalités locales, favorisa la démocratie des communes et des cités aux dépens des nobles ; et les cités gauloises, après la conquête, se trouvèrent plus libres, plus indépendantes sous une domination étrangère qui leur laissait leurs franchises municipales, ne changeait rien à leur gouvernement local et leur accordait, en outre, honneurs et dignités. Les Gaulois étaient assez intelligents et assez avancés en civilisation pour reconnaître la supériorité intellectuelle et morale de Rome et en faire leur profit. Ils se précipitèrent avec ardeur dans la romanisation.
La Gaule une fois soumise, des villes nouvelles furent fondées à coté des anciennes. Rome mesura et étendit habilement les privilèges et les droits de cité, jusqu'au jour où Caracalla déclara Romains tous les sujets de l'empire.
Rome, d'ailleurs, ne se contenta pas d'agir par la cession des droits politiques : Agrippa, le gendre d'Auguste, couvrit la Gaule de grandes voies qui relièrent la Manche à la Méditerranée, les Pyrénées au Rhin, les Alpes à l'Atlantique. Dès le règne d'Auguste,» çarto\vX%>«
le sol gaulois s'élevèrent des temples, des cirques, des théâtres, des thermes jusque dans les coins les plus reculés, dans les vallées les plus éloignées. La Gaule est, après ritalie, le pays le plus riche en monuments romains, en inscriptions latines, et la plupart datent du I®' siècle. L'Espagne, devenue romaine plus de cent ans auparavant, ne vient qu'après. Sous Auguste, 1.200 hommes suffisaient à garder la Gaule, tandis qu'il en fallait 15.000 en Angleterre, 45.000 en Germanie. La civilisation gauloise disparut donc comme par enchantement devant la civilisation romaine. Il faut renoncer aux brillantes fantaisies historiques des Amédée Thierry et des Henri Martin sur cette nationalité et cette patrie gauloise qu'ils identifiaient avec le druidisme.
Nous pouvons regretter ce complet oubli d'un peuple qui ne songe même pas un instant à faire ce qu'ont fait les indigènes de l'Amérique , écrasés par les Espagnols, mais conservant le souvenir de leur héroïsme dans des chants nationaux, — puisque c'est au conquérant même, à César, que nous devons de connaître l'histoire de la lutte suprême. Mais les regrets ne font rien contre les faits. Avec la civilisation disparut la langue, qui, du reste, était très voisine du latin. Quand on examine avec une critique sévère l'élément celtique dans le français , on n'y trouve que peu de mots d'origine gauloise , et encore ont-ils dû passer par le latin populaire ; ils sont donc comme ces mots anglais ou allemands que nous voyons importer sous nos yeux et qui deviennent français. La prononciation gauloise a laissé, sans doute, des traces dans la prononciation gallo-romaine; mais la grammaire, qui est l'élément fondamental de toute langue, a été sans influence. Comme c'est la même grammaire qu'on trouve à l'origine en français, en italien, en espagnol, etc., et que cette grammaire remonte au latin populaire, si l'on soutient que le gallo-roman a subi l'influence du celtique, il faudra dire que le latin populaire a connu le celtique : conclusion qui se juge par son absurdité.
On trouve des témoignages attestant l'existence du gaulois jusqu'au iv® siècle ; le latin conquit d'abord les
villes, puis graduellement les campagnes, laissant à la langue indigène de vastes îlots de territoire qui allaient en se réduisant jusqu'à disparition complète. Au moment des invasions barbares , le gaulois n'était plus entendu sur aucun point de la Gaule.
Le latin populaire avait trouvé à Marseille et aux environs le grec apporté par les Phocéens et qui y vécut jusqu'au i®' siècle. Avec la décadence politique de Marseille, le grec tomba et disparut comme langue vivante. Sur les 6 ou 7.000 inscriptions de la Gaule romaine, on n'en a qu'une soixantaine en grec.
Ainsi le latin populaire s'étendait de la Méditerranée aux bouches du Rhin, de Port-Vendres à Anvers, de l'Atlantique aux Alpes , quand les invasions vinrent , au V® siècle, troubler sur quatre points un état de choses quatre fois séculaire.
1** Les Wisigoths en Aquitaine, les Burgondes en Bourgogne, les Francs Saliens au nord-est, les Francs Austrasiens à Test, apportèrent leurs idiomes germaniques. Ces idiomes disparurent eux-mêmes au bout d'un certain temps; mais les frontières du nord et de l'est furent abandonnées par les Gallo-Romains, qui fuyaient devant les envahisseurs, et occupées parles Germains, qui s'y établirent et parlèrent un dialecte bas-allemand dans les Flandres et un dialecte haut-allemand dans l'Aisace-Lorraine.
2® D'un autre côté, les invasions anglo-saxonnes en Angleterre, au v® siècle, chassèrent de la Grande Bretagne des populations galloises qui s'établirent dans la basse Armorique , alors dépeuplée , et firent refleurir un dialecte celtique dans un coin du pays que le latin avait enlevé au gaulois ^ .
3® Au sud-ouest , les invasions des Vascons , qui franchirent les Pyrénées au vi® siècle, importèrent sur un point du territoire de la Gaule l'ancienne langue des
1. Les langues celtiques se divisent en trois branches : 1* le gaulois^ qui se parlait en Gaule et a complètement disparu depuis le iv* siècle ; on n'en possède que cçi\e\çç3Le^ ^^\^^ \>\v^
Ibères , que le latin avait détruite dans la Gaule et refoulée en Espagne dans les provinces basques et la Navarre. 4** Enfin, au viii® siècle, les invasions arabes avaient forcé les Hispano-Romans à se réfugier vers le nord, laissant sur la côte orientale de la péninsule de vastes régions désertes ; des Roussillonnais franchirent les Pyrénées, s'établirent dans la Catalogne et la province de Valence et dans les îles Baléares , où ils firent fleurir un dialecte provençal, le catalan. Par ce quadruple mouvement de contraction et d'expansion se formèrent pour le domaine gallo-roman de nouvelles limites qui, depuis, n'ont guère changé jusqu'à nos jours, sinon que le galloroman a légèrement gagné çà et là sur les idiomes voisins.
7. Limites du gallo-roman. — On ne peut donner avec précision les limites du gallo-roman que sur la ligne où il est en contact avec des idiomes non latins.
Nous partons du nord et suivons les contours du galloroman, en descendant vers l'est et le sud. La ligne part de Gravelines (dép. du Nord) , pénètre en Belgique près d'Armentières , et se dirige en ligne presque droite jusqu'au sud d'Aix-la-Chapelle ; de là, descend brusquement à angle droit vers Longwy, dans la Meurthe-et-Moselle; incline vers Test dans l'Alsace-Lorraine ; traverse l'ancien département de la Moselle , dont un tiers à l'ouest et au sud-ouest est de langue française ; celui de la Meurthe , qui ne donne à l'allemand qu'une bande étroite au nordest; celui du Bas-Rhin, dont un point au sud-est parle français, et du Haut-Rhin, qui est de langue allemande sauf dans la région du sud-ouest ; pénètre en Suisse au delà de Laufon, donne au roman les cantons de Neuchâtel, Vaud et Genève, des fragments du canton de Berne et la moitié des cantons de Fribourg et du Valais; longe
criptions ; 2** les idiomes bretons, conseryés dons la Basse-Bretagne française etUelpays de Galles, et jusqu'au siècle dernier encore en Cornouailles ; 3° le gaélique, comprenant l'irlandais, encore parlé par quelques centaines de mille de paysans en Irlande, le gaéliaue proprement dit, parlé dans certaines parties de l'Ecosse, et le dialecte de l'île de Man.
ensuite au bas du Valais la limite italienne du Piémont qu'elle suit jusqu'au delà de Menton.
8. Limites plus précises. — De Gravelines à la fron^ tière belge (dép. du Nord*). — La ligne part à l'est de Gravelines, la ville de langue romane la plus septentrionale de l'Europe , suit la limite du département du Nord jusqu'auprès de Saint-Omer, où elle la dépasse légèrement (dans le département du Pas-de-Calais), pour la reprendre vers Renescure jusqu'à Thiennes. De là, elle remonte au delà de Merville, Steenwerck, Nieppe, atteint la frontière, qu'elle longe en suivant le cours de la Lys, d'Armentières à Gomines et Halluin , et pénètre en Belgique. La région du département du Nord située en dehors de ces limites est occupée par le flamand, dialecte bas-allemand voisin du hollandais. Elle comprend : 1® l'arrondissement de Dunkerque, moins un coin à l'est et moins, au centre, Bergues et les villages environnants; 2° l'arrondissement de Hazebrouck, sauf une large bande au sud-est et au sud. C'est surtout dans les campagnes que se parle le flamand : le français est la langue des villes et fait , . d'ailleurs , de jour en jour, des progrès marqués sur son rival, qui est appelé à disparaître.
En Belgique ^. — La ligne pénètre dans la province de Flandre occidentale et laisse au français Mouscron , Luinghes, Hersant, Dottignies, Espierre; puis elle suit la limite frontière commune de la Flandre orientale et du Hainaut, pour descendre sous Lessines et Enghien, d'où elle remonte et pénètre dans la province de Brabant. Dans le Brabant, elle passe à Saintes et à Tubize, puis à Brainele-Château, Wauthier-Braine et Braine-l'Alleud, au dessus de Waterloo, la Hulpe, Wavres, Archennes, Bossut, Beauvechain, l'Ecluse, Jodoigne, et atteint au nord-ouest la province de Liège, dont elle laisse un coin au flamand, depuis Houtain-l'Evêque et au dessus. Dans le Limbourg, notre ligne passe sous Tongres, au dessus d'Otrange, Herstappe, Roclenge, Bapenge, Wonck,
1. D'après M. de Goussemaker, Annales du Com île flamand de France, I, ip. 377.